Grand Muveran depuis l'alpage de Chamosentse (cabane Rambert) needs route

Un vallon sauvage et verdoyant avec des vues superbes sur le Mont Blanc et le Grand Combin, puis une approche technique au pied d'une imposante paroi rocheuse. L'auteur souligne que le but est le chemin lui-même, et que l'endroit est réservé à des randonneurs au pied sûr et sans vertige.

route 10.0 km 1080.0 m D+ 5.0 h 1 days (claimed) Sep

Grand Muveran · Cabane Rambert · Alpage de Chamosentse · Tsanrion · Dent de Chamosentse · Col au point 2507 · Pointe de Chémo

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Sources

Le jour après notre belle sortie au Grand Chavalard, nous avons décidé, toujours avec Blandine, d’aller voir comment ça

fb · Daniel Borloz · 2023-09-14 · open original

Le jour après notre belle sortie au Grand Chavalard, nous avons décidé, toujours avec Blandine, d’aller voir comment ça se passe vers le Grand Muveran. Je vous avoue que ce sommet ne me laisse pas serein. Mes sens sont en alerte dès le départ, car je sais qu’il y aura des difficultés. Afin de ne pas dépendre de l’horaire du télésiège des Jorasses et augmenter notre stress, nous nous sommes parqués sur les hauts de l’alpage de Chamosentse qu’il est possible d’atteindre en voiture. Une quatre roues motrices est bien pratique pour les trois derniers kilomètres. Une fois parqué, nous nous mettons en route. Il faut beau et chaud. L’endroit est superbe. En face de nous, les Pointes de Tsérié et Haut de Cry nous domine. Dès le départ, le chemin monte une première fois de manière soutenue jusqu’à un premier plateau, à Tsanrion où la Dent de Chamosentse se dévoile. C’est un magnifique mélange entre l’herbe bien verte sous nos pieds et ces parois rocheuses autour de nous. Quelques nuages viennent s’accrocher sur les sommets ajoutant une ambiance fantastique à l’ensemble. Nous avançons dans ce beau vallon tout en gagnant petit à petit de l’altitude. Bien qu’il y ait quelques vaches çà et là, je trouve l’endroit vraiment sauvage. J’aime cette Nature. Je pense que le fait que la Vallée du Rhône nous soit cachée y contribue aussi. Nous nous retrouvons bientôt sur le chemin entre Sanetsch et Muveran et approchons de la cabane Rambert. Nous passons le col au point 2507 et continuons notre montée vers la cabane. Il y a du monde, mais nous ne nous arrêterons pas. Le chemin est encore long. Notre destination se dévoile enfin complétement. Une imposante masse de roche brute, droit devant nous, ou plutôt devrais-je dire au-dessus de nous. Il n’est pas aisé de voir par où passe le chemin. Le balisage s’arrête à la cabane. Il faut maintenant suivre une sente, heureusement bien marquée, parsemée de quelques points bleus pour nous indiquer le bon passage. Les pentes commencent à s’incliner de plus en plus et le terrain à devenir plus accidenté et plus rocailleux. Les herbes disparaissent. Je sens que nous sommes maintenant dans un autre monde. Nous sommes maintenant au pied de cette énorme masse. Il n’y a plus de sente visible et il faut commencer à escalader une première pente. Nous nous repérons aux cairns et autre point de couleurs qui se voient de temps en temps. C’est un petit apéritif avant les vraies difficultés. Un peu plus loin, il faut escalader une cheminée. Il y a une corde qui aide beaucoup pour l’escalade. C’est très vertical. Un casque n’est pas un luxe pour éviter les chutes de pierres créées par d’autres randonneurs. Nous sommes maintenant sur la paroi. Cela continue à monter et nous devons maintenant longer la pente en devers pour arriver aux cairns suivants. Nous avançons très prudemment en cherchant le meilleur itinéraire et en essayant de deviner les meilleurs points de passage. Je suis inquiet, disons-le tout de suite. La déclivité m’impressionne. Je n’arrive pas encore à faire confiance à mon genou dans ce terrain accidenté, rempli de pièges. Je pense également à la descente, vais-je en être capable ? Je continue à avancer. Nous arrivons à une vire rocheuse ou un couple de randonneur se repose. La sente est maintenant clairement visible jusqu’au sommet qui ne se trouve plus très loin. Il y a un petit passage de trois pas, en devers dans une pente très inclinée juste devant moi. Tout mon corps et mon esprit se bloque. J’ai beau essayer d’ordonner à mes jambes d’avancer, elles refusent. Je n’arrive pas à imaginer quel pied mettre en premier. Je me résigne, non je ne passerai pas. Je vais m’arrêter là. Blandine, solidaire, restera avec moi. Nous faisons donc une petite pause pique-nique depuis ce perchoir. Non loin du sommet, mais cela me suffit. Je ne veux/peux pas aller au-delà de ce que mon esprit me dit, simplement pour une croix ou une vue. J’y reviendrais sûrement une fois, quand ma jambe sera plus solide, quand j’aurais une plus grande confiance en moi. La vue est néanmoins merveilleuse, avec le Mont Blanc et le Grand Combin devant nous. Je vois aussi le grand Chavalard et d’autres sommets imposants. Après cette petite pause, nous nous remettons en route pour la descente. Étonnement cela se passe mieux que je ne l’aurais espéré. Je reste extrêmement tendu et concentré pour chaque pas que je pose. La corde dans la cheminée aide énormément à la descente, c’est vraiment pratique. Une par une nous passons par toutes les difficultés dans l’autre sens. Une fois sur le chemin, je respire à nouveau un peu mieux. C’est à ce moment-là que nous rencontrons deux connaissances de Rando Romandie qui sont en train de monter en direction du sommet. C’est quand même marrant comme le monde est parfois petit. Nous profitons d’échanger quelques mots avant de nous remettre en route en direction de la cabane. Une fois arrivé à Rambert, nous prenons refaisons une petite pause et rechargeons nos batteries avec un bonne part de tarte. Après cet arrêt nous repartons sur le sentier. Sur la descente, nous voyons qu’il y a un ou deux bouquetins en direction de la Pointe de Chémo, droit devant nous. Je suis content que les plus grosses difficultés soient derrière nous. La météo est toujours excellente et la chaleur nous accompagne. Nous arrivons épuisés, mais heureux, à notre point de départ. Le but n’est pas le sommet, mais le chemin pour y arriver. Je pense que cela résume bien ma manière d’appréhender la randonnée et cette sortie en particulier. Il n’y a pas d’échec, mais que la réussite d’être arrivé sain et sauf à la voiture en s’étant respecté. Oui bien sûr, j’ai une petite part de frustration de ne pas avoir été au sommet, mais bon, j’y retournerai, ce n’était pas le bon jour. En dehors de ça, c’est vraiment un endroit superbe, mais qui n’est pas à mettre entre toutes les mains et tous les pieds : les difficultés sont élevées et le terrain est très technique. Le faux pas n’est pas permis à plusieurs endroits. Je vous joints quelques photos de cette sortie, qu’en pensez-vous ? Sinon pour la technique : Pour la première partie : Distance : env 10 km Dénivelé : env 1080m Durée : env 5h (selon suissemobile. Attention vu qu’il y a des passages techniques, le temps mis réellement peut être plus important). Il faut également ajouter encore 2x 20 min pour la dernière partie au jusqu’au sommet. Difficulté : T5. Les difficultés sont toutes situées après la cabane Rambert. Il y a du terrain très rocailleux, des pentes vertigineuses, de très court passage d’escalade et surtout un couloir très incliné (heureusement équipé d’une corde) à remonter. En résumé, c’est une attention de tous les instants. Un pied sûr et une absence de vertige est indispensable. Le lien vers le parcours : https://map.schweizmobil.ch/?lang=fr&photos=yes&logo=yes&detours=yes&season=summer&bgLayer=pk&resolution=1&E=2576211&N=1120190&trackId=1637023807&layers=Wanderland

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Good months