Tout a commencé par un message sur facebook de Jean-Claude : « Salut Daniel, si jamais je suis à Charmey ces jours-ci et si la traversée Brenleire-Folliéran te tente un peu, je suis partant ce samedi. Baudrier, piolet, soulier de montagne. J’ai une corde et tout ce qu’il faut pour assurer… ». Il n’en faut pas plus pour débuter une nouvelle aventure et commencer par essayer de gravir un sommet auquel j’avais renoncé il y a déjà quelques années. Une fois là-bas, nous déciderons en fonction de ma forme, de mes peurs et surtout de mes capacités si la traversée est réalisable. Après avoir pris Jean-Claude au passage, nous arrivons au parking du Gros Mont vers 9h30. Nous sommes encore plongés dans l’ombre, mais le soleil est à peine quelques mètres au-dessus de nous. Le minutage est parfait. Il va faire beau, très beau. Heureusement que j’ai trouvé une casquette de secours. Nous nous équipons rapidement et commençons à marcher. Nous passons par le vieux sentier qui passe au-dessus du parking pour rejoindre Brenleire Dessous. Jean-Claude mène le pas, assuré et régulier. Je le suis, content de pouvoir partager cette aventure avec une personne aussi sympa et expérimentée que lui. Nous arrivons rapidement au chalet de Brenleire Dessous. Le soleil ne nous quittera plus. Il fait chaud. Nous enlevons rapidement une couche. A peine le temps de prendre une photo que nous repartons. Nous sommes maintenant sur la route de gravier qui amène vers le chalet de Brenleire Dessus. Les vaches ont déserté l’endroit. Je retrouve cette incroyable quiétude automnale. Je vois d’ailleurs qu’un photographe animalier est posé avec tout son attirail. Je ne sais pas s’il a passé la nuit ici ou s’il s’installe pour la journée. Nous ne nous arrêtons pas et continuons maintenant dans la prairie herbeuse qui grimpe sous la montagne. Brenleire est juste au-dessus de moi, ce sommet est tellement imposant. Je suis toujours impressionné quand je me retrouve à sa base. J’aime ses multiples facettes, une face rocheuse et l’autre herbeuse, tout en une douceur traître. Les pentes sont affolantes et pleines de pièges. Nous nous arrêtons vers Chaux de Brenleire, juste avant d’attaquer la partie escarpée. Je suis plutôt content. J’ai tenu bon sur cette première partie, j’ai réussi à suivre le rythme de Jean-Claude. Vu qu’il ne connaît pas mes capacités et ma peur, nous nous équipons avec les baudriers et lui prépare de quoi m’assurer au cas où je me retrouverai en difficulté. Je suis tellement impressionné par cette force tranquille, qui me rassure et qui me fait sentir complètement en sécurité. A partir de là, je passe en premier pour qu’il puisse garder les yeux sur moi et m’aider le cas échéant. Les vraies difficultés arrivent. Le sentier s’incline très fortement. C’est un chemin terreux, parsemé de quelques pierres qui ne tiennent pas vraiment. Il faut faire attention à chaque pas que l’on pose. Il y a plusieurs passages où les mains sont utiles et parfois nécessaires. Je fais une petite frayeur à Jean-Claude, lorsque soudain mon pied glisse, et moi avec, d’une pierre un peu trop usée par le passage des autres personnes. Je l’avais en partie anticipé, je n’étais donc pas surpris, mais j’ai pu procurer à mon guide du jour un peu d’adrénaline. J’essayer de garder un certain rythme, mais c’est clair que nous sommes largement plus lents que dans la première partie. J’avance lentement. J’ose aussi quémander quelques pauses photos, autant pour immortaliser la vue absolument incroyable que pour reprendre mon souffle. Peu avant d’arriver au point où j’avais renoncé à ma dernière tentative, il y a un passage extrêmement impressionnant, où le sentier ne fait plus qu’une dizaine de centimètre de largeur et où la pente herbeuse est extrême. Une chute, c’est la mort assurée. Mon trouillomètre s’affole. Nous décidons d’éviter ce passage scabreux en passant sur la crête. Bien qu’il y ait du vide des deux côtés, je m’y sens bien plus en sécurité, car le passage est beaucoup plus large, avec en prime un peu de roche qui accroche bien. Première difficulté traversée. Nous voilà maintenant au passage où j’avais coincé la dernière fois. On commence par prendre une petite pause. Nous remplaçons aussi les bâtons par le piolet, ça sera bien plus pratique. Honnêtement cette fois-ci cela se passe plutôt bien. Je me sens tout à fait de passer sur les mottes accrochées à la roche. J’ai toujours une petite peur qu’elles lâchent sous mon poids, mais c’est très solide. Il faut ensuite grimper quelques mètres avant de se retrouver sur un sentier dans une prairie presque agréable. Un joli changement de décor. Il n’y a maintenant plus de difficultés, c’est droit vers le sommet. J’arrive vraiment heureux sur ce sommet que je ne pensais pas atteindre. Un vrai Bonheur. Nous profitons d’y pique-niquer tranquillement. Même au sommet il fait chaud. Nous croisons quelques personnes, dont plusieurs qui se dirige vers Folliéran. Je pourrais vous parler sans fin de l’incroyable vue qu’il y a depuis là-bas, mais je vous laisserai vous faire une idée au travers des quelques images. Après une très courte discussion, nous sommes tout à fait du même avis, cela ne sera pas pour cette année. Je n’ai pas le pieds assez sûr et honnêtement je ne le sens pas du tout. Je dois prendre encore de l’assurance et de l’expérience. La difficulté de la traversée c’est la descente et c’est ce avec quoi j’ai le plus de peine. Je n’ai absolument aucun regret, au contraire, je suis heureux qu’il soit du même avis que moi. Peu avant de repartir nous discutons un moment avec une personne du coin, qui arpente les sommets de la région depuis 55 ans. Décidément c’est une journée pleine de rencontres intéressante. Une petite mention spéciale au passage pour le livre du sommet qui est absolument magnifique. J’immortalise encore une dernière fois le paysage à 360 degrés et nous repartons sur le même chemin, piolet en main. Nous y allons tranquillement, pas à pas. Avant le passage rocheux, Jean-Claude préfère m’assurer avec la corde, il ne veut prendre aucun risque. Je dois dire que cela ne me déplaît pas, bien au contraire. Cela me permet de passer la difficulté vraiment sereinement. Un vrai luxe. Cerise sur le gâteau, à l’endroit où nous nous arrêtons, je vois enfin des edelweiss, quel plaisir ! Après cette petite traversée rocheuse, nous traversons le passage très raide directement par la crête. Entre le piolet et passer sur la crête, cela fait que je n’ai plus aucune anxiété je me sens dans une sécurité contrôlée. Nous croisons un vautour fauve qui nous passe au-dessus. Je suis presque étonné qu’ils n’aient pas encore migré, quoiqu’avec la chaleur cela ne m’étonne guère. Peu après, nous refaisons une pause pour repapoter avec le gruérien rencontré plus haut. Nous repartons, presque à regret, tant ce personnage était sympathique. Nous avançons tranquillement. Je fais attention à chacun de mes pas, les fautes ne sont pas pardonnables dans ce terrain. Je suis content d’avoir gardé le piolet, cela me permet d’avoir toujours un bon point d’ancrage. Deux dames nous rattrapent et d’un coup je les entends : « Mais c’est Jean-Claude !». Hé oui, le monde est parfois très petit. Je me retrouve donc entouré de membres du CAS Neuchâtel (et Delémont). Nous continuerons donc la descente ensemble. Je respire beaucoup mieux dès que nous avons passé la dernière difficulté. Nous refaisons une pause boisson vers les Chaux de Brenleire. J’en profite pour enlever mon baudrier et remplacer le piolet par les bâtons. Nous repartons dans cette équipe agrandie dans la bonne humeur. Je suis le plus jeune du groupe, et de très loin, et j’ai de la peine à les suivre !! Quel Chance de pouvoir partager un bout de chemin avec des gens aussi intéressant et surtout aussi en forme. Cela met bien en perspective mes propres limites qu’il me reste à dépasser. C’est une belle leçon. J’en rigole tout en essayant de tenir le rythme à grand-peine. A Brenleire Dessous nous décidons de passer par la route gravillonnée, un peu plus long, mais avec une pente plus douce. Nous pouvons rejoindre le parking tranquillement. Nous arrivons finalement à la voiture. Je dois dire que c’était une sacrée balade. Un endroit merveilleux avec de belles rencontres humaines ! Nous nous retrouvons tous vers le van de Jean-Claude laissé au début du chemin qui mène au Gros-Mont pour un petit apéro. Une sortie qui restera gravée dans ma mémoire, autant par la beauté de l’endroit que par la bienveillance, la gentillesse et la compétence des gens que j’y ai rencontré. Une mention toute spéciale à mon guide du jour, une personne incroyable à tous les niveaux. Encore merci à toi Jean-Claude. J’ai pris quelques photos, mais sans grande conviction, car la lumière était très forte et par conséquent c’était compliqué. Je suis quand même curieux d’avoir votre avis. Sinon pour la technique : Distance : env 9km Dénivelé : env 1000m Durée : env 5h (selon suissemobile) Difficulté : T4+. La montée sur Brenleire se fait sur un petit sentier terreux avec beaucoup de pierres instables. Les pentes sont très fortes, le faux pas n’est pas permis. Pied sûr et absence totale de vertige sont indispensable. Un piolet est également conseillé. Le lien vers le parcours : https://map.schweizmobil.ch/?lang=fr&photos=yes&logo=yes&detours=yes&season=summer&bgLayer=pk&resolution=1.18&E=2580782&N=1155828&layers=Wanderland&trackId=427647455
Gros Mont – Brenleire par les Chaux de Brenleire (aller-retour) needs route
Une course alpine au départ du parking du Gros Mont, avec une montée raide sur sentier terreux jusqu'au sommet de Brenleire. La vue à 360 degrés, le pique-nique au sommet et les rencontres en chemin en font une belle sortie d'automne.