Le week-end passé, lorsque nous étions en été après ma sortie au Vanil du Van, nous avions décidé de faire une sortie un peu plus conséquente avec Blandine samedi. Vu la météo exceptionnellement belle et chaude et vu que je n’y étais encore jamais allé, elle m’a emmené aux Aiguilles de Baulmes et au Suchet en partant de Baulmes. Nous nous garons au pied des Aiguilles dans les hauts de Baulmes afin d’être près du départ. Nous commençons par longer la Baumine, un joli petit ruisseau. La montée relativement clémente nous permet de nous chauffer en douceur. Une fois la route traversée, nous suivons le balisage qui nous fait grimper sur un sentier. J’avance tranquillement. Je sens encore bien mes jambes de la sortie de hier. J’espère que ça passera plus tard, mais je sais que ça sera compliqué. Nous traversons une deuxième fois la route, puis nous passons sous les voies de chemin de fer, je ne m’étais pas rendu compte de tout ça au travers de la carte. La lumière est très belle, les fleurs sont magnifiques. Nous franchissons une zone moins arborisée et j’ai un aperçu sur la vue à couper le souffle de l’endroit. Je vous en parle plus en détail après. Je sais que cela n’en sera que plus impressionnant plus haut. Je suis vraiment enchanté et cela me donne un peu d’énergie pour assouvir ma curiosité d’arriver sur la crête. Nous passons plusieurs fois au travers d’un chemin gravillonné. Nous croisons plusieurs traileurs entrain de descendre à toute vitesse. Je me pose toujours la question s’ils ont un train à prendre ou alors s’ils sont pressés d’aller manger ? Plus haut, nous bifurquons sur la gauche sur l’embranchement balisé en blanc-rouge-blanc qui indique les Aiguilles de Baulmes. Ça commence à bien grimper. Je chauffe. Nous sommes bien contents d’être sous le couvert des arbres, ce qui fait que la température est supportable. Dans la dernière centaine de mètre de dénivelé, ça zigue et ça zague furieusement dans une belle pente. Puis nous arrivons au pied de la falaise. Le sentier passe au travers d’une vire assez impressionnante. Bien que large et sans risques, il ne faut pas être sensible au vide. Je n’aimerais pas non plus passer par là par temps humide. Puis d’un coup, nous nous retrouvons sur la crête. C’est une configuration assez extraordinaire : Nous sommes sur une espèce de haut plateau, une belle prairie bucolique en très léger dévers qui se termine abruptement d’un côté. Je ne peux pas continuer sans vous parler de la vue absolument unique sur le plateau, le Léman et toutes les Alpes, c’est tout simplement renversant. Bien qu’il y ait un léger voile qui empêche de prendre des photos hors du commun, c’est hypnotisant. Avec en ligne de mire le Mont-Blanc qui domine majestueusement tous les autres sommets. Les Dents-du-Midi paraissent minuscule à côté. On voit aussi très bien les Alpes Bernoises et mes Chères Préalpes Fribourgeoises dans le premier plan. Le plateau sous nos pieds, une sorte de magnifique couverture en patchwork complète le chef d’oeuvre. Bref c’est un paysage que je pourrais observer pendant des heures sans me lasser. Blandine m’arrache à cette vision et me rappelle qu’il nous reste quand même encore passablement de chemin à faire. Deux randonneuses entrain d’allumer un feu pour griller des saucisses nous rappelle qu’il est bientôt midi. Nous nous remettons donc en route. J’aligne un pas après l’autre sur cette crête avec l’envie de m’arrêter tous les deux mètres pour prendre une photo. A Quelques centaines de mètres se trouve une table d’orientation, ce qui me donne l’excuse de déclencher à loisir mon appareil. Depuis là, nous voyons aussi très bien notre deuxième destination : Le Suchet. J’ai presque oublié de vous parler des falaises où nous nous trouvons, car il n’y a pas que la vue sur les Alpes qui est belle, mais tout l’environnement. Nous nous baladons littéralement au bord de la falaise. Il y de magnifique jeu de couleurs entre le vert intense de la végétation, le gris très clair et lumineux des falaises, ainsi qu’un beau ciel : Le contraste est superbe. A mesure que nous progressons la vue s’ouvre encore un peu plus coté Lac de Neuchâtel. C’est plutôt intéressant de voir comme le panorama se modifie en longeant la crête. La montée est relativement douce, mais ne vous y tromper pas : une fois arrivé sur la crête, il reste encore du dénivelé à faire… Il y a plusieurs passages dans des forêts juste magiques, c’est vraiment un décor exceptionnel. J’avoue que je ne m’attendais pas à un endroit aussi beau avec une nature aussi belle et généreuse. Nous passons à côté de la Cave Noire, une petite grotte que nous n’irons pas explorer, le chemin est encore long et j’avoue que je fatigue déjà. Peu après, nous arrivons dans une nouvelle clairière avec un magnifique banc qui nous attends pour prendre notre pique-nique. C’est une pause bienvenue qui me permet de reprendre quelques forces. A notre remise en route, c’est compliqué. Je sens que je paye violemment ma sortie du jour précédent. Le sommet des Aiguilles n’est plus très loin. Je crois qu’à partir de ce moment-là c’est surtout le mental qui me fait avancer. J’avance très lentement, mais je continue à avancer. Nous voilà arrivé à la croix. Il y a quelques personnes çà et là. Une petite photo et nous repartons. Nous n’allons pas prendre le chemin officiel, mais un chemin non-balisé qui longe la crête et rejoins la vallée directement en-dessous. Même si je suis fatigué, je trouve cela bien plus ludique. La descente est assez forte, le terrain est un peu humide par endroit. Il s’agit donc de faire attention à chaque pas. Je ne fais pas encore confiance à mon genou, je dois y aller lentement. Je vois un petit chien arriver devant moi et je me dis que je le connais : oui c’est bien ça, nous croisons la route de Joska, Clo Butch et une de leur amie au milieu de nulle part, très loin de notre Verte Gruyère. Je trouve ça toujours rigolo de croiser des gens que l’on connaît littéralement au milieu de nulle part. C’est un bon prétexte pour discuter un peu (sous-entendre prendre une pause), avant de repartir de plus belle dans cette descente assez scabreuse. Le sol est très instable et il y a énormément de pierres qui glissent et roulent. Je vous déconseille fortement ce chemin si vous n’avez pas le pied sûr. Nous croisons pas mal de grimpeurs. Il y a énormément de voies d’escalade dans les parages. Cette descente me paraît interminable. Nous croisons les vestiges d’un fort militaire et de bunkers sur le chemin. On sent que la frontière n’est pas loin. Nous rejoignons enfin la route en contrebas. J’avoue que c’est compliqué, mais je continue à avancer, toujours avec le mental, mais c’est dur. Je suis content d’avoir un peu de plat. Nous suivons les panneaux qui nous emmène en direction de la Buvette de Grange Neuve. La vue sur les Aiguilles de Baulmes depuis en bas est aussi remarquable, j’aime ce changement. Nous passons encore près d’autres vestiges militaires. Je trouve cela toujours tellement fascinant. Voilà, ce qui devait arriver, arriva : le chemin monte à nouveau, d’abord tranquillement, puis de manière plus soutenue en direction du Suchet. C’est vraiment compliqué, Les courbatures dans les jambes, les pieds et dans le reste du corps me disent stop, mais je continue. De toute manière je n’ai pas le choix, nous nous sommes fixé un but. Nous décidons d’aller chacun à notre rythme pour arriver à la pyramide de triangulation du Suchet. Blandine prend rapidement de l’avance, elle a une forme incroyable. Pour ma part, je traîne, j’utilise la photographie comme prétexte pour m’arrêter plusieurs fois. Je finis par y arriver. Je la rejoins au sommet. Fourbu mais néanmoins content, même si je sais qu’il nous reste encore la descente … La vue est toujours aussi folle, bien que le point de vue soit légèrement différent. Dans tous les cas, je vous conseille de vous y rendre les yeux grands ouvert, c’est juste superbe. Il fait cependant très chaud et il n’y a quasi pas de vent. Nous faisons un court arrêt afin d’essayer de reprendre un peu d’énergie. Après un dernier regard sur ce panorama, nous amorçons la descente. Il nous reste encore quelques kilomètres et surtout un beau dénivelé négatif à faire. Le chemin n’est pas compliqué, c’est même très joli, nous traversons d’abord les prairies du sommet, avant de nous enfoncer dans la forêt. Il y a des passages un peu plus inclinés. Il faut bien regarder ses pieds, car il y a quelques pierres traîtres par-ci et par-là, mais il n’y a aucune difficulté technique. Cela fait un moment que le physique souffre, le mental commence aussi à donner des signes de faiblesses. Cette descente est vraiment très longue et monotone. Même si la forêt est belle et la lumière également, je n’ai plus cœur à prendre des photos. J’ai même rangé l’appareil dans le sac afin d’être concentré sur la descente. Mètre après mètre nous perdons de l’altitude. Le chemin longe l’arête du Suchet presque en ligne droite tout le long. Je pense que ça participe à ce coté monotone. Mon corps me dit d’arrêter, mais nous continuons. Au moment où je vois la route en contrebas, je sais que nous sommes presque au bout de nos peines. Je reste très concentré, car c’est en général à ce moment-là qu’on se fait mal. Juste avant d’arriver à la voiture nous discutons avec un habitant du coin qui a ramené pleins de fleurs de la Migros qu’ils allaient jeter, week-end oblige. Il nous offre un beau bouquet de fleurs. Quelle gentillesse et quelle magnifique manière de terminer une randonnée. Honnêtement, vous avez dû le deviner, je ne m’attendais pas à une aussi belle randonnée. Il y a une variété incroyable de paysage et le chemin est très beau. Je vous recommande cet endroit sans hésiter. C’est très proche de Lausanne en prime et niveau vue, c’est difficile de trouver mieux ! Il y a possibilité de faire pleins de variantes de parcours en prime. Je suis curieux d’avoir vos commentaires et vos expériences sur cet endroits. Sinon pour la technique : Distance : env 17 km Dénivelé : env 1350m Durée : env 6h50 (selon suissemobile à pied en hiver) Difficulté : T3. Dans la variante effectuée, il y a deux passages un peu plus technique : la montée sur le plateau des Aiguilles par le chemin de randonnée en montagne, où il faut passer par une vire assez vertigineuse. L’autre passage clé est la descente depuis le sommet des Aiguilles par la crête pour rejoindre les Praz : un pied sûr est indispensable, le terrain est très glissant et le chemin n’est pas officiellement balisé. Ces deux passages peuvent être évité, moyennent de faire un peu plus de distance auquel cas la difficulté sera limitée à un T2. Le lien vers le parcours : https://map.schweizmobil.ch/?lang=fr&photos=yes&logo=yes&detours=yes&season=summer&bgLayer=pk&resolution=2.06&E=2527298&N=1183603&trackId=1307947574&layers=Wanderland
Aiguilles de Baulmes et Suchet depuis Baulmes needs route
La crête des Aiguilles de Baulmes offre une vue exceptionnelle sur le Léman, le plateau et les Alpes, avec des falaises spectaculaires. Le parcours enchaîne ensuite forêts magiques et sommet du Suchet, pour une grande variété de paysages.