Quelques jours après ma sortie au Moléson avec Blandine, je n’ai pas pu m’empêcher de retourner en montagne, afin de profiter de ces conditions exceptionnelles. Cette fois-ci, j'ai décidé de retourner à la Dent de Lys ; cela faisait un moment que je n'y avais pas mis les pieds. D’après ce que j’ai vu au travers des différentes webcam, la limite du stratus devrait se situer vers les 1650m. On verra bien … Pour l’instant, je suis sous la couche de nuage, dans les cinquante nuances de gris, c’est déprimant, humide et froid. Comme d’habitude, je pars un peu tard. Arriver au sommet avant que le soleil ne soit couché va être un petit défi. Rapidement je me trouve dans la brume, d’abord légère, puis de plus en plus dense. La visibilité diminue, j’aime cette ambiance remplie de mystère. La visibilité est quasi nulle. Je sens que ça va être « intéressant » à la descente de nuit. Je devine le chalet d’En Lys. Imperceptiblement, la luminosité augmente. Je peux maintenant voir une boule orange pâle, déjà basse, dans le ciel. Je continue à prendre de l’altitude. Le ciel se rempli de couleur. Je me retrouve à la limite du stratus. C’est assez impressionnant : Telle une vague, la brume fluctue et reflue. J’avance et bientôt, je suis complétement sorti de la brume ! La température grimpe d’un coup, les conditions se sont complétement transformées et je peux tout de suite enlever une couche ! Il fait chaud. C’est un moment d’intense jubilation : L’impression de pouvoir respirer à nouveau correctement. Je continue à monter. Peu après le col, la vue sur le Vanil des Artses tiens de la magie, avec cette mer de brouillard qui déborde et va remplir la cuvette du côté d’Albeuve, c’est fascinant. Le soleil continue son inexorable course vers l’horizon. Je m’arrête quelques instants encore à Lys Derrey, à profiter de ce moment unique, puis, après une bonne respiration, je repars d’un bon pas. Je suis l’arête. En contrebas quelques chamois sont là, mais ils sont trop loin pour être photographié. De l’autre côté, j’ai la vue sur une île perdue au milieu du brouillard : Le Moléson et Teysachaux nagent paisiblement. C’est génial comme les perspectives évoluent en fonction des conditions. Je contourne les rochers pour remonter par le chemin câblé. Ce n’est pas compliqué, mais impressionnant. Il est toutefois nécessaire d’avoir un pied sûr. Chaque pas me rapproche du sommet. J’aime assez ces passages variés et aériens, entre chaînes et arête. Arrivé à 200 mètres sous le sommet, un gros bouquetin se repose tranquillement sur le chemin. Quel Joie de le rencontrer. Je m’approche tranquille et passe un petit moment avec, avant qu’il ne se décide, un peu à contrecoeur sans doute, à bouger pour me laisser passer. Il ne me reste maintenant plus que quelques mètres et me voilà arrivé à la croix ! Le soleil est presque couché. Les ombres s’étendent. La lumière devient de plus en plus rouge, c’est presque irréel. Tous les sommets s’embrasent littéralement. Au loin un trailer est entrain de redescendre, j’adore cette image où il se fait happer par cette brume mystique. Je reste encore un moment, là, près de la croix. La température est agréable. Il n’y a pas de vent. Le soleil se couche, les couleurs changent encore et virent au rose, puis au violet. Les montagnes ne sont maintenant plus éclairées, mais la lueur reste dans le ciel. Il est temps pour moi de redescendre. La brume semble plus dense et à surtout a pris de l’altitude. Je vais pouvoir descendre jusqu’à 1800 mètres avant de me faire happer. C’est vraiment impressionnant. J’avance doucement, j’ai glissé plusieurs fois. Je vais devoir changer mes chaussures. Je n’ai pas le droit à l’erreur. Au fur et à mesure de la descente la brume se rapproche et la nuit s’installe. J’ai allumé ma frontale et presque sans crier gare, me voilà plongé dans un autre monde… Je ne vois pas à plus de deux mètres ! J’avance très lentement. Je sais que le vide n’est pas loin sur ma gauche, mon stress augmente violemment. J’assure chacun de mes pas. Tous les 20 pas, je vérifie ma position sur la carte aussi pour ne pas me retrouver dans une situation encore plus compliquée. Le sol est humide, je redouble de prudence pour ne pas glisser. Ouf, le pire est passé. La visibilité augmente à 5 puis à 10 mètres. Je récupère un tout petit peu d’assurance et continue. Je sais que chaque mètre gagné est un mètre de moins. Je reste concentré à chaque pas. J’avance toujours lentement pour éviter une chute, mais heureusement le risque de glissade mortelle est passé. Après un long moment je finis par arriver à Teraula du Milieu, là la tension retombe complétement. Je finis sur la route tranquillement et arrive, soulagé, heureux et comblé par tant de beauté à la voiture ! Encore une sortie incroyable et la semaine n’est pas finie. J’avoue que je n’ai pas fait mon fier à la descente dans le brouillard. C’est la première fois où j’ai eu aussi peu de visibilité. Et vous cela vous est-il déjà arrivé ? Sinon que pensez-vous des photos ? Quelle est votre préférée ? Si une image vous touche et que vous désirez l’accrocher dans votre salon, n’hésitez pas à me contacter. Sinon pour la technique : Distance : env 6.5km Dénivelé : env 780m Durée : env 3h30 (selon suissemobile en été) Difficulté : T4. Plusieurs passages techniques sur l’aller. Partiellement équipé de chaînes. Un pied sûr et une absence de vertige sont nécessaires. Il ne faut pas sous-estimer la difficulté. La descente par Grosse Côte est moins compliquée techniquement bien que le vide soit impressionnant et qu’il est indispensable de savoir s’orienter dans un terrain non balisé. Le lien vers le parcours : https://schweizmobil.ch/fr/tour/318705531?layers=wanderland%2CtrackLayer&E=2566966&N=1150063&resolution=2.26&bgLayer=pk&detours=yes&shooting=yes&logos=yes&photos=yes&season=summer
Dent de Lys par le chemin câblé, retour par Grosse Côte needs route
Au-dessus de la mer de stratus, l'auteur profite d'un coucher de soleil spectaculaire depuis la croix sommitale, avec vue sur le Moléson et le Teysachaux émergeant du brouillard. La montée par les passages câblés et arêtes, puis la descente de nuit dans la brume, rendent la sortie très marquante.