Au cœur de l’été, peu après ma sortie à la Dent de Broc, j’ai eu la chance de pouvoir profiter d’un aller-retour à Glacier 3000 ! L’idée de base, c'est d’aller explorer la cabane de Prarochet que j’avais envie de visiter depuis bien longtemps. Finalement, il y a eu des extras... C’est donc en début d’après-midi que j’arrive au Col du Pillon pour prendre le téléphérique qui va m’emmener au sommet avec tous les touristes. Oui, pour une fois, je ne commence pas la randonnée en bas, mais plutôt en haut. Une fois au sommet, je commence par admirer ce paysage toujours aussi incroyable. À la fois majestueux et désolé, avec la Becca d’Audon en face de moi. Je prends le télésiège qui m'emmène directement sur le glacier. Flemmard un jour, flemmard toujours ! La météo est merveilleuse, quelques nuages pour ponctuer le ciel, une température idéale. Je suis tellement content d’être ici. Je me mets en chemin, non sans un grand pincement au cœur en voyant ce qu’il reste du glacier du Sex Rouge et sa terrible couleur brunâtre et grise. Tout fond comme peau de chagrin. Je prends rapidement pied sur le col de Zanfleuron, qui était encore recouvert par la neige et la glace il y a quelques années. J'en profite pour admirer la Becca d’Audon de profil. Cette montagne est impressionnante. Elle est d’ailleurs aussi sur ma liste, mais ça ne sera pas pour aujourd’hui. Je passe maintenant sur le glacier de Zanfleuron, bien plus impressionnant, mais qui se réduit néanmoins d’année en année. La glace craque sous mes pieds, ce qui me permet de progresser facilement et rapidement. J’adore ce bruit. C’est presque à plat. Je traverse quelques petits ruisseaux de fonte. Par endroits, il y a un peu de gymkhana pour trouver le passage le moins humide. Le refuge de l’Espace est en vue. Je viens de réaliser qu’il n’y a presque plus personne. J’ai repris pied sur la roche, c’est agréable. La vue sur la Tour St-Martin, plus communément appelée la Quille du Diable, est toujours aussi étonnante. À mes pieds, j’ai maintenant une énorme étendue de lapias, un désert aride de roches et de caillasse. Je vais devoir y trouver mon chemin pour rejoindre la cabane de Prarochet. Elle semble si proche et si loin à la fois. C’est parti, j’aime cette sensation quand la roche croche parfaitement, que les pieds sont calés. Une progression rapide est quasi impossible ici. Il y a des cairns et quelques marques rouges, mais il y a des endroits où l’on se perd un peu. Mon âme d’enfant se réveille, j'adore : on dirait un jeu de piste. Il faut trouver le cheminement idéal entre les crevasses de pierres, les parois rocheuses ou les petites désescalades. Il faut rester attentif et entièrement concentré. J’ai dû rebrousser chemin quelques fois, mais je progresse à une très bonne allure. C’est tellement agréable d’être seul au milieu de cette immensité. Un vrai bonheur ! Une fois dans cette zone, chaque pierre prend des proportions gigantesques. Cela me fait penser à la progression sur un glacier, qui ne semble jamais très grand tant qu’on n'est pas dessus. J’arrive en vue de la cabane. Encore quelques montagnes russes et me voilà arrivé ! Il y a du monde ici. J'en profite pour prendre une petite part de gâteau et une boisson pour reprendre quelques forces. Le temps file malheureusement trop vite, je dois me remettre en route, ce qui, en fait, me plaît énormément, car je vais me promener en solitaire à nouveau dans cette immensité rocheuse. La vue au retour est différente, l’ambiance aussi, j’adore. Un petit vent un peu plus frais se lève et un ou deux nuages viennent recouvrir les rayons du soleil qui me chauffaient. J’ajoute une petite couche et continue mon chemin. Je reconnais certains passages, mais pas d’autres. Impossible de prendre le même itinéraire, même si les passages clés sont identiques. Me revoilà au refuge de l’Espace. Toujours seul. Je vais un moment sur la terrasse du refuge, qui offre une vue exceptionnelle sur le versant valaisan. C’est à couper le souffle ! J’adore la lumière et je mesure ma chance que l’endroit soit fermé, c’est tellement plus agréable. Un touriste français me rejoint, on papote quelques minutes, puis je me remets en route. Je ne repars pas tout de suite vers le glacier, mais je me dirige en direction du Dôme. J’hésite longuement à me faufiler à travers la caillasse pour l’atteindre, car, oui, la vue est incroyable depuis là-bas en haut. J’avance encore un peu, mais je change d’avis. Je sais que ce genre de zone de caillasse est trompeuse. On peut vite y perdre beaucoup de temps. Je décide donc de couper et de rejoindre le glacier de Zanfleuron et l’itinéraire normal. Il n’y a plus personne ! Quel changement par rapport au début d’après-midi. C’est quand même une sensation étrange de se retrouver dans cette immensité de glace, entièrement seul. J’adore, l’aventure prend une tout autre saveur. Je me sens privilégié de pouvoir en profiter. Avant d’arriver au col de Zanfleuron, je bifurque sur la gauche pour contourner un lac glaciaire et rejoindre le col de Prapio. Oui, j’ai décidé que j’irai quand même faire un tour au Dôme. Je devrais avoir le temps avant le coucher du soleil ! J’ai à nouveau cette impression d’être sur la Lune, c’est absolument magnifique. Tout est plus vallonné. J’ai un joli coup d'œil sur les restes du glacier de Prapio, car oui, il n’en reste vraiment plus grand-chose. Mon corps accuse la fatigue des derniers jours. J’avance lentement, émerveillé à chaque pas par le panorama et la lumière exceptionnelle. Le chemin est bien balisé. Il n’y a donc pas de place au doute quant à la progression. Me voilà arrivé au Dôme à 2 995 m. La vue sur le glacier des Diablerets est toujours aussi esthétique. J’en profite pour me poser un moment sur le banc de pierre qui s’y trouve. Je surveille l’heure, car j’aimerais être de retour à Glacier 3000 avant que le soleil ne soit couché. Il est temps de repartir. C’est quand même plus simple à la descente. Je suis obligé de m’arrêter plusieurs fois, car je suis saisi par les émotions et l’ineffable beauté du lieu. Je finis par arriver à nouveau au col de Prapio et fais un retour à la civilisation qui n’est jamais simple. La montée vers la station d’arrivée me permet de m’adapter doucement. Mon énergie est au plus bas, j’avance donc lentement, non sans regarder à chaque pas cette vue absolument dingue. Voilà, je suis à l’arrivée du télésiège, encore quelques escaliers pour aller jusqu’à la passerelle. Je ne suis pas seul, mais ce n’est pas grave. La vue avec le soleil couchant est dingue ! J’en profite pour prendre quelques images où cette lumière rasante sublime la passerelle. Une fois le soleil couché, je profite encore un moment des couleurs incroyables qui s’estompent peu à peu. Il ne me reste plus qu’à rentrer, des étoiles plein les yeux et heureux d’avoir fait un tour dans un autre monde pendant quelques heures… Êtes-vous déjà venu l’été ? Quelles sont vos trois images préférées ? Sinon, pour la technique : Distance : env. 14.7 km Dénivelé : env. 870 m en montée et 722m en descente Durée : env. 5h00 (selon SuisseMobile en été) Difficulté : T3-. Le balisage direction Prarochet n’est pas toujours évident. Il est nécessaire de savoir bien s’orienter dans le terrain. Un pied sûr est important pour progresser normalement sur les lapias. Lien vers le parcours : https://schweizmobil.ch/fr/tour/1247296961?layers=trackLayer%2Cwanderland%2Cslope&E=2583129&N=1129685&resolution=2.44&bgLayer=pk&detours=yes&shooting=yes&logos=yes&photos=yes&season=summer
Glacier 3000 – Cabane de Prarochet par le glacier de Zanfleuron needs route
Une traversée spectaculaire des glaciers de Zanfleuron et des lapiaz jusqu'à la cabane de Prarochet, avec un retour en boucle par le Dôme. Le cheminement sans balisage évident sur les lapiaz donne un sentiment d'aventure et de solitude au milieu d'un paysage lunaire.