En cette journée qui ne se produit qu’une fois tous les quatre ans et qui se trouve être également la dernière journée de l’hiver météorologique, je me suis dit qu’une petite balade serait de bon ton, d’autant plus qu’il fait beau ! Ni une, ni deux, me voilà dans la voiture. Après moult tergiversation et négociation avec moi-même sur la destination, j’ai jeté mon dévolu sur un sommet facilement accessible, hors neige et surtout sauvage, le Vanil de l’Arche. Je laisse ma voiture sur une place près du Fenillet, sur la route qui mène aux Sciernes-d’Albeuve, près du point 946. Je me prépare et me met rapidement en route. Attention il y a beaucoup de travaux forestiers, le passage n’est pas garanti ! Pour ma part, j’ai de la chance car il n’y a absolument personne. Le chemin, qui ressemble à s’y méprendre à un gymkhana, grimpe tranquillement dans la bande forestière qui me sépare de la prairie au-dessus. Je fais très attention afin de ne pas me tordre une cheville. Une centaine de mètre plus haut, j’arrive dans une belle clairière. Je me retrouve dans une de ces belles ambiances de Préalpe que j’apprécie tant. Je n’ai pas encore croisé âme qui vive, c’est ce que j’aime avec l’entre-saison ! Je suis maintenant un sentier peu marqué qui me fait passer par le Sex d’Amont. Je continue à grimper. La vue s’ouvre sur la chaîne des Vanils. C’est absolument magnifique. Il fait chaud, très chaud. Les crocus ont déjà fait leur apparition. J’ai l’impression d’être en avril. J’arrive enfin à la ferme de l’Ombriau d’en Bas, la vue est maintenant bien dégagée. Je dois maintenant remonter la forte pente jusqu’à la croix. Il n’y a pas de chemin, même si par endroit je devine une sente. Arrivé aux deux tiers, je croise un bouquetin solitaire qui se repose ! Lorsque j’arrive, à bonne distance, il se déplace et décide d’aller grignoter une petite branche. Ces animaux me fascinent toujours autant. Je suis tellement privilégié de pouvoir profiter de ce spectacle. Il se balade si aisément dans la partie la plus pentue (entre 35 et 40 degrés). Je reste à bonne distance. Je regarde ma montre, j’abandonne ce roi solitaire pour m’approcher de cette croix que j’aime beaucoup. Argentée d’un côté, elle resplendit et se confond suivant l’angle avec le ciel. Elle a été érigée en 1991. Juste derrière se trouve une impressionnante falaise qui tombe à pic. Je reste un petit moment ici à admirer le panorama et décide de rejoindre le vrai sommet. Il est tout proche, sur le papier en passant par une vague sente qui longe la falaise. Mais ne vous y méprenez pas, la progression est lente, car le terrain est accidenté. J’arrive près du point le plus élevé où je suis gratifié d’une vue imprenable sur le massif du Moléson avec Teysachaux d’un côté et le Moléson de l’autre, c’est tout simplement superbe. Il y a énormément de trace de bouquetins et de chamois, mais je n’en rencontre aucun cette fois-ci. Le temps avance décidément trop vite. Il est temps de redescendre. Je sais qu’il me reste encore un passage assez long sur cette crête. Le Vanil Blanc, qui se trouve juste à côté est encore bien enneigé en face nord. Je devine donc que le couloir par lequel je pensais descendre sera sûrement bien enneigé aussi. Je décide donc de passer en diagonale par la forêt pour rejoindre directement la clairière qui se trouve plus bas et qui sera probablement sans neige, ou alors avec une pente gérable. J’y vais très tranquillement assurant chacun de mes pas. L’inclinaison de la pente se situe entre 35 et 45 degrés suivant les endroits. Heureusement le sol est sec et mes pieds trouvent de bonnes prises dans le terrain. Pas à pas, je perds de l’altitude. Je finis par rejoindre la clairière. Toutes mes suppositions se vérifient. La trouée est encore bien enneigée, sauf sur les bords où je me trouve. La suite de la descente est beaucoup plus aisée. Plus bas, je suis le témoin indirect d’un drame passé avec un énorme amas de plume au sol : Un oiseau a dû se faire attraper et dévorer par un renard ou un autre prédateur. En regardant devant moi, je suis toujours hypnotisé par cette incroyable chaîne de montagnes dont les sommets sont encore bien blanc. C’est extraordinaire. Je continue ma descente. J’ai une telle chance de pouvoir profiter de tout ça. Avant de quitter ce havre de paix, je me retourne et profite d’un dernier regard sur cette vue merveilleuse avec le Vanil Blanc enneigé et les pentes vertes sur le bas. Je redescends par où je suis monté. Je fais bien attention dans la forêt, mais il n’y a pas toujours pas âme qui vive. J’arrive éreinté à la voiture, mais surtout heureux et rassasié de Nature et de Sérénité. Bien que la lumière de midi ne fût pas exceptionnelle, j’espère que les photos vous parlerons quand même. Sinon pour la technique : Distance : env 6.2km Dénivelé : env 680m Durée : env 3h (selon suissemobile à pied en été) Difficulté : T3+. Il est indispensable de réussir à se déplacer et à s’orienter dans un terrain qui n’est pas balisé. Les pentes sont aussi très fortes par endroit. Le lien vers le parcours : https://map.schweizmobil.ch/?lang=fr&photos=yes&logo=yes&detours=yes&season=summer&bgLayer=pk&resolution=1&E=2568410&N=1152005&trackId=96849212
Vanil de l'Arche depuis Les Sciernes-d'Albeuve (par le Sex d'Amont) needs route
Une balade sauvage et peu fréquentée dans les Préalpes, avec une clairière d'ambiance préalpine et une croix au sommet offrant une vue magnifique sur la chaîne des Vanils et le massif du Moléson. Le terrain non balisé et les pentes raides en font une course à réserver aux marcheurs à l'aise en orientation.