Il y a maintenant déjà presque deux semaines, nous avions décidé avec Blandine, de faire une belle sortie sur un parcours historique : La traversée de Kandersteg à Loèche. Avant de vous raconter comment s’est déroulé cette balade, je ne peux m’empêcher de vous parler du contexte qui a rendu cette randonnée à ski très spéciale pour moi. Deux jours avant notre sortie, j’ai commencé à tomber malade… Confiant, je me suis dit que ça ne pouvait qu’aller mieux. C’est donc avec une bonne réserve d’anti-inflammatoires, de Dafalgan et de bonbons contre la toux que j’ai entamé cette aventure. Nous avions longtemps hésité pour faire le trajet à pied ou en ski de randonnée. Nous avons opté pour les skis de randonnées, afin d’avoir un maximum de liberté et si l’envie et la forme sont au rendez-vous de combiner avec un sommet dans les parages. Après cette introduction, je peux enfin vous parler de la balade. Nous arrivons à Kandersteg, au départ du téléphérique pour Sunnbüel en fin de matinée. Bien que je ne soit pas très bien, la météo est idyllique. Il n’y a pas un nuage dans le ciel et il fait chaud, très chaud. Nous ne mettons pas tout de suite les peaux de phoques et entamons la randonnée par une petite descente très agréable. Là je me dis que nous avons fait le bon choix, c’est tellement plus sympa ski aux pieds. Cela offre une telle liberté. Après un petit kilomètre, nous mettons les peaux. La neige est étonnement bonne. Il y a une population assez hétéroclite sur le chemin de randonnée hivernale. Cela va des promeneurs à pied, en famille ou avec le chien, des fondeurs, en passant par des alpinistes qui font de la cascade de glace ou encore des randonneurs en raquettes. L’ambiance est très sereine, c’est agréable. Nous avançons dans une espèce de haut-plateau entouré de beaux sommets de toutes parts. J’ai énormément de peine à avancer. Heureusement pour moi, le terrain est pour l’instant plutôt plat. Un ski après l’autre,avec beaucoup d’arrêts à cause de grandes quintes de toux, j’avance. J’essaye de prendre du plaisir à contempler toutes ces montagnes qui nous entourent. Très rapidement nous décidons de quitter le chemin de randonnée hivernale pour suivre d’autres traces à ski, loin du monde. Nous nous retrouvons seul, c’est magnifique. J’aime sentir cette nature endormie autour de moi. La pente s’incline doucement et nous commençons à grimper. C’est un vrai calvaire. J’ai l’impression de grimper sur un 8000 mètre. Je dois régulièrement faire des pauses. Nous avançons néanmoins. Nous traversons une pente de neige dure. Même si c’est difficile, je suis content d’être loin de la foule du chemin. Nous nous sentons tellement privilégié d’être en ski. Mètre après mètre, nous progressons. Nous finissons par rejoindre le soleil et l’hôtel de Schwarenbach, située quasiment à mi-chemin. C’est un endroit que je trouve très spécial avec un panorama d’exception. Avec cette météo, malheureusement aussi exceptionnellement fréquenté. Nous trouvons quand même un banc pour faire une pause afin que je tente de reprendre quelques forces. Quand nous repartons, il fait toujours très chaud. La crème solaire et les lunettes sont absolument indispensables. Je suis content d’avoir tenu jusqu’ici. Nous suivons maintenant le sentier de randonnée, qui est le seul endroit facilement praticable pour passer dans la vallée. J’avance très lentement. Chaque mètre de dénivelé est compliqué à faire. Heureusement la neige est bonne et nous ne rencontrons aucun problème technique. Après une durée qui me semble interminable nous arrivons enfin sur le plateau du Daubensee avec la Gemmi au fond. Je me sens soulagé. Je dois m’asseoir un moment pour essayer de reprendre mes forces. C’est compliqué. Je les ais définitivement perdu je crois. Il ne reste plus qu’à avancer à plat pour rejoindre la petite cabine qui mène au sommet. Oui je n’ai plus l’énergie pour la dernière montée. Nous décidons donc de nous rejoindre en haut. Blandine en ski, moi en cabine. Il y a passablement d’attente, je ne suis pas le seul à vouloir remonter en cabine depuis le Lac. Je peux enfin me reposer. Je suis au bout du rouleau. Ce qui est plutôt marrant, c’est que nous arrivons exactement en même temps au sommet ! Je mets mes dernières forces en jeu pour aller admirer l’incroyable vue sur le Valais qu’offre cet endroit. Nous allons ensuite au restaurant prendre un petit chocolat chaud, avant de descendre sur Loèche où nous attends notre chambre avec des bains thermaux mérité. Après une bonne nuit, un petit déjeuner et un moment passé dans les bains nous repartons dans l’autre sens. Je ne suis toujours pas bien du tout. Heureusement, le retour est beaucoup plus facile. Nous commençons par chausser les skis pour essayer de faire une diagonale afin de minimiser le trajet à faire à plat. C’est tellement plus facile de descendre. Une fois sur le plat du Lac, nous mettons les peaux et avançons ainsi jusqu’au col. Nous profitons ensuite d’une petite descente pour arriver jusqu’à l’hôtel de Schwarenbach. Même si je suis toujours mal, je suis tellement content de le faire dans ce sens au retour. Nous avançons vraiment rapidement grâce à toutes ces descentes. Une fois l’hôtel passé, une nouvelle descente nous attends avec presque de la bonne neige. J’arrive même à prendre du plaisir avec de beaux virage, avant de redevenir de la croûte glacée. Un autre randonneur à ski nous dépasse et nous donne l’idée de l’itinéraire à suivre. Je n’aurais jamais cru pouvoir avancer autant sans remettre les peaux, c’est génial. Nous nous retrouvons au bas de la dernière montée sur Sunnbüel. Là, pas le choix, nous remettons les peaux. Je pense que même un escargot avance plus vite que moi. C’est le seul moyen pour moi d’arriver à destination sans m’effondrer. Nous y voilà enfin. Je suis vraiment content d’avoir réussi, bien que n’étant vraiment pas bien du tout. Nous prenons encore une pause au restaurant avant de rentrer à la maison. Les photos sont toutes de la première journée. Je n’ai pas eu le courage de sortir l’appareil au retour, bien que les paysages soient toujours aussi beaux avec cette météo parfaite. Voilà, comment une sortie objectivement très simple peut se transformer en véritable calvaire. Parfois à cause de facteur externe comme les conditions météorologique et parfois à cause de sa propre condition. Là maintenant, deux semaines après, je vais mieux et continue à récupérer. J’ai enfin eu l’envie de traiter les photos et de vous faire ce petit compte rendu. Je ne me souviens plus de la douleur, mais simplement de cette magnifique Nature et des bons moments passés. Vous pouvez y aller les yeux grands ouvert ! Sinon pour la technique (à l’aller): Distance : env 8km Dénivelé : env 410m en montée et 130m en descente Durée : env 3h0 (selon suissemobile à pied en hiver) Difficulté : T2 ou F. Nous l’avons fait en ski de randonnées, mais beaucoup le font à pied ou en raquettes. Tout est possible. Le lien vers le parcours : https://map.schweizmobil.ch/?lang=fr&photos=yes&logo=yes&detours=yes&season=winter&bgLayer=pk&resolution=2.49&E=2614497&N=1142512&trackId=208279390&layers=Winterhiking%2CSlope%2CSwisspark%2CWildlifeArea%2CWildlifeReserve Pour le retour: Distance: Environ 8.4km Dénivelé: 560m en négatif et 150m en positif Durée: env 3h (selon suissemobile à pied en hiver) Difficulté: F (en ski de randonnée). Il n’y a pas de difficulté sur le chemin. https://map.schweizmobil.ch/?lang=fr&photos=yes&logo=yes&detours=yes&season=winter&bgLayer=pk&resolution=4.97&E=2614626&N=1140345&layers=Winterhiking%2CSlope%2CSwisspark%2CWildlifeArea%2CWildlifeReserve&trackId=617498713
Kandersteg – Schwarenbach – Daubensee – Gemmi (à ski de randonnée, aller) needs route
Une traversée historique et spectaculaire en ski de randonnée sous un ciel parfaitement dégagé, avec de grands panoramas sur les sommets. L'arrivée au col de la Gemmi offre une vue exceptionnelle sur le Valais.