Le lendemain de ma montée à la Hörnlihütte et de ma redescente sur Zermatt, je profite d’une nuit confortable sur place. Je reçois un coup de fil de Blandine vers 6h30. Elle et sa guide ont pris la décision d’arrêter leur ascension au refuge Solvay à 4 003 m, car le risque de chutes de pierres est trop élevé. Je me lève donc en hâte ; l’idée est de pouvoir la rejoindre sur la fin de sa descente afin de l’immortaliser en photo. Elles vont ainsi prendre tout leur temps pour le retour, car la première cabine en direction de Schwarzsee part à 8h. Ce qui me donne la chance de pouvoir profiter du petit-déjeuner avant. Je me prépare et, peu après 8h, je m’engouffre dans une télécabine direction Schwarzsee. Je vais essayer de cravacher au maximum. Je ne peux quand même pas m’empêcher de prendre une photo à l’arrivée. La vue avec le soleil du matin est tout simplement idyllique. Une vraie carte postale. Après cette petite pause, je repars de plus belle. Je tente de prendre une allure la plus régulière possible ; ça me fera un bon entraînement pour ce qui arrivera plus tard avec Sierre-Zinal. Un couple m’emboîte le pas, mais il lâchera vite la cadence. Je continue de la manière la plus constante possible. J’arrive bientôt vers Hirli. J’ai dépassé plusieurs personnes. Le décor change et tout devient minéral à souhait. Je passe les passerelles. Je rencontre un Américain qui a essayé de prendre un autre itinéraire et qui revient en disant “wrong way”. Je ne comprends même pas comment il a pu tenter de passer ailleurs que par le sentier. Ça grimpe et me voilà presque aussitôt sur le haut plateau incliné, digne d’une plaine lunaire. La vue sur le Cervin est à couper le souffle, d’autant plus avec un superbe ciel, zébré de quelques traces blanches. L’Américain avance et me dépasse quand je fais quelques photos. Je repars et me retrouve très vite au pied du Cervin et du sentier qui monte jusqu’à la cabane. C’est bien incliné, mais j’avance toujours d'un bon pas. Je retrouve l’Américain une troisième fois, qui est à nouveau allé s’engager dans un endroit scabreux et qui revient sur ses pas en disant fièrement avec un grand sourire “wrong way”. En fait, la première fois cela prêtait à sourire, mais au bout de la deuxième fois, je suis plutôt inquiet, car je me dis que ce genre de personne tient plus de la tête brûlée sans réelle expertise. J’ai à nouveau Blandine au bout du fil, on se coordonne. Je redouble d'effort et avale aussi vite que je peux les escaliers et la grimpette. J’arrive enfin en vue de la cabane. Je passe devant en coup de vent et grimpe les cinq dernières minutes pour arriver sur la crête avant le début de l’ascension à proprement parler. Je l’appelle, elle sera visible dans quelques minutes. C’est parfait. J’ai le temps de reprendre mon souffle et de préparer mon téléobjectif. Voilà, elle est là, perdue au milieu de cette immensité rocheuse. Les dimensions sont toujours aussi difficiles à saisir tellement tout est énorme. Elles descendent avec agilité et passent devant la statue de la Madone qui protège les alpinistes : les voilà arrivées ! Elles m’impressionnent. Je prends encore quelques photos et nous voilà partis pour une pause bien méritée à la cabane. Je débriefe beaucoup avec les deux. Blandine est quand même très frustrée et triste de ne pas avoir atteint le sommet, car physiquement tout se passait très bien. Cependant, il y avait trop de cordées et, vu qu’elles n’étaient pas dans les premières, la stratégie de laisser monter et redescendre les autres cordées n’aura pas fonctionné. Le risque de chutes de pierres était bien trop grand. Il y a d’ailleurs eu un accident le jour précédent et le jour même, une autre évacuation par hélico. C’était la seule décision raisonnable à prendre, même si elle n’a pas été facile à accepter. Pour ma part, je suis content que les deux soient redescendues saines et sauves. La guide nous accompagne encore pour la descente. Nous gardons un très bon rythme. Nous en profitons pour bien discuter. Le temps passe beaucoup trop vite. Nous voilà déjà de retour à Schwarzsee. La civilisation est là. Cette randonnée, bien que réalisée à pas forcés, est tout simplement exceptionnelle. La montée à la Hörnlihütte représente déjà un bon défi pour le commun des mortels. Et que dire de l’arrivée au pied de la paroi du Cervin, où l'on se rend compte de son immensité. Et vous, qu’en pensez-vous ? Sinon pour la technique : Distance : env. 9 km Dénivelé : env. 775 m Durée : env. 3h50 (selon SuisseMobile en été) Difficulté : T4-. La montée à la Hörnlihütte est balisée en bleu-blanc, un pied sûr est important. La dernière partie est assez raide et les mains sont parfois nécessaires. Lien vers le parcours : https://schweizmobil.ch/fr/tour/1142443958?layers=trackLayer%2Cwanderland&E=2619162&N=1092627&resolution=2.36&bgLayer=pk&detours=yes&shooting=yes&logos=yes&photos=yes&season=summer
Schwarzsee – Hörnlihütte (montée au pied du Cervin) needs route
Une montée rapide depuis Schwarzsee vers le refuge de la Hörnlihütte, avec un haut plateau minéral digne d'une plaine lunaire et une vue à couper le souffle sur le Cervin. L'arrivée au pied de la paroi du Cervin donne une idée impressionnante de son immensité.