La course des superlatifs : Sierre – Zinal needs route

Une course de montagne au parcours très varié, en forêt puis en crête, avec la vue sur les cinq 4000 et des sentiers magnifiques. L'ambiance solidaire et festive, de la navette de départ jusqu'à l'arrivée à Zinal, en fait une expérience intense.

route 1 days (claimed) Aug

Sierre · Zinal · Saint-Antoine · Beauregard · Ponchette · Chandolin · Tignousa · Weisshorn · Nava · Barneuza

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Sources

Entre toutes mes publications en retard, j’avais envie de vous partager mon défi de 2024 qui s’est déroulé ce samedi, le

fb · Daniel Borloz · 2024-08-12 · open original

Entre toutes mes publications en retard, j’avais envie de vous partager mon défi de 2024 qui s’est déroulé ce samedi, le 10 Août : La course des superlatifs, Sierre – Zinal. Je suis tiraillé depuis samedi entre simplement vous partager un « C’est fait !» et vous en raconter un peu plus…. Si vous n’aimez pas lire, arrêtez-vous là. Car je suis un peu anxieux et en même temps je ressens le besoin de coucher par écrit ce que j’ai vécu de manière assez intime. Ce samedi nous sommes donc parti vers 4h45 de l’endroit où nous logions, car oui nous étions en groupe avec Blandine, Marc et Eric (ils se reconnaîtrons) pour nous parquer à Sierre et prendre la navette qui nous amène au lieu du départ où nous devions retrouver un cinquième membres de notre petite équipe, Roland qui est déjà sur place. J’ai mal au ventre depuis le soir précédent, mais de toute manière, pas le choix, je ne peux pas reculer. C’est un mélange assez spécial entre résignation, curiosité, l’envie d’aller de l’avant et aussi un peu de stress je l’avoue. Une fois arrivé dans l’aire de départ, nous déposons nos sacs qui seront amené en camion à Zinal. Il reste encore une vingtaine de minutes. Les animateurs sont chaud bouillants, l’ambiance est vraiment très bon enfant. Je suis maintenant complétement dans le moment présent, je ne pense plus à la réussite, à l’échec, au stress et à tout le reste. Le bloc 5 est parti ! C’est à notre tour, nous avançons vers la ligne de départ, nous nous retrouvons à quelques mètres, il y a une foule énorme derrière nous, c’est impressionnant de voir tous ces participants. Nous sommes le bloc 6 : les touristes des touristes, ceux qui ont misé sur le plus mauvais temps, mais nous sommes tous ici pour y arriver, simplement. Les animateurs nous chauffent et nous font rire… et Paf !!!! D’un coup ça part, personne ne comprend rien sur ce qui s’est passé et nous partons tous avec deux minutes d’avance. Une sorte de faux départ : les premiers hésitent, les animateurs sont aussi surpris que nous et bon, tout le monde rigole, bah on est les touristes de toute manière et c’est parti ! Je suis maintenant dans ma bulle, je me décide de passer par Saint-Antoine, je ne cours pas vraiment et je sais que je peux monter, c’est ma meilleure option. Je suis rassuré, tout le monde se met à marcher. Je suis le mouvement. J’essaye de prendre petit à petit un rythme. Quelques personnes me dépassent. Je me surprends à dépasser d’autres participants. Je trouve un groupe qui me convient je les suis. Je rigole quand je remarque que cette montée par Saint-Antoine est en fait un chemin de croix. J’avance, toutes nos dernières sorties en haute altitude me permettent d’avoir un bon souffle. Je trouve fascinant comme par moment je me retrouve seul, jusqu’à ce que je me fasse dépasser ou que je dépasse. On entend plus haut une cloche sonner à intervalle régulier. A mon tour, j’arrive à la Chapelle de Saint-Antoine, je fais aussi sonner la cloche. Il y a un petit côté jouissif. Un peu plus haut, la pente s’adouci et le chemin s’élargi, certains se mettent à courir. Je tente de garder le même rythme, mais simplement allonger la foulée. Nous voilà à Beauregard, au premier ravitaillement, accueilli par le sourire incroyable des Bénévoles qui sont là. J’y retrouve Blandine et Marc. Ils se remettent en route avant moi. Mon ventre me fait des misères, je bois ce que je peux et je prends une demi-barre énergétique. Je garde l’autre moitié sur moi et me voilà reparti. Ça grimpe à nouveau très fort par moment, c’est impressionnant et étonnant de se retrouver entouré de tant de personnes et tout ça dans le silence, entrecoupé par les respirations plus ou moins fortes. Il y a quelque chose de méditatif. Les gens gardent quand même le sourire, il y a parfois une courte conversation où prennent part quelques coureurs. Une comparaison du dénivelé parcouru sur les différentes montres GPS, les gens rigolent et le silence revient. Il fait encore une température agréable. Jusqu’ici nous étions à 100% dans l’ombre, le soleil est maintenant bien levé et les premiers rayons de soleils pénètrent dans la forêt. Avec la poussière que nous soulevons, cela ferait de merveilleuses images, mais je m’abstiens. Je suis toujours dans le présent, sans penser ni à l’avant, ni à l’après. Il y a un petit panneau qui indique le seul endroit où l’on voit les cinq 4000m d’un même coup d’œil, c’est superbe, les sommets sont dorés. Je ne veux pas me déconcentrer pour prendre une phot, mais j’en garde un souvenir fort. La pente s’adoucit à nouveau. Il y a même une légère descente. J’arrive sur Ponchette. C’est un mélange entre « enfin » et « déjà » ! Je comprends le coté course, car maintenant que nous sommes plutôt dans un faux plat, les gens se remettent à courir. Pour ma part, je trotte un peu, mais je préfère prendre un rythme de marche rapide. Il reste encore beaucoup de chemin à faire. Le chemin descend à nouveau, je me mets à courir un peu, tout se passe bien. Je dépasse Blandine et je me retrouve à Chandolin sous les encouragements du public. Nous avons fait 47% du parcours d’après les estimations ! Mon estomac ne me laisse pas tranquille, mais je continue à me forcer à boire et à manger au moins un carré de chocolat et un morceau de banane. J’alterne entre de l’eau, des électrolytes et du bouillon. Il y a la possibilité de se faire masser les jambes, mais je décide de continuer. Blandine est repartie avant moi. C’est parti pour une enfilade de montée et de petites descentes. Je dois dire que les sentiers que nous avons pris jusqu’ici sont absolument magnifiques. Je ne m’attendais pas à ce que le parcours soit aussi beau. Dans la dernière montée pour arriver sur Tignousa, je sens que mes mollets sont de plus en plus raides. J’arrive à éviter la crampe de justesse. Il y a un petit sprint avant d’arriver au prochain ravitaillement. Je n’ai pas la force de courir. Le public me soutien, c’est une belle sensation étrange. Je cours sur les derniers mètres jusqu’au ravitaillement. Et me voilà à Tignousa. Je suis bien fatigué et réalise qu’il reste encore beaucoup de kilomètres, bien qu’une grosse partie du dénivelé soit déjà avalé. Je décide de prendre 5 minutes pour me faire masser les jambes. J’ai besoin de ce petit moment de plaisir et de détente pour ne pas continuer dans la souffrance. Je me remets en route avec le sourire et avec l’impression d’avoir été privilégié avec ce petit moment pour moi. Je tente de trotter, mais je réalise que ce n’est pas possible. Je n’ai plus l’énergie pour et je pense que dans la seconde qui suit, mon cerveau décide qu’à partir de maintenant je serais en randonnée rapide. Je ne cherche plus à courir, mais simplement à garder la même cadence et à moduler la longueur de ma foulée en fonction du terrain. J’appréhende un peu cette montée sur le Weisshorn. Il y a du soleil par moment, mais heureusement je ne souffre pas de la chaleur, il y a un petit vent alpin assez frais et agréable. Je ralentis sur la montée. J’aborde le virage gruérien, magnifiquement décoré et avec une belle ambiance. Et me voilà au Weisshorn. Je commence à réaliser que je peux arriver au bout de la course, bien qu’il reste encore 10 kilomètres. Je décide à nouveau de prendre quelques minutes pour me refaire masser les jambes, quel luxe ! Mes douleurs d’estomac au moins n’empirent pas. Jusqu’ici j’avais assez bien le parcours dans la tête, mais à partir de là, j’ai moins étudié le chemin. Je sais qu’il y a encore une petite montée et un peu de plat avant de redescendre mais c’est assez flou. Je sers les dents à la montée et surtout je ralentis. Les premiers coureurs juniors qui sont partis depuis Chandolin me dépassent. Ils sont impressionnants et surtout super gentils. Parfois c’est d’autres participants qui crient « attention junior », d’autres fois on entends un « gauche » et souvent, surtout les plus jeunes, crient un grand « merci » tout en continuant à courir. J’en profite pour les encourager, tout en avançant. C’est vraiment une course où bien que tout le monde court pour soit, il y a un sentiment d’entraide et de communion. J’arrive en vue de Nava, un petit ravitaillement parfait avec de quoi s’hydrater. Il ne reste maintenant plus « que » la descente, enfin presque… Le terrain descend. Je croise Roland qui semble encore plus fatigué que moi, je reste à sa hauteur. On se soutiens mutuellement jusqu’à Barneuza. Je profite encore une fois pour me faire masser les jambes, oui oui je sais, du luxe, mais un luxe nécessaire pour mon esprit et mon corps. Il ne reste plus que 4 kilomètres. J’ai quelques remontées d’émotions en réalisant que je vais probablement arriver au bout. Il y a de plus en plus de monde au bord du chemin qui nous soutient. La pente s’incline. Le dernier massage m’a fait du bien, je remarque que trottiner en descente est bien plus agréable. La descente se fait maintenant dans un chemin de terre et de grosse pierre dans la forêt. J'ai confiance dans mes pieds, j'arrive à être assez rapide, je prends même du plaisir. Il y a encore un peu de plat, une petite remontée, j’entends une personne jurer derrière moi, je souris, car j’ai pensé exactement la même chose en voyant cette petite montée. Ça redescend. Je me mets à calculer un peu. Je devrais soit arriver en même temps que les élites, qui eux sont parti à 11 heures du matin, soit un peu après. Les mètres sont avalés un par un. Physiquement je suis vraiment au bout et mentalement ça devient difficile aussi. J’ai presque les larmes aux yeux quand je vois une montée devant moi, avec pleins de gens qui m’encouragent. J’entends même un Daniel, quelqu’un doit me connaître (car seul les noms de famille sont inscrits sur le dossard), pas le temps de voir qui c’est. Je reste centré sur moi et l’effort à produire. Je traverse un tunnel rafraîchissant, ça fait un bien fou. Je sais que l’arrivée n’est plus très loin, mais chaque mètre me coûte. Je continue à avancer comme je peux. Quand j’entame la dernière descente, j’entends la fille de Blandine, Claire, me soutenir à pleins poumons. J’en ai à nouveau presque les larmes et même si je n’en peux plus j’avance. Me voilà sur le goudron. Le public est absolument incroyable. Il n’y a personne devant et derrière. J’ai droit à une arrivée royale. J’ai tout le public rien que pour moi. Je dois me retenir de ne pas pleurer, je continue, pas après pas, aussi vite que je peux, mais je n’arrive pas encore à courir. 400 mètres… Le public me redonne un peu d’énergie, c’est fou. J’entends mon nom dans les hauts parleur (ou alors c’est une hallucination). C’est quelque chose d’indescriptible. Avoir l’impression d’être une star, avoir les enfants qui tendent leur main pour que je tape dedans. Je me remets à trotter comme je peux. La foule est vraiment hystérique. Les bénévoles me guident sur la droite de la route, les élites arrivent. J’avance. Je dépasse Bouky, la mascotte, qui m’encourage et harangue les foules. Et je passe la ligne d’arrivée. On me passe la médaille autour du cou. Beaucoup de gens sont amassés à l’arrivée. Kilian sera là dans moins d’une minute ! Je me concentre simplement à souffler et surtout à boire et reprendre mes esprits. Je vois quand même Kilian arriver et battre son propre record ! Un moment historique et surtout le plus beau : le voir se retourner et accueillir Philemon Kiriago dans ses bras, une seconde et demi après-lui avant qu’ils s’effondrent les deux pour reprendre leurs esprits. Pour ma part, je dois m’asseoir sur un banc et il me faut un long moment avant d’émerger de cette bulle dans laquelle j’étais et surtout de reprendre suffisamment d’énergie pour réussir à me relever. Même si le jours de la course, je ne me suis pas posé de question sur le fait de réussir ou pas, j’ai eu énormément de moment de gros doutes ces derniers mois. J’ai dû me forcer à commencer à écrire ce texte pour essayer en même temps de « digérer » ou plutôt réaliser que je l’avais fait. C’est une expérience vraiment unique et intense. Un défi envers moi-même. Je pense à ma blessure au genou faite il y a 20 mois en arrière où j’ai réapprendre à marcher et à repartir de zéro. Et sinon que dire de l’organisation. Une ambiance joyeuse et festive, des gens souriants partout, des encouragements et des bravos qui pleuvent de partout. C’est vraiment quelque chose à vivre une fois et cette arrivée au meilleur moment, complétement dingue ! Merci à Blandine qui m’a proposé ce défi et à son soutien indéfectible, même dans mes moments de doutes. Merci à ma famille, mes amis et à toutes les personnes qui m’ont suivi, encouragé, proposé leur aide, donné leurs conseils ou simplement rassuré par leur bienveillance.

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Good months