« Le Gros Perré, ou quand ta tête vise un sommet mais que tes pieds préfèrent l'inattendu. » Il y a déjà trois bonnes semaines, j’ai eu un moment pour moi. J’en ai profité pour aller me balader dans mes chères Préalpes fribourgeoises. À la base, j’avais envie de me challenger et d’aller faire le Vanil Carré avec son sommet très aérien. Je me prépare donc en conséquence et prends un piolet avec moi, vu que la partie sommitale est extrêmement raide et ne laisse pas de place à l’erreur. Je pars depuis Liery Odet. Cela faisait un moment que je n’avais pas laissé traîner mes guêtres par ici et j'en suis content. Mes pieds visualisent tout l’itinéraire et ma tête, plongée dans un maelstrom de pensées, suit sans réfléchir. Je passe le premier portail et commence à remonter les pâturages pour aller m’enfoncer dans la forêt. J’avais oublié à quel point c’est agréable et sauvage. Je passe au-dessus d'un joli petit torrent et retrouve la prairie. Je suis en vue du chalet. La vue s’ouvre sur la vallée, laissant apparaître au fond le mur de lapia. Je me dis que c’est fou, car cela ressemble beaucoup aux lapia du Gros Perré. Je continue mon chemin dans l'herbe. J’arrive à une bifurcation avec un panneau… qui indique la Pointe de Paray et… le Gros Perré ! Je réalise subitement que je me suis complètement fourvoyé. Je suis parti dans la mauvaise vallée. Je ris de mon erreur et de mes certitudes. C’est quand même dingue comme notre cerveau peut parfois si facilement nous tromper ! Cela m’apprend une belle leçon d’humilité, moi qui pensais connaître le coin comme ma poche. Et donc, oui, au fond, c’est bien le lapia des Tsavas ! En fait, ce qui m’embête le plus, ce n’est pas de me tromper d’endroit, mais, en tant que flemmard invétéré, de transporter du matériel inutile. Ce n’est pas si grave, cela faisait un moment que j’avais aussi envie de retourner au Gros Perré. L’occasion fait le larron ! Je continue donc de remonter la pente, parmi les moutons. Ils sont timides et curieux tout à la fois. Dans le fond de la combe, je dois traverser des torrents qui sont à sec. Le premier se passe sans encombre. La sente est moins visible mais néanmoins évidente à suivre. Elle passe tout au bord du lit du torrent. Un peu plus haut, il y a étonnamment encore un gros névé dans le passage. Heureusement, la traversée se fait quasiment à plat. Des nuages de plus en plus présents bloquent la lumière du soleil et, surtout, s’accrochent au sommet. Le chemin est néanmoins parfaitement visible. La montée est un peu plus soutenue, jusqu’à un petit pierrier que je traverse avant de continuer à me diriger vers le bord. Le passage est impressionnant, mais relativement aisé. Je continue à avancer et à prendre de l’altitude. J’arrive dans une nouvelle zone de pierrier qui est plutôt originale : quelques immenses rochers s'y dressent et il faut slalomer entre ceux-ci. Me voilà en vue du sommet, il ne me reste plus qu’une prairie très inclinée à gravir ! Voilà, j’y suis ! Quel plaisir. Le fait que je me retrouve dans la brume me fait plutôt sourire. C’est comme si la Nature me disait que le plus important était le chemin et non la destination. J’aime cette idée. Je mets rapidement une couche supplémentaire, car il y a en prime un vent plutôt frais. Je reste encore un petit moment au sommet avant d’attaquer la descente. Je suis prudent dans la première partie, car c’est très incliné et je n’aimerais pas glisser dans l’herbe un peu grasse. La suite de la descente se passe plutôt bien, car j’ai choisi de faire un simple aller-retour. Mes pieds sont obéissants et m’amènent à bon port. Le soleil est entre-temps revenu ! En résumé, c’était une sortie inattendue, mais que j’ai beaucoup appréciée. J’avoue que j’ai hésité à vous parler de ce changement de plan, mais je pense que c’est toujours mieux ainsi Est-ce qu’il vous est déjà arrivé quelque chose de similaire ? Je me réjouis de lire vos commentaires ! Et si, bien sûr, une image vous parle, faites-moi signe ! Sinon pour la technique : Distance : env. 8 km Dénivelé : env. 900 m Durée : env. 4h15 (selon SuisseMobile en été) Difficulté : T3. Sous le lapia des Tsavas, il y a le lit d’un torrent à traverser où il faut être prudent. De même dans la partie finale, peu avant le sommet, une zone rocheuse est à traverser où les mains sont parfois nécessaires. Lien vers le parcours : https://schweizmobil.ch/fr/tour/13704107?layers=trackLayer%2Cwanderland%2Cslope&E=2574890&N=1151420&resolution=2.58&bgLayer=pk&detours=yes&shooting=yes&logos=yes&photos=yes&season=summer
Le Gros Perré depuis Liery Odet (par les Tsavas) needs route
Un itinéraire sauvage à travers forêt, pâturages et combe, avec le lapia des Tsavas en point d'intérêt. Le sommet, atteint dans la brume, offre une ambiance particulière malgré une fin de montée raide et quelques passages de mains.