Pour notre dernier jour à Zermatt, nous avons décidé avec Blandine d’emmener deux amis sur le Breithorn, l'un des sommets à plus de 4000 m les plus simples d’accès. Le rendez-vous est donné à 8h10 aux remontées mécaniques à Zermatt. Oui c’est tard, mais jusqu’à fin juin, le téléphérique ne fonctionne qu’à partir de 8h30, ce qui, je l’avoue, m’a plutôt satisfait, car nous n’avons pas eu besoin de nous lever à pas d’heure et nous avons pu prendre un bon petit déjeuner. C’est donc dans la bonne humeur que tout le monde fait connaissance. Pour l’un, c’est sa première expérience alpine. Il n’a jamais marché encordé et encore moins avec des crampons. 8h30, nous voilà partis par le téléphérique qui nous emmène à Furi, puis un autre jusqu'à Trockener Steg. Il y a un mélange plutôt folklorique entre skieurs, alpinistes et touristes. Je trouve ça toujours assez marrant. Peu après 9h, nous voilà arrivés sur la neige au Petit Cervin. Les conditions s’annoncent pour l’instant magnifiques. Le ciel est dégagé, la vue porte loin et surtout la température est idéale, c’est-à-dire qu’il y a eu un bon gel nocturne. Nous remontons la piste de ski jusqu’à une petite cabane avant de quitter le domaine balisé. Il n’y a pas encore beaucoup de monde, ce qui est plutôt agréable. Nous traversons ensuite le plateau du Breithorn. C'est une immense étendue de glace, bien recouverte par la neige. Je décide de ne pas encore mettre les crampons ici, car il s’agit d’un faux plat. Nous avancerons ainsi plus rapidement. On continue ainsi jusqu’au début de la montée, où nous faisons une petite pause pour profiter de l’endroit et de la vue, tout en nous équipant : corde courte pour la grimpette, les crampons aux pieds et je garde mon piolet à la main. Certains me diront que ce n’est pas nécessaire ici, oui et non… Si l’on suit le principe de base, oui, c’est recommandé de faire les choses de manière appropriée. Dans les faits, il y a plusieurs personnes qui ne s’encordent pas, car l’itinéraire est très peu crevassé et surtout très bien défini, mais c’est une question personnelle et d’appétit au risque. Je reste en tête et prends un rythme très lent. Bien que nous nous soyons un peu acclimatés ces derniers jours, j’ai toujours le souffle un peu court pour la première partie. Tout le monde suit bien. Nous restons derrière une autre cordée un peu plus lente. Nous passons près de la rimaye qui est largement ouverte, c’est hyper impressionnant : un énorme gouffre est visible sur notre droite. Je suis bien content que le sol soit encore un peu gelé. Nous avançons bien, un pas après l’autre. Un zigzag après le suivant, nous prenons de l’altitude et j’ai l’impression qu’en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, nous nous retrouvons au sommet ! Ce qui nous a quand même étonnés, c’est que sur cette montée, normalement sans fissures ou crevasses visibles, nous avons enjambé plusieurs fissures qui semblaient s’agrandir. Néanmoins, les conditions n’ont jamais été aussi bonnes ! Nous ne restons pas trop longtemps au sommet pour laisser la place aux autres cordées affluant rapidement et nous reprenons doucement le chemin inverse. Me voici en queue de peloton. Nous avançons rapidement. Heureusement, il y a une double voie à plusieurs endroits, la priorité étant toujours donnée aux gens qui montent (comme en voiture). Nous nous retrouvons rapidement sur le plateau où j’enlève à nouveau les crampons. Arrivés près de la cabane, nous nous déséquipons et allons profiter tranquillement des attractions qu’offre le Petit Cervin. La météo change et le ciel se couvre rapidement. C’est impressionnant de voir qu’en très peu de temps, la visibilité peut tomber à zéro. Nous avions heureusement le timing parfait. Sur la descente, nous nous arrêtons à Furi pour manger un morceau et partager encore un moment sympa tous ensemble. Le Breithorn est une course d’alpinisme glaciaire très simple par beau temps, mais cela peut vite devenir compliqué si les conditions se dégradent. N’hésitez pas à faire appel à un guide. Cette course est proposée quotidiennement par les Zermatters. La vue depuis le sommet est simplement exceptionnelle. Et vous ? Avez-vous déjà fait une course glaciaire ou un 4000 mètres ? Je me réjouis de lire vos retours. Et bien sûr, si une image vous parle, elles sont toutes disponibles imprimées en grand format. Sinon pour la technique : Distance : env. 6 km Dénivelé : env. 400 m Durée : env. 3h (selon SuisseMobile en été) Difficulté : F. Il s’agit d’une course alpine sur un glacier, il est donc nécessaire d’être équipé en conséquence (corde, crampons, matériel de sauvetage sur glacier) et d’avoir les connaissances nécessaires. Lien vers le parcours: https://schweizmobil.ch/fr/tour/1458095264?layers=winterhiking%2Cslope&E=2623417&N=1087323&resolution=1.80&bgLayer=pk&detours=yes&shooting=yes&logos=yes&photos=yes&season=winter
Breithorn depuis Trockener Steg (course glaciaire) needs route
Une course glaciaire emblématique et relativement simple vers un sommet de plus de 4000 m, avec une vue exceptionnelle depuis le sommet. L'accès en remontées mécaniques depuis Zermatt rend la sortie accessible en une journée.