Bergseehütte – Jour 2. Au beau milieu de la nuit à la Bergseehütte, je me lève pour profiter un instant de l’incroyable vue sur notre Voie lactée. C’est un moment merveilleux. Ce qui m’étonne le plus, c’est qu’il fait encore presque chaud à 2 370 m ! Après quelques photos, je vais me recoucher pour me réveiller peu avant le lever du soleil. Si je suis là, autant en profiter… Je ne suis pas le premier levé. Il y a aussi des grimpeurs qui sont partis bien plus tôt. L’aube pointe à peine le bout de son nez. Je m’éloigne un peu de la cabane pour profiter de ces instants de solitude. La clarté augmente, les sommets au loin s’illuminent. En direction de l’est, la luminosité est de plus en plus forte. La nature prend vie et, d’un coup, le premier rayon perce le ciel pour m’atteindre. C’est absolument merveilleux. Je profite longuement de cet instant extraordinaire, puis je vais rejoindre Blandine et mon Pti Gars pour le petit déjeuner. Le plan du jour : aller faire la via ferrata Krokodil près de la cabane, puis nous diriger vers le Bergseeschijen avant de redescendre à Göscheneralp pour la suite de notre périple. Blandine nous accompagne au départ de la via ferrata, mais fera l’impasse : sa cheville n’est pas remise et elle préfère se réserver pour la suite. Nous nous équipons rapidement et nous nous élançons juste avant un groupe de quatre personnes, parfait. Nous n’aurons pas besoin de les dépasser. Je suis surpris, il y a peu de ferraille, mais beaucoup de rocher, ce qui est très agréable. Nous prenons beaucoup de plaisir. Les coups d’œil sont exceptionnels. Notre ligne de vie croise des grimpeurs sur la fin d’une longue voie. Nous discutons deux minutes et repartons. C’est vraiment ludique et varié, avec surtout une ambiance très alpine, c’est génial. Nous arrivons rapidement au clou de l’expérience, un joli pont de singe qui offre un super point de vue. Une fois le parcours terminé, nous retournons à la cabane retrouver Blandine. Après une pause boisson, nous voilà repartis, avec pour objectif l'ascension du Bergseeschijen. Nous partons par un gros pierrier pour rejoindre le col coté 2 599 m. Le passage du pierrier prends du temps, on saute d’une pierre à une autre, c’est très sympa. Je perds l’équilibre à un endroit, heureusement sans gravité, mais le cache de mon appareil photo va se loger dans les pierres. J’avais déjà fait une croix dessus quand mon Pti Gars plonge ses mains agiles et parvient à le retrouver, quelle chance ! Peu après, il fait à son tour une petite chute. Il se fait un peu mal à la main, mais heureusement, plus de peur que de mal. Une fois sur le sentier balisé en bleu-blanc, ça commence à grimper. Vu d’en bas, je me demande vraiment par où on va passer pour atteindre le col. Arrivés au pied d’une paroi, nous découvrons quelques échelons et une ligne de vie : c’est visiblement par ici que cela se passe. C’est vraiment super impressionnant. Après les échelons, la sente longe la paroi. Il y a des passages grimpants, puis nous finissons par rejoindre le col. Je dois dire que je ne m’attendais pas à un tel niveau de difficulté, et je suis bien content d’avoir mon matériel de via ferrata dans le sac ; nous pourrons en profiter pour nous assurer sur la ligne de vie. Après le col, le terrain n’est pas plus facile. Nous hésitons sur l’itinéraire, plusieurs choix s’offrent à nous. Nous faisons une première tentative sur l’arête : le début est bon, mais très vite, cela devient très corsé avec un passage sur une dalle fortement inclinée qui ne nous inspire pas confiance. Nous rebroussons chemin et prenons une autre sente qui nous fait descendre un peu avant de remonter dans la caillasse. C’est bon, ça passe. Il faut vraiment bien évaluer chaque pas, l’itinéraire n’est pas simple. Nous prenons un peu d’altitude et finissons par arriver à une espèce de haut plateau. Il reste encore un peu de dénivelé pour atteindre le sommet, mais entre la forme de chacun et la difficulté, il nous faudrait trop de temps et d’énergie pour y parvenir. Nous préférons faire une pause ici avant de redescendre. Le panorama est absolument incroyable et sauvage. Des promesses de randonnées et de sommets partout, l’endroit est vraiment dingue. On y retournera, c’est certain ! Une fois requinqués, nous amorçons le retour. Nous descendons avec prudence et assurance. Heureusement, tout se passe bien. Nous sommes en vue du col. Puisque nous avons le matériel, nous nous équipons de nos baudriers et de nos longes. Je suis surpris car, au moment de rejoindre la ligne de vie, je vois deux autres personnes aussi équipées d’une longe. Je me dis que l’idée est donc plutôt bonne. C’est la première fois que cela m’arrive sur un itinéraire alpin, mais cela rassure beaucoup. La descente jusqu’au pied de la paroi se passe sans encombre et sans stress. Nous descendons maintenant l’énorme pierrier, d’abord sur l’itinéraire alpin, puis plus bas, sur l’itinéraire de montagne. Nous prenons le chemin qui redescend directement vers Göscheneralp sans repasser par la cabane. Nous sommes tous fatigués et la descente est pénible. Heureusement, une fois le pierrier terminé, le chemin est vraiment simple et ne présente plus aucun piège. Chaque pas est difficile, mais nous finissons par y arriver. Bien que nous soyons à presque 1 750 m d'altitude, la chaleur reste écrasante. Néanmoins, nous sommes vraiment heureux d’avoir découvert une toute petite partie de cet incroyable canton d’Uri, rempli de contes et de légendes et surtout d’une nature sauvage exceptionnelle. Nous y reviendrons. Ce soir, nous partons dormir au col de l’Oberalp. Un autre endroit mythique… Quelle est votre image préférée ? Connaissez-vous cet endroit ? J’ai hâte d’avoir vos retours ! Sinon, pour la technique : Distance : env. 7 km Dénivelé : env. 640 m en montée et 1200 m en descente Durée : env. 4h00 (selon SuisseMobile en été) Difficulté : T2/T4+/K3 suivant la variante. La via ferrata facultative (krokodil) est notée K3, il y a un joli caractère alpin avec un joli pont de singe. La montée en direction de Bergseeschijen est un T4+, le passage au col est très exposé. Les longes de via ferrata ne sont pas un luxe. Sinon beaucoup de passages en pierrier. Si l’on se contente de la descente depuis la cabane, le sentier ne présente pas de difficultés majeures. Lien vers le parcours : https://schweizmobil.ch/fr/tour/1850071497?layers=trackLayer%2Cwanderland&E=2680648&N=1167787&resolution=2.60&bgLayer=pk&detours=yes&shooting=yes&logos=yes&photos=yes&season=summer
Bergseehütte – Bergseeschijen via Krokodil via ferrata, Göscheneralp needs route
Le lever de soleil depuis la Bergseehütte, puis une via ferrata Krokodil avec un joli pont de singe. L'ascension du Bergseeschijen offre un panorama sauvage et une ambiance très alpine.