Le jour après notre belle et mystérieuse sortie au Beichle nous sommes encore dans la biosphère de l’Entlebuch. Nous avons opté pour une randonnée un peu plus courte afin de nous reposer un peu. Vu qu’il y avait encore passablement de neige en hauteur, nous avons choisi d’aller explorer le Schimberig qui culmine à 1817 mètres. Nous nous parquons juste après le chalet d’Under Gründli sur la route qui mène au col du Glaubenberg. Le ciel est magnifiquement bleu aujourd’hui. Avec un peu de chance nous devrions voir un peu plus loin qu’à vingt mètres. Nous voyons au-dessus de nous notre destination, la croix est bien visible. Elle paraît si proche et pourtant… Nous commençons par descendre une vingtaine de mètres avant de traverser la Grosse Entle, une des deux rivières d’où est tiré une partie du nom de la région. Là nous prenons sur la droite et nous nous engageons sur le chemin blanc-bleu qui ressemble pour l’instant à un joli chemin champêtre. Le sol est déjà beaucoup plus sec que hier, ce qui est agréable. Nous prenons doucement de l’altitude. Je me demande par où nous allons monter car la pente semble très raide et surtout il y a de belles parois rocheuses au-dessus de nous. Nous traversons une suite de prairie et de forêt où règne une magnifique ambiance. Un joli petit téléphérique rouge, ou plutôt un monte-charge, passe au-dessus de nos têtes. Nous arrivons plus près des rochers, la pente s’accentue. Il n’y a rien de difficile, mais le cardio est mis à contribution, la montée est régulière mais forte. A chaque zigue et zague, nous prenons de la hauteur. Nous sommes dans une belle forêt avec une superbe lumière. Nous croisons deux personnes sympathiques qui nous encourage à monter. Vu qu’elles n’ont pas de sac, j’en déduis que c’est elles qui ont dû faire fonctionner le monte-charge. Je vous l’avoue, j’ai souvent employé l’excuse de l’appareil photo pour m’arrêter. Je sens un peu mes jambes, mais ça va, je tiens le coup. Juste avant d’arriver au monte-charge, nous passons près d’une petite mare pleine de grenouilles qui ne bougent plus d’un cil dès qu’elles nous aperçoivent. Nous voilà presque à mi-hauteur, au sommet du monte-charge. La vue sur les montagnes grandiose et promet d’être encore plus à couper le souffle au-dessus. La prairie est assez humide par endroit, nous avançons en prenant soin d’avoir de bon appui pour ne pas glisser. Nous sommes à nouveau dans un endroit rempliede merveilleux et de fantastique sous le couvert de sapins tortueux. Le sentier est clôturé, non seulement pour empêcher les moutons qui doivent pâturer ici, mais aussi pour nous guider sur le chemin. Le précipice n’est pas loin et c’est impressionnant ! Vers les 1700 mètres, nous arrivons à un abri qui doit héberger des moutons ou des lamas (au vu de la hauteur des mangeoires). Oui il y a un élevage de lamas non loin de là et oui j’aime faire des suppositions. La température fraîchi. Quelques nuages viennent masquer le soleil par moment. Nous remontons maintenant un couloir. Il y a plusieurs variantes : L’une consiste à remonter sur l’épaule, un parcours un peu plus aérien et l’autre est une sente qui grimpe dans le couloir. Nous choisissons la facilité. Le vent forci et la température descend un peu. Nous ajoutons une couche. Au-dessus de nous il y a quelques névés qui sont heureusement évitable. Nous rejoignons l’épaule, c’est assez aérien. Un nuage nous happe en son sein. La visibilité diminue d’un coup très fortement. C’est impressionnant. Avec Blandine nous nous faisons en même temps la même réflexion : « Ah non pas encore du brouillard » tout en rigolant. Nous sommes maintenant au passage clé du parcours : Il faut sortir de l’épaule par la paroi rocheuse et descendre sur une dizaine de mètre. Ce n’est pas très compliqué, mais impressionnant et avec l’humidité il faut faire d’autant plus attention de ne pas glisser. Le marquage en blanc-bleu est sûrement dû à ce passage. Heureusement il n’y a plus de neige. Le soleil revient par intermittence. La crête au-loin joue à cache-cache. Nous avançons d’un bon pas sur le chemin presque à plat. Nous passons au travers d’un petit pierrier, puis évitement d’un névé et nous voilà sur la crête sommitale. C’est magnifique, même si pour l’instant c’est un peu bouché. Nous arrivons rapidement au triangle sommital. Je suis toujours impressionné par ces triangles qui ont servi de référence trigonométrique pour l’élaboration de la Carte Dufour il y a plus de 150 ans. La vue est toujours bouchée, mais heureusement un banc nous tend les bras. Nous en profitons donc pour prendre une belle pause. Notre but de la journée est atteint. Nous avons de la chance, car le panorama se dégage quelque peu, nous n’avons pas une vision parfaite des Alpes Bernoises, mais au moins quelques bribes. C’est tout simplement superbe. La vue est à 360 degrés. En ouvrant la boîte de la croix, il n’y a malheureusement pas de livre pour y laisser une griffe pour l’instant, dommage ! Nous profitons encore un moment à regarder les nuages danser, puis nous nous remettons en route. Nous avons fait une très grande partie du dénivelé, mais il nous reste toutefois quelques kilomètres pour retourner à notre point de départ. Le sentier est maintenant balisé en blanc-rouge, il est très agréable. Nous longeons le sommet et nous perdons rapidement de l’altitude. Le panorama sur Fürstei et Schafmatt est fascinant et surtout changeant. Par moment nous pouvons voir jusqu’au Schratteflue encore malheureusement très enneigé. Il y a quelques sapins çà et là pour trancher dans la prairie, c’est vraiment très varié. Nous arrivons assez rapidement à Ober Loegg. Le sol est beaucoup plus humide. Nous passons à côté d’une autre croix et nous suivons le chemin presque plat qui longe la paroi. La lumière est magnifique, même si le soleil est de temps en temps caché dans les nuages. Nous arrivons dans la région marécageuse du Toregg. Nous devons jongler pour garder les pieds au sec. Nous sommes contents d’avoir des chaussures hautes (et étanche) aux pieds. Arrivé au point 1486, nous voyons au-dessus de nous une télécabine solitaire posée au milieu de nulle part. Bien que nous devrions amorcer la descente, notre curiosité l’emporte et grimpons les quelques mètres qui nous sépare de ce petit abri qui offre une vue magnifique sur le Schimberig, qui paraît loin, très loin. Après ce petit intermède, nous reprenons la descente et passons dans une région très humide pour bifurquer sur un autre sentier près du chalet au point 1449. Bien que nous soyons sur un chemin carrossable, l’ambiance est plutôt sauvage. Nous avons l’impression d’être au milieu de nul part. Il y a plusieurs passages à gué. A la bifurcation nous devons passer par une sente assez folklorique : Je ne sais pas s’il s’agit d’un chemin boueux ou d’une rivière. Nous tentons d’être créatif pour ne pas finir les quatre fers en l’air. Nous traversons maintenant une longue succession de zones marécageuses et de forêt, tout en suivant les contreforts de la Grosse Entle. On peut clairement voir l’impressionnant travail d’érosion que fait l’eau en contrebas. L’endroit est magnifique et parfaitement humide. Nous sommes heureux d’arriver vers Vorder Tor au point 1322 où nous retrouvons avec plaisir un large chemin et surtout sec, avec en prime un joli panorama qui s’ouvre sur la vallée. Les deux derniers kilomètres ne présentent aucune difficulté, mais me paraissent interminable. Je fatigue sérieusement. Je suis content de franchir à nouveau la rivière. Nous grimpons les vingt derniers mètres et retrouvons la voiture avec une grande satisfaction non dissimulée. Nous avons décidé de retourner à notre base sur Flühli en prenant la route panoramique qui passe par le Sarnersee et Sörenberg. Une belle expérience. Encore une magnifique journée dans l’Entlebuch. C’est une randonnée vraiment sympa que nous avons bien appréciée et qui offre un parcours varié et une vue incroyable ! Si vous êtes dans les parages, n’hésitez pas ! Dans tous les cas, n’hésitez pas à mettre un commentaire pour me dire ce que vous en avez pensé. Sinon pour la technique : Distance : env 12.2km Dénivelé : env 950m Durée : env 5h (selon suissemobile à pied en été) Difficulté : T3+. La montée au Schimberig est assez raide. Il y a un passage clé juste avant le sommet juste après le point 1754, où il faut descendre dans la paroi. Le reste de la randonnée se fait sans soucis techniques. Le lien vers le parcours : https://map.schweizmobil.ch/?lang=fr&photos=yes&logo=yes&detours=yes&season=summer&bgLayer=pk&resolution=1.5&E=2651291&N=1197611&layers=Wanderland&trackId=261130042
Schimberig depuis Under Gründli (boucle par Ober Loegg et Vorder Tor) needs route
Une randonnée variée qui passe par une forêt sauvage, un monte-charge original et une crête sommitale avec un triangle géodésique et une vue à 360 degrés. Le passage clé dans la paroi rend la montée plus engagée, mais le retour par les zones marécageuses et le large chemin offre de belles perspectives.