Le lendemain de notre magnifique journée à la Schönbielhütte, nous avons décidé de grimper encore un peu plus haut. Le sommet du jour : le Wisshorn, juste au-dessus de Zermatt. Nous avons rendez-vous devant l’église avec une amie de Blandine qui nous rejoint. Le ciel est couvert pour l’instant. Ce sera parfait et cela nous permettra de commencer à grimper sans souffrir de la chaleur. Une fois les présentations faites, nous nous mettons en route sans tarder. Nous commençons par remonter la rue principale puis prenons un chemin de traverse sur notre gauche. Nous passons devant une belle chapelle, puis nous retrouvons rapidement les prairies. C’est génial ce contraste : dès que l’on quitte le cœur du village, il n’y a presque plus personne. Peu après, la montée commence , douce et régulière à la fois. Juste après , nous croisons un berger et son troupeau de Nez-Noirs qui nous sautent presque dessus. Ils veulent tous des câlins. Ces moutons sont tellement incroyables et gentils, quel plaisir ! Après cet agréable interlude, nous poussons un peu les moutons pour continuer à monter, car il nous reste encore un bon bout de chemin à parcourir. Nous retrouvons le couvert des mélèzes et surtout la nature dans une forme un peu plus brute. Le sentier continue sa montée régulière. Au détour d’un virage, vers 1 800 mètres, nous nous retrouvons presque nez à nez avec un chamois qui nous observe également. Nous ne bougeons plus. Il va passer tranquillement devant nous avant de repartir dans les bois. J’aime ces rencontres hors du commun, un magnifique cadeau du monde sauvage. À chaque mètre, la nature change et évolue. La pente s’accentue un peu, on souffle un peu plus fort. Vers 2 000 m, nous faisons un petit crochet vers un splendide point de vue d'où l’on voit bien le massif du Mont-Rose et toute la chaîne des Lyskamm et Breithorn. Il y a aussi un tunnel qui part dans la montagne. À priori, cela doit mener vers une captation d’eau ou quelque chose du genre. Nous repartons. Nous atteignons rapidement la limite des arbres. Nous continuons à prendre de l’altitude, heureusement un peu plus doucement. Nous sommes sur une espèce de haut plateau incliné, au-dessus de barres rocheuses. Nous voyons le sommet qui ne paraît pas si loin et surtout une multitude de pare-avalanches qui donnent un caractère particulier à cet endroit. J’ai presque l’impression d’être au Grand Chavalard. Et voilà que soudain, il s’offre à nos yeux : le Cervin. Il est pour l’instant dans les nuages, mais mes yeux sont inexorablement attirés par ce pic tellement esthétique et fascinant. Pour l’instant , le sommet n’est pas visible, mais il est remplacé par un nuage plus sombre que les autres. On a l’impression qu’il brûle, c’est assez surprenant comme image. Quelques taches de bleu commencent à apparaître çà et là dans le ciel. Nous continuons à avancer de manière lente et régulière. Pour l’instant , je résiste mieux que je ne l’aurais pensé, surtout avec la sortie du jour précédent à la Schönbielhütte. Vers 2 472 m, nous arrivons près d'un beau chalet, qui doit sans doute être utilisé par les ouvriers durant les travaux de construction et de réfection des pare-avalanches. Depuis cette terrasse enherbée, la vue sur les 4 000 mètres environnants est tout simplement à couper le souffle. Nous ne nous arrêtons toutefois pas trop longtemps, car il nous reste encore un peu de dénivelé avant d’arriver au sommet. Peu après , nous arrivons à une première bifurcation possible vers l’auberge du Trift. Nous continuons en direction du sommet. C’est assez amusant, car nous attaquons une section très pentue où il n’est pas aisé de deviner par où va passer le sentier. On découvre le chemin pas à pas. Le souffle devient vraiment plus court et je ralentis le rythme, qui était déjà lent. Étonnamment, mes jambes vont plutôt bien. Nous voilà sur la crête ! Il ne reste plus que les derniers cent mètres de dénivelé ! Blandine et Samia partent en avant. Je peine un peu derrière elles. Mais nous voilà au sommet. La vue à 360 degrés est absolument merveilleuse ; où que l’on regarde, c’est vraiment assez dingue. Nous mettons tous une couche supplémentaire, car il y a un vent plutôt frais. On redescend de quelques mètres et nous voilà à l’abri. Nous en profitons pour faire notre pause pique-nique. Je ne peux pas m’empêcher de photographier tous ces monstres de plus de 4 000 mètres qui s’offrent à mes yeux. C’est tellement impressionnant. Après cet arrêt, il est temps de repartir. L’idée est de rejoindre le chemin qui part vers le Platthorn et le Mettelhorn que l’on voit un peu au-dessus de nous, puis de passer par l’auberge du Trift pour rejoindre Zermatt par les gorges. Nous évitons un petit névé, puis retrouvons le sentier peu après. La descente est plutôt agréable. C’est tellement appréciable, cette sensation d’être seul au monde dans cette nature brute. Nous traversons un petit torrent. Heureusement , il y a suffisamment de gros cailloux pour ne pas se mouiller. J’avoue que je fatigue, mais il reste encore quelques kilomètres avant d’arriver à notre point de départ. Nous descendons tranquillement. Un pas après l’autre. L’endroit est superbe. L’auberge du Trift n’est plus très loin, mais elle est malheureusement fermée. Ce sont sûrement les meilleures tartes aux pommes que l’on peut déguster très très loin à la ronde ! Si vous êtes dans les parages, il faut absolument y goûter. Nous voilà près du ruisseau du Trift. Le chemin descend assez fortement, mais offre encore une fois un autre changement de paysage, c’est magnifique. Il y a un petit passage avec une corde qui n’est, à mon sens, pas nécessaire, mais qui peut en rassurer certains. Nous continuons à perdre de l’altitude et la chaleur revient en force. Nous voyons sur l’autre rive trois bouquetins dans les buissons. C’est génial de pouvoir les observer ainsi à distance. Plus bas, le chemin a été entièrement refait et une nouvelle passerelle a été installée, suite aux dégâts d’il y a deux ans dans la région. C’est toujours très impressionnant. Nous revoilà dans la forêt et nous arrivons rapidement au restaurant Edelweiss, qui est accroché à la paroi et offre une vue panoramique sur Zermatt. Nous ne nous y arrêtons pas et continuons le sentier. Ici aussi, un nouveau chemin a été créé, car il y a eu un glissement de terrain. Nous passons par une superbe passerelle avec des escaliers qui ont aussi été installés l’année précédente. Nous arrivons dans les prairies au-dessus de Zermatt. Un nouveau troupeau de Nez-Noirs paît tranquillement non loin. Les derniers pas sont difficiles. Mes pieds protestent depuis un sacré moment. Mais nous voilà enfin arrivés à notre point de départ. C’est une randonnée magnifique et très variée en termes de paysages. C’est aussi un sommet peu couru. Il y a donc de fortes chances que vous ne rencontriez pas trop de personnes jusque-là. La vue à 360 degrés depuis le sommet est vraiment superbe. Qu’en pensez-vous ? Avez-vous déjà dégusté la tarte aux pommes de l’auberge du Trift ? Je suis curieux de savoir laquelle de mes photos vous parle le plus ! Et bien sûr, si vous avez de l’intérêt, n’hésitez pas à me contacter. Sinon pour la technique : Distance : env. 14 km Dénivelé : env. 1400 m Durée : env. 6h30 (selon SuisseMobile en été) Difficulté : T3- Il n’y a pas de grandes difficultés. Il faut juste faire attention à quelques endroits peu avant d’atteindre la crête du Wisshorn, ou encore à la descente depuis Trift. Lien vers le parcours: https://schweizmobil.ch/fr/tour/1211968867?layers=trackLayer%2Cwanderland&E=2622976&N=1097181&resolution=1.72&bgLayer=pk&detours=yes&shooting=yes&logos=yes&photos=yes&season=summer
Wisshorn from Zermatt via Trift needs route
A varied ascent from Zermatt through larch forest, alpine pastures and a steep final ridge to the Wisshorn, with a 360-degree view of the 4000ers and the Matterhorn. The return through the Trift gorge offers changing landscapes, wildlife sightings and a chance to enjoy the summit in relative solitude.