Tracuit – première partie Le week-end après nos vacances à Zermatt un nouveau défi avec Blandine et un troisième comparse, Eric, nous attends : Le Bishorn en partant de Tracuit. Mais avant cela laissez-moi raconter dans cette première partie la randonnée jusqu’à la cabane de Tracuit qui représente en soit déjà un joli but de randonnée. Nous voilà arrivé sur le parking de la Tsoucdanna, à Zinal, au fond du Val d’Anniviers. Nos sacs sont très lourds aujourd’hui : Ils contiennent des habits chauds, une paire de crampons, un piolet, et pour ma part les chaussures d’alpinisme. Les deux autres préférerons mettre les chaussures de trails dans le sac. Je privilégie le confort. Nous allons aussi devoir nous partager le portage de la corde qui pèse quand même 2.7 kilos… Je reste raisonnable. Pour une fois, un peu à contrecoeur, mais réaliste, je fais l’impasse sur mon téléobjectif d’un kilo et demi ! C’est Blandine qui porte en premier la corde et nous voilà parti. Le chemin ne va monter qu’une fois. Cela commence doucement. Nous traversons une magnifique petite forêt avec de superbes mélèzes. Les sommets en face, ont tous revêtu un petit nuage comme couvre-chef. En sortant de la petite forêt, nous passons et repassons sur le Torrent de Tracuit qui a plutôt l’air d’un petit ruisseau tranquille en ce moment. Il y a toutefois quelques stigmates de ses débordements. Le sentier s’incline un peu plus. Nous ralentissons et prenons notre temps. C’est l’avantage de rester en haut ce soir. Nous avons suffisamment de temps ! Arrivé à 2000m nous passons près de la croix de Tracuit. Peu après avoir passé un minuscule hameau de chalets, nous prenons une première pause. Je récupère la corde sur mon sac. Entre mes chaussures d’alpinisme qui déborde de chaque côté de mon sac et la corde, le résultat est massif. Nous avons la chance d’être encore à l’ombre. C’est une bénédiction car il fait quand même relativement chaud. Ceci nous permet de souffrir un peu moins du chaud. Et c’est reparti. Je pars devant, d’un pas décidé. Chaque mètre demande un effort supplémentaire. Je laisse mon regard vagabonder sur la végétation vraiment luxuriante. Il y a des fleurs absolument magnifiques partout. Les montagnes en faces sont toujours en partie recouvertes de nuages. C’est vraiment magnifique. Nous nous approchons de la bifurcation du Roc de la Vache aux alentours de 2350m. Nous faisons une nouvelle halte, nécessaire pour nous hydrater. C’est d’ailleurs le premier point où nous pouvons distinguer la cabane de Tracuit, perchée sur une pente rocheuse. Elle semble si proche et à la fois si loin ! Après avoir bien plaisanté, nous nous remettons en route. Je reste en tête avec la corde. Ce qui est agréable, c’est que la montée ne présente non seulement pas de grosses difficultés, mais surtout est assez régulière. Les géants derrière la Pointe d’Arpitetta et de la crête de Milon se découvrent petit à petit : Zinalrothorn, Weisshorn et Dent Blanche, pour n’en citer que les principaux. C’est impressionnant et surtout quel contraste avec la verte prairie sur laquelle nous avançons. Nous traversons un petit filet d’eau où certains randonneurs, qui doivent probablement descendre depuis le Bishorn ou Tracuit, plongent leurs pieds fatigués. Un peu après 2700m d’altitude nous faisons un nouvel arrêt. Je me débarrasse enfin de la corde. Mes épaules n’en peuvent. C’est au tour d’Eric de la prendre, mais auparavant nous prenons un pique-nique dans ce cadre enchanteur. Bien que beaucoup de nuages valsent avec les plus hauts sommets, la vue change toutes les minutes. C’est magnifique. Nous nous rapprochons petit à petit de la cabane. Je sais que le plus difficile reste à faire. Tout est plus compliqué au-dessus de 3000m. Nos voilà reparti. Cette fois-ci c’est Eric qui s’élance en tête en avançant d’un pas lent et régulier. Je profite de ma « légèreté » retrouvée et m’arrête souvent pour prendre quelques photos. Peu à peu les pierres remplacent les herbes. L’environnement devient de plus en plus minéral. Vers 2900m, le sentier est remplacé par un pierrier à traverser. Nous passons la bifurcation qui mène vers le col de Milon et la cabane Arpitettaz. J’avance plus lentement qu’avant. Eric commence à prendre un peu d’avance, il avance, telle une machine, avec une régularité de métronome. Nous voilà au-dessus de 3000m. Il ne reste plus beaucoup de dénivelé. Le sentier bien marqué nous laisse le choix entre une option directe, bien trop éprouvante et de petits lacets nous faisant prendre de l’altitude à chaque tournant. La cabane semble si proche, mais il reste encore un peu de dénivelé. La vue est de plus en plus belle quand on observe le Zinalrothorn. La vue s’ouvre sur le glacier de Moming. Sur la gauche, au-dessus de nous, est perché l’impressionnant Diablon des Dames qui nous domine complétement. Après un temps certain, nous nous retrouvons enfin, éreinté, au pied de la dernière grosse difficulté : un petit couloir rocheux par lequel il faut grimper. Il y a une chaîne pour nous rassurer. Elle n’est pas forcément nécessaire, car il y a de bonnes prises. Une fois ce couloir passé, nous passons de l’autre côté et nous nous retrouvons derrière la cabane. Il ne reste plus qu’un gros névé à traverser et nous voilà à destination ! Quel Bonheur et quel plaisir d’être là ! Nous commençons par aller nous enregistrer et prendre possession de nos lits. J’en profite pour aller me changer et remplacer le t-shirt par un pull. Il fait quand même plus frais là-bas en haut. Avant de nous récompenser avec un petit dessert et une boisson, je ne peux m’empêcher d’aller prendre quelques photos sur la terrasse. Le paysage est saisissant ! Pour l’instant le Bishorn est dans les nuages, mais avec un peu de chance, plus tard, ça se découvrira, qui sait ? Après avoir repris quelques forces nous ressortons un petit moment pour profiter de l’incroyable vue, dont je ne me lasse pas. Je n’en ai même pas conscience, mais le temps file rapidement. Nous nous retrouvons à table pour le repas du soir. Une fois bien repus. Je mets une veste et repart à l’extérieur pendant que mes comparses restent bien au chaud. Le Bishorn est visiblement pendant un moment. Cela semble si loin et haut ! Je stress un peu pour demain matin. Je veux profiter du soleil couchant, même si c’est partiellement couvert. Je vais quand même en prendre pleins les yeux. C’est tellement beau et tellement subtile. Lorsque le soleil est proche d’aller dormir, les nuages se font de plus en plus présent. Je ne reste pas jusqu’à la fin et décide de rentrer. Je me suis bien refroidi. Il est temps de prendre une dernière petite boisson avant d’aller dormir quelques heures. Dans mon esprit se mélange une certaine excitation et surtout de l’anxiété dominé par la fatigue de cette montée. Demain est un autre jour. Le petit déjeuner est prévu à 5h. Pour les deux courageux qui vont au Weisshorn, le repas sera servi à 2h30 ! Voilà ici s’arrête la première partie de cette incroyable expérience. Je me réjouis d’avoir vos retours et vos impressions. Sinon pour la technique : Distance : env 8km (montée seulement) Dénivelé : env 1600m Durée : env 4h40 (selon suissemobile en été pour l’aller) Difficulté : T3. Hormis la très longue montée, il n’y a qu’un seul passage technique où quelques pas d’escalade avec une chaîne juste avant d’arriver à la cabane de Tracuit. Le lien vers le parcours : https://map.schweizmobil.ch/?lang=fr&photos=yes&logo=yes&detours=yes&season=summer&bgLayer=pk&resolution=2.41&E=2616720&N=1108262&layers=Wanderland&trackId=1600468235
Tsoucdanna (Zinal) – cabane de Tracuit needs route
Une montée à travers une petite forêt de mélèzes et de prairies fleuries, avec des vues changeantes sur les géants du Valais. L'arrivée à la cabane de Tracuit, perchée sur une pente rocheuse, offre déjà un très beau but de randonnée.