Les éléments s’alignent enfin pour que je puisse réaliser une petite sortie après le travail. N’ayant pas spécialement envie de me battre avec trop de neige, je choisi de m’aventurer sur un sommet que je connais parfaitement : la Berra. Comme à mon habitude, je n’arrive pas très tôt, pour ne pas dire assez tard, sur le parking du Brand. J’espère avoir le temps d’atteindre le sommet avant que le soleil ne soit couché. Nous verrons bien … Je ne devrais pas rencontrer beaucoup de personne, le parking est presque vide. Je me mets rapidement en route. Le chemin est très humide, ça promet pour la suite. Je vois au-dessus du premier téléski, là où les canons on fait leur office, les plaques de neiges qu’il reste encore sur la piste. Il fait chaud, tout fond à vitesse grand V. Au moment où le chemin bifurque sur la gauche, je décide de m’en éloigner un peu et passer sur la gauche de la piste. Je ne suis pas sûr que cela soit un bon choix, car le terrain est bien sûr détrempé. C’est super glissant. Je me fais quelques sueurs froides, mais j’arrive à ne pas tomber. Je tente de ne pas penser à la descente qui sera encore pire. Je me dis qu’en passant de l’autre côté, ça sera moins pire, qui sait ? J’arrive à la hauteur des plaques de neiges, je passe dedans, c’est finalement le passage le moins glissant. Je continue à grimper en suivant les indications du sentier. Je suis toujours la piste bleue. Je me réjouis de m’enfoncer dans la forêt, en espérant que l’avancée soit un peu plus simple. Bien qu’il y ait quelques passages détrempés, tout se passe plutôt bien. Lorsque j’arrive à la clairière qui passe devant le Cousimbert à Rémy, je me fais dépasser par un randonneur qui avance d’un très bon rythme. J’aimerais bien avoir sa forme physique ! La neige est un peu plus présente, mais il y a beaucoup de vert. La montée vers la crête est donc relativement aisée. La vue est toujours aussi merveilleuse depuis là. Mais je vois que l’heure tourne. Je décide de faire exceptionnellement l’impasse sur le Cousimbert pour me rendre directement vers la Berra. Je sens que j’aurais besoin de ces dix minutes supplémentaires pour arriver au sommet avant que le soleil ne se couche. J’aime bien ce chemin de crête très facile. Il y a une zone encore passablement enneigée, mais évitable. C’est fascinant de voir le travail du soleil sur le sol. Au loin, je vois Brenleire et Folliéran qui se découpe derrière le Chalet de la Berra, c’est tout simplement captivant. J’ai l’impression de deux géants qui dominent la Berra. Qu’est-ce que c’est beau ! Je continue mon chemin. Le soleil descend sur l’horizon. Me voilà près du télémixte. Il me reste la dernière montée. Les couleurs sont de plus en plus dorées. Je devrais arriver juste à temps au sommet. Je n’aurais pas été rapide, mais heureusement juste suffisamment pour y arriver. J’essaye d’éviter autant faire que ce peu les passages trop boueux. J’arrive finalement au sommet, seul au monde et cerise sur le gâteau, avec une absence totale de vent !!! Je vous l’avoue, ce n’est pas la première fois que je viens ici, mais je crois bien que c’est la première fois où je n’ai pas, mais alors absolument pas un souffle de vent. C’est aussi une des premières fois où je suis seul au sommet. C’est un sentiment proche du Bonheur d’être ici et là. A profiter de cet instant privilégié. J’ai fait l’effort pour une fois de prendre mon trépied. Je tente de prendre quelques images avant que le soleil ne soit couché. Le ciel et les montagnes passent par une infinité de nuances de couleurs. C’est tout simplement fabuleux. J’essayer de capturer ma vision avec mon appareil. Aucune idée s’il y a aura une photo de réussie. C’est aussi ce que je trouve intéressant dans la photo, il y a toujours une part de mystère. Le soleil est maintenant couhé. La chaîne des Vanils est éclairée indirectement par l’atmosphère, c’est subtil et extraodinaire. La Nature est merveilleuse. Le temps file. Je dois me rendre à l’évidence, je dois redescendre. Je vais passer par le Gîte d’Allières en espérant qu’il n’y ait plus beaucoup de neige et surtout une quantité raisonnable de boue. Je n’enclenche pas encore ma frontale. J’ai oublié de la charger correctement avant de partir, je vais donc l’économiser au maximum. La pénombre s’installe peu à peu. J’aime cette sérénité et cette ambiance tranquille qui se dégage. Le chemin est boueux. J’avance tant bien que mal. J’arrive pour l’instant à tenir sur mes deux pieds. Je décide de ne pas faire de spécialités et suit au maximum le sentier en privilégiant l’herbe pour avoir un minimum d’accroche dans le terrain. Par jeu et je pense aussi par défi envers moi-même j’ai décidé de faire l’impasse sur les mini-crampons, qui m’aurait été d’un grand secours. J’arrive en vue du Gîte d’Allière et quand patatra, je me retrouve à glisser, comme dans un bon film comique sur une section de boue, je me rattrape sur une fesse et un bras sans me faire mal. Je rigole tout seul, car c’est impossible de se tenir sur deux pieds, j’avance tout seul sur presque 2 mètres avant de retrouver une zone où mes pieds tiennent à nouveau. Je respire un bon coup et sourit, car la situation est vraiment comique. Heureusement que la boue est bonne pour la peau ! J’avance avec prudence redoublée sur la suite du chemin, heureusement plutôt bien dégagé. Il est temps d’enclencher la frontale pour y voir un peu plus clair. Mes pieds glissent encore plus d’une fois. Le terrain est terriblement traître. Mais de toute manière je ressemble déjà à un demi golem de terre, je ne crois pas que cela puisse être pire. Je ne tombe toutefois pas ! Lorsque j’arrive près de la Fontaine Froide, ma frontale se met en mode secours avec un éclairage fortement diminué, mais suffisant pour avancer. J’attaque maintenant la dernière section qui m’avait aussi posé un problème à la montée. Je passe par l’autre côté et tente de rester aussi proche que possible de la forêt, là où c’est un peu moins boueux. Je me fais encore quelques frayeurs, mais je fini par arriver à mon point de départ sans encombre. Franchement, j’ai adoré cette sortie. Je pense que je reprends petit à petit confiance dans mes jambes et mon genou ce qui aide énormément. Je réalise qu’il me reste encore beaucoup de travail pour retrouver ma forme. Je vous partage quelques photos, j’espère qu’elles vous plairont et je me réjouis de lire vos commentaires. Sinon pour la technique : Distance : env 9.6 km Dénivelé : env 725m Durée : env 3h40 (selon suissemobile à pied en hiver) Difficulté : T2. Hormis les conditions du jours avec la boue et la nuit, il n’y a pas de réelles difficultés techniques. Le lien vers le parcours : https://map.schweizmobil.ch/?lang=fr&photos=yes&logo=yes&detours=yes&season=summer&bgLayer=pk&resolution=1.57&E=2579441&N=1169883&layers=Wanderland&trackId=746116986
La Berra depuis le parking du Brand (sortie du soir) needs route
Une montée vers la Berra par la crête, avec une vue dégagée et un sommet parfaitement calme et sans vent au coucher du soleil. Le retour de nuit par le Gîte d'Allières offre une ambiance tranquille, malgré la boue.