Il y a trois semaines, je me suis enfin décidé à refaire une sortie à pied. Je ne m’étais pas rendu compte à quel point cela m’avait manqué. Pour ce premier afterwork, où je suis bien sûr parti beaucoup trop tard, j’ai jeté mon dévolu sur le Mont Bifé, l’assurance d’un parcours sans neige. Je démarre au-dessus de Châtel-sur-Montsalvens, près du Devin. La météo est bonne. Il ne fait pas froid et surtout c’est parfaitement sec. Je ne devrais pas vraiment avoir de coucher de soleil, car le mauvais temps est annoncé pour plus tard, il y a déjà une couche de nuages à l’horizon. Mais pour l’instant, tout est beau. Je pars rapidement. J’avais complètement oublié le plaisir de marcher avec des chaussures de trail aux pieds, c’est tellement plus léger que les skis, quel bonheur. Je m’émerveille devant les mille et une nuances de vert et de brun, dans cette belle lumière dorée de fin de journée ; j’écoute le bruit des feuilles mortes qui crissent sous mes pieds. Oui, l’heure est tardive. J’arriverai probalement au sommet quand le soleil se sera déjà caché pour la nuit. En arrivant dans le pré à côté de l’Herbausa, je dérange une petite harde de chamois qui paissent tranquillement. Dès qu’ils m’aperçoivent, ils vont tout de suite se cacher dans la pente. Je n’ai pas eu le temps de les prendre en photo. C’est toujours tellement fascinant de rencontrer des animaux. Je fais un rapide détour près du point 1152 pour admirer le panorama. Il y a un voile lumineux qui rend la vue un peu moins belle, je ne me donne même pas la peine d’essayer de l’immortaliser. Je tente plutôt de me concentrer sur mon objectif et d'aller le plus loin possible avant que le soleil ne se couche. Je repars sur le sentier, rejoins la route sur quelques mètres, puis la grimpette un peu plus sérieuse commence. J’essaie d’avancer rapidement. Je ne peux m’empêcher de m’arrêter près du Pin Sylvestre, accroché sur l’arête. Cet arbre me fascine toujours. C’est incroyable de voir la vie qui s’accroche ici. En haut de la première colline, mon regard est attiré par un chamois sur la crête suivante, de l’autre côté de la prairie. On s’observe tranquillement. Je ne bouge pas, lui non plus. Il se détend et continue à chercher tranquillement sa nourriture, ce qui me laisse le temps de sortir mon appareil et de changer d’objectif. Je m’en approche tout doucement. C’est tellement beau de pouvoir faire ce genre de rencontres. Il lève la tête et me regarde intensément plusieurs fois. C’est un moment unique. Il finit par partir dans les sous-bois dans la pente. Je m’approche et profite un peu de cette lumière unique de fin de journée. Je range le téléobjectif et continue mon chemin. Le soleil descend de plus en plus bas sur l’horizon. Arrivé sur le promontoire suivant, je profite d’une belle vue sur notre astre couchant. Je ne m’attarde pas et continue. La colline suivante est à ma portée. Le soleil n’est pas encore couché, quelle chance ! Je profite de cet instant pour faire quelques belles photos du panorama avec les Gastlosen, Hochmatt, la Dent de Savigny et surtout Brenleire et Folliéran qui sont toujours aussi impressionnants. Tout est orange, rouge, cela en est presque irréel. Un dernier petit coup d’œil vers le soleil qui est parti se cacher définitivement derrière la bande nuageuse à l’horizon. J’en profite pour m’arracher à ce moment de contemplation pour redescendre et attaquer la dernière montée jusqu’au Mont Bifé. Peu avant d’arriver à ma destination, j’ai une belle vision qui s’offre à moi sur le sommet et la belle paroi en contrebas. Les couleurs tirent presque sur le violet. Il y a de moins en moins de luminosité. Il me reste la dernière montée. Heureusement tout est bien sec. Je passe les 4 échelons et me voilà arrivé ! C’est beau, mais là, le crépuscule s’installe. Je fais une pause rapide pour me réhydrater et décide de ranger l’appareil photo pour attaquer la descente. Je ne vais normalement plus rien prendre en photo. J’arrive rapidement au point 1394. J’hésite à redescendre par la Croix du 700ème, mais finalement, vu que tout est bien sec, je décide de rester sur la crête et de simplement faire le retour par le même chemin. J’aime ce moment où la nuit n’est pas encore installée et où l’on peut encore progresser sans frontale. Je passe le point 1394 et recommence à descendre les montagnes russes. Dès que j’arrive sur la prairie, je m’arrête, saisi par la pleine lune qui se lève. Un moment magique ! Je sors rapidement mon appareil et tente de saisir cet instant incroyable et impressionnant. Il me semble reconnaître le Chörblispitz avec son antenne et sa croix, même si cela m’étonne presque de les voir aussi distinctement, mais je ne connais pas d’autres sommets dans les alentours avec deux éléments au sommet. Une fois la lune bien levée, je range mon appareil, allume ma frontale et continue mon chemin. Je croise tout un groupe en train de grimper. J’imagine qu’ils font un entraînement. Cela m’étonne toujours de croiser des gens de nuit. Pour ma part, j’arrive doucement à la voiture, absolument heureux et ravi de cette sortie merveilleuse. Avez-vous déjà remis vos chaussures de randonnée ? Quelle est votre première randonnée de l’année ? Je me réjouis de vous lire. Si d’aventure une image vous touche et que vous en désirez un tableau, n’hésitez pas à me contacter. Sinon pour la technique : Distance : env. 5.2km Dénivelé : env. 630m Durée : env. 2h15 Difficulté : T3- Il y a plusieurs passage près de la crête. Il est conseillé de ne pas être trop sensible au vide. Quelques court passages peuvent demander l’aide des mains. Il y a également une petite échelle avec 4 échelons à franchir juste avant d’arriver au sommet. Lien vers le parcours: https://schweizmobil.ch/fr/tour/1015116337
Mont Bifé depuis Châtel-sur-Montsalvens (boucle aller-retour par la crête) needs route
Une sortie d'après-travail sans neige sur la crête du Mont Bifé, avec des rencontres de chamois et une vue sur les Gastlosen et les Brenleire. Le coucher de soleil puis le lever de pleine lune rendent la balade particulièrement magique.