Aujourd’hui je vais vous raconter mon aventure du week-end passé avec mon Pti Gars (oui j’ai toujours du retard et oui c’est une vraie aventure). Je me suis demandé où je pouvais aller avec lui pour que cela ne soit pas trop long, mais quand même un bon challenge et avec potentiellement des animaux à voir. J’ai décidé qu’on aller grimper à la cabane de Louvie, mais en faisant un détour par le Bec de l’Aigle afin d’ajouter un peu de challenge. Nous voilà à Fionnay. Nous trouvons une place de parc dans l’herbe près de la route, il y a du monde, ce qui ne m’étonne guère pour un dimanche. La matinée est déjà bien entamée, il fait très chaud quand nous nous mettons en route. Le ciel est radieux. Mon regard est tout de suite attiré par la superbe cascade de la Peleuse qui coule au-dessus de nous. En passant devant le lac de compensation, je vois qu’il y a beaucoup de monde sur le sentier qui mène à Louvie, j’espère qu’il y aura moins de monde de l’autre côté. Nous commençons à monter. Dès les premiers pas, on transpire à cause de la température élevée. En arrivant au point 1583 nous bifurquons sur le Bec de l’Aigle. Le chemin serpente le long d’un ruisseau et commence à grimper dans un couloir qui se resserre petit à petit. C’est raide, mais quel bonheur d’être à l’ombre pour quelques minutes. La température est tout de suite plus agréable. Nous avançons toujours tranquillement, histoire de ne pas nous griller dès le premier dénivelé. La fin du couloir semble longue et proche à la fois. Nous croisons quelques personnes à la descente, mais c’est le jour et la nuit par rapport à ce que j’ai vu du côté de Louvie. La montée semble sans fin. Mon Pti Gars râle, mais continue à avancer. Je crois qu’il est aussi éprouvé que moi. Mais il est vrai qu’il faut avaler 500 mètres de dénivelé sur un kilomètre et demi ! Je lui promets une pause vers Sovereu. Nous entendons les clochettes des chèvres de l’autre côté du ruisseau, mais elles restent cachées. Les derniers mètres sont difficile, mais nous voilà arrivé à l’écurie de Sovereu, où deux ânes nous attendent pour être câliné. Nous serons bientôt rejoints par les chèvres qui veulent aussi leur dose de gratouilles et de câlins et le chien qui veut jouer. On papote un bon moment avec le couple de gardien qui sont là pour la saison. J’adore ces échanges toujours beau et riche. Nous nous remettons presque à contrecœur en route, mais l’attrait d’une pause pique-nique et d’un trempage de pied un peu plus haut nous donne la force d’avancer. A peine quelques minutes plus tard nous arrivons sur un plateau. L’endroit est idéal, le ruisseau coule tranquillement et il y a des pierres où nous poser. Après un bon arrêt avec rafraichissement des pieds, nous nous remettons en route. La vue est superbe. C’est sauvage à souhait. Je suis tellement content de mon choix. Nous n’avons vraiment pas croisé grand monde. En face de nous, une cascade coule au milieu d’un superbe cirque, derrière nous la vue s’ouvre sur le Petit Combin, c’est vraiment beau. Nous perdons la trace du sentier au détour d’une pierre et nous la retrouverons un peu plus haut. Nous prenons de l’altitude pas après pas. Nous arrivons à un deuxième plateau. Il doit y avoir un berger avec ses moutons dans les environs, mais nous ne le voyons pas. Ils se trouvent probablement plus haut dans les alpages, il fait tellement chaud ! Nous traversons le ruisseau, la vue avec le Petit Combin dans le fond est toujours aussi magnifique. Nous entamons la dernière montée de la journée. Nous avançons à la vitesse de l’escargot. Je suis bien éprouvé et lui aussi. Le panorama s’ouvre enfin sur le Grand Combin. Cette montagne me fascine. Nous arrivons finalement au col du Bec de l’Aigle. La vue est superbe, avec en prime un petit passage câblé. Oui, mon Pti Gars adore les passages techniques. En dessous de nous, nous voyons enfin le lac de Louvie. L’idée de base était de faire le tour du lac avant de s’arrêter à la cabane, mais on décide d’un commun accord avec moi-même de se diriger directement sur la cabane. La descente se passe sans issue, c’est assez pentu, mais il n’y a pas de réelles difficultés. Nous voilà à la cabane. Il y a encore quelques personnes, notamment un groupe de 14 anglais encadré par deux guides qui les mènent jusqu’à Zermatt, ils ont encore quelques jours de randonnées devant eux. Nous prenons une bonne part de tourte de Linz et une boisson sucrée pour nous redonner de l’énergie. Nous en profitons pour discuter un peu avec un des guides, très sympa. Nous sommes prêts à reprendre la descente, il se fait tard et nous n’arriverons probablement que vers 18h ou 18h30 à la voiture. Nous avançons gaiement sur le chemin, où nous sommes presque seul. Malheureusement les bouquetins ne sont pas au rendez-vous. Mais ce n’est pas grave, la lumière de la fin de journée est plutôt belle. Nous dépassons rapidement un couple qui avance lentement. Je remarque que la femme ne semble pas à l’aise dans les passages un peu pentu. Nous continuons à un rythme soutenu, cet arrêt à la cabane nous a fait énormément de bien. Nous traversons avec succès les passages câblés. Jusqu’ici tout s’est bien passé. Nous sommes dans le minutage fixé. Après ces endroits impressionnants, nous tombons sur une femme et sa fille qui semble en difficulté. La Maman soutien sa fille pour marcher. Je lui propose tout de suite mon aide, elle refuse, ne veut pas déranger, mais je ne me laisse pas démonter et lui dit que de toute manière, je ne descendrais pas sans elle, car je vois qu’elle est en difficulté. Je me retrouve donc à soutenir sa fille de 9 ans qui est au bout de ses forces pour continuer à marcher. Ses jambes ne la portent plus. Nous progressons par petits bouts entrecoupés de longues pauses. Je finis par la prendre sur mon dos afin d’avancer un peu plus vite. Je suis content, mon genou tient plutôt bien les 44 kgs supplémentaires. Nous avançons par petits objectifs. La prochaine pierre, le prochain coude, toutes les méthodes sont bonnes pour garder le moral. L’ambiance est bonne, je mets toute ma bonne humeur, ma tranquillité et mon assurance dans la balance pour dédramatiser la situation. Après tout, si vraiment nous n’y arrivons plus, il y aura toujours la Rega. Oui, je réfléchis toujours à un plan B. Après 30 ou 45 minutes, nous sommes rejoint par le couple plus lent que nous avions dépassé auparavant. Ils nous proposent leur aide aussi et viennent s’ajouter à notre petit groupe de pieds nickelés. En discutant, j’apprends que la femme qui peinait un peu dans les pentes fait sa première vraie sortie en montagne. Je lui prête donc mes bâtons. Elle est ravie et prends de l’assurance pour le reste de la descente. Nous nous alternons tous pour porter la fille qui est au bout du rouleau. On reste solidaire jusqu’au bout. C’est un beau moment d’échange. Nous arriverons tous au but, éreinté mais avec un grand sourire d’y être arrivé et de s’être soutenu. J’en profite au passage pour prendre quand même une photo de la cascade avec le soleil qui se couche, c’est juste magique, avec même un petit arc-en-ciel en prime. Une sorte de cadeau inespéré de la Nature. En résumé, une sortie improbable, superbe, fatigante, très sauvage et remplie d’émotion. Je vous partage quelques photos, mais honnêtement il y avait un tel voile lumineux qui était difficile d’en sortir quelque chose de bien. J’espère que vous serez indulgent dans vos commentaires. Sinon pour la technique : Distance : env 11 km Dénivelé : env 1150m Durée : env 5h40 (selon suissemobile) Difficulté : T3- . Il y a un passage câblé vers le Bec de l’Aigle. Il ne faut pas être sensible au vertige. Dans la descente depuis Louvie, le vide n’est parfois pas très loin, mais c’est bien sécurisé avec des câbles. Le lien vers le parcours : https://map.schweizmobil.ch/?lang=fr&photos=yes&logo=yes&detours=yes&season=summer&bgLayer=pk&resolution=1.95&E=2590205&N=1098772&trackId=507299967&layers=Wanderland
Fionnay – Bec de l'Aigle – cabane de Louvie needs route
Une montée sauvage par un couloir ombragé, avec une pause chez les ânes et les chèvres de Sovereu, puis un passage câblé vers le col du Bec de l'Aigle. Vue sur le Grand Combin et le Petit Combin, et arrivée à la cabane de Louvie.