Quelques jours après notre tentative avortée au Grand Muveran, j’ai ressenti le besoin de faire un afterwork dans mes Chères Préalpes avec un peu de sauvage et de difficultés. J’ai jeté mon dévolu sur le Vanil de l’Arpille (ou Maischüpfenspitz). Il s’agit d’un superbe sommet qui borde la vallée de la Jogne. Je me suis parqué vers le point 1451 où il y a de la place pour quelques voitures. En vérifiant mon matériel du jour, je remarque que je n’ai pas mes mini-crampons, ce qui est plutôt ennuyeux à cause du terrain très escarpé. Ils sont très confortables à utiliser en descente dans ce type de terrain. La météo est pour l’instant assez mitigée. Les hauts sommets alentours sont partiellement plongés dans les nuages. On verra si cela se découvre un peu plus tard. Je suis plutôt très sceptique de pouvoir arriver au sommet, car il est déjà tard et je sais que la progression ne sera pas forcément rapide, mais bon, je verrais bien. Ce qui compte : faire un joli tour et être plongé dans la Nature, c’est aussi simple que cela et si par la même occasion je peux partager un peu de ma vision au travers de quelques photos avec vous, c’est la cerise sur le gâteau. Le début est simple, une route gravillonnée qui mène vers Vorder Maischüpfen. Les vaches sont toujours sur l’alpage. Elles profitent de cette dernière période en hauteur avant de redescendre en plaine d’ici deux bonnes semaines. Je passe le chalet au point 1498 et emprunte la vieille sente bien marquée qui coupe la pente. Après un petit kilomètre, les choses sérieuses débutent. La montée dans une prairie pentue, désertée par les vaches, commence. Par cette absence, je sens que l’arrivée de l’automne se précise. Un moment que j’adore tout particulièrement, quand les sommets sont abandonnés et que la Nature sauvage reprend ses droits. J’avance très lentement, la montée est rude et pourtant je sais que ce n’est que le début. Il fait beaucoup trop chaud, mais j’avance néanmoins. Les nuages se dissipent sur l’ouest et m’offre une vue à couper le souffle sur la chaîne des Vanils, Hochmatt et les Gastlosen en face de moi. C’est un tableau, une œuvre d’art vivante que la nature m’offre là. J’arrive au bout de la prairie. Je changee de terrain. Je passe la clôture au coin nord-est. Une vague sente est visible pour des yeux exercés sur les vingt premiers mètres avant de se perdre définitivement dans la végétation sauvage. Le sol n’est pas visible, un épais tapis compact de mille et une nuance de vert et de brun recouvre terre et les pierres. Je ne vois pas en-dessous du genou, voire de la cuisse ou même des épaules suivants le passage. Les grosses chaussures sont presque indispensables et m’apporte stabilité et accroche pour évoluer dans une relative sécurité. Je dois maintenant slalomer entre les différents renflements du terrain pour trouver le chemin le moins pentu possible. La pente oscille entre 35 et 45 degrés. J’avais oublié comme c’était impressionnant. Je vois qu’au-dessus de moi, le sommet est maintenant éclairé par une belle lumière, mais je réalise également que je ne vais pas y arriver. Enfin si, je pourrais y arriver, mais cela me mettrait dans une situation très délicate, car j’aurai tout ce passage pentu à faire de nuit, ce qui n’est pas envisageable pour moi. Je continue ma progression, non sans faire de nombreux arrêt pour profiter du paysage. Les couleurs deviennent grandiose. Le jaune se transforme en orange, puis en rouge. C’est un spectacle à couper le souffle. Mon pied glisse de temps en temps, je regrette de ne pas avoir mes mini-crampons pour avancer sur ce terrain plus facilement. Arrivé aux alentours de 1800m, je décide de m’arrêter définitivement. Je sais que les plus grosses difficultés sont derrières, mais au vu de l’heure, je juge plus sage de rebrousser chemin et d’éviter tout stress supplémentaire. Je suis fasciné par le panorama et ses couleurs. Les sommets se sont un peu découverts. La magie de la Nature est là. Je suis content de ma décision, je vais pouvoir redescendre tranquillement en profitant de m’arrêter autant de fois que je le désire sur la descente. Je suis surpris par une couleuvre qui se faufile juste devant moi. Elle a aussi choisi de descendre, ce qui ne me plaît pas trop. C’est beau, mais si je peux éviter ce genre de tension supplémentaire, j’en suis tout aussi content. J’arrive à la clôture au crépuscule. Je continue à descendre et sors ma frontale pour la dernière partie du chemin. Il fait parfaitement nuit en arrivant à la voiture. Je ne me suis pas encore habitué à ce que le soleil se couche aussi rapidement, mais je vais bien devoir m’y faire. C’est une magnifique sortie. Le Vanil de l’Arpille est un superbe sommet très sauvage, à ne pas mettre entre tous les pieds. Une excellente faculté de lecture du terrain est nécessaire, mais on est récompensé par la beauté de la vue au sommet. Si vous chercher une vue similaire avec une difficulté largement moins grande, vous pouvez opter pour le Gros Brun, non loin de là. Que pensez-vous de ces photos ? quel est votre préféré ? Sinon pour la technique : Pour la première partie : Distance : env 4 km Dénivelé : env 360m Durée : env 2h (selon suissemobile. Attention vu qu’il y a des passages techniques, le temps mis réellement peut être plus important). Difficulté : T4. Une bonne partie du chemin se passe hors sentier dans une forte pente. La végétation est dense. De bonnes chaussures, ainsi que des pantalons longs sont conseillés. La plupart du temps, on ne voit pas exactement où l’on pose les pieds, ce qui rends la progression très lente. Un pied sûr et une absence de vertige pour le sommet est indispensable. Le lien vers le parcours : https://map.schweizmobil.ch/?lang=fr&photos=yes&logo=yes&detours=yes&season=summer&bgLayer=pk&resolution=1.03&E=2584889&N=1162505&trackId=1978274460&layers=Wanderland
Vanil de l'Arpille (Maischüpfenspitz) depuis Vorder Maischüpfen needs route
Une montée sauvage hors sentier dans une prairie pentue et une végétation dense, avec de belles couleurs d'automne et des vues sur la chaîne des Vanils et les Gastlosen. Le sommet offre une vue superbe mais demande un bon pied et une excellente lecture du terrain.