Traversée du Brienzergrat : Brienzer Rothorn – Harder Kulm (variante Oberried) needs route

Une traversée de crête très engagée et spectaculaire, avec des passages vertigineux et de nombreuses rencontres avec des bouquetins. Le récit montre aussi l'ambiance sauvage de la région, entre brume, éclaircies et panoramas sur le lac de Brienz et l'Entlebuch.

route 17.0 km 1160.0 m D+ 8.33 h 1 days (claimed) Aug

Brienzer Rothorn · Schongütsch · Lättgässli · Chruterepass · Brienzergrat · Briefehörnli · Wannepass · Balmi · Tannhorn · Ällgäuwhoren · Schnierenhireli · Gummhoren · Riedergrat · Blasenhubel · Oberried · Brienz · Harder Kulm

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Sources

Après notre incroyable sortie au Bishorn et avant notre défi du Sierre-Zinal (oui j’ai du retard dans mes comptes-rendus

fb · Daniel Borloz · 2024-08-29 · open original

Après notre incroyable sortie au Bishorn et avant notre défi du Sierre-Zinal (oui j’ai du retard dans mes comptes-rendus), il nous fallait un nouveau challenge à relever. Nous avons consulté les oracles et tenté de viser une fenêtre météo favorable pour une randonnée épique et non dénuée de danger : Parcourir l’ensemble du chemin de crête au départ du Brienzer Rothorn en direction de Harder Kulm. Une très longue randonnée où tout ne se passera pas comme prévu … Petite note préalable, cette randonnée n’est plus facilement accessible jusqu’à l’année prochaine : le train du Brienzer Rothorn est à l’arrêt depuis le 12 Août à cause des énormes dégâts liés aux intempéries. Nous parquons tactiquement notre voiture à Brienz. Bien que nous ayons nos places garanties dans le premier train qui part à 8h36, je suis toujours un peu anxieux, ayant envie de profiter au maximum de la belle montée. Le temps est très couvert. Il y a beaucoup de nuages. D’après les dernières prévisions météo, il y aura peut-être quelques gouttes jusqu’à 9h, ensuite ça va se dégager. Nous voilà installé. Le train s’ébranle et commence sa lente montée. Même s’il n’y a pas vraiment de vue, c’est un joli moment. Après un petit arrêt à Planalp, la montée reprend. Quelques gouttes font leurs apparitions. Les passagers descendent les protections contre la pluie. Cela s’arrête, se découvre fugitivement et finalement un orage arrive à grosse goutte. Je rigole intérieurement, car je suis venu ici il y a 2 ans, presque jour pour jour, et les conditions météos étaient quasi identique ! Il faut croire que c’est une sorte de micro-climat. L’orage s’arrête aussi subitement qu’il a commencé. Je respire. Nous voilà arrivé à la gare sommitale dans une magnifique brume. Bon nous ne nous abattons pas, cela devrait se découvrir. A peine sorti et nous voilà parti. Nous dépassons tout le monde et commençons par aller au sommet du Brienzer Rothorn. Une belle manière d’avaler une première centaine de mètres de dénivelé. Nous sommes seuls. Nous ne voyons pas à plus de 20 mètres. Même si un soleil timide fait son apparition l’espace d’une minute. Il y a encore de l’espoir ! Je remarque quand même la présence d’un bouquetin en contrebas, qui nous suit du regard, camouflé dans le brouillard. Au sommet il n’y a pas de vue et c’est humide, mais ce n’est pas grave. Nous avons atteint le point le plus haut, c’est un bon début. Nous redescendons, il se met à pleuvoir à grosse goutte, nous nous abritons au restaurant et décidons de prendre un bon chocolat chaud, bien à l’abri et discuter de la suite à donner. Après une quinzaine de minutes, la pluie cesse et d’après l’image radar, nous serons au sec pour le reste de la balade. Ça doit même se découvrir. On saisit notre chance. Nous ferons le point à chaque échappatoire possible. Il y en a trois sur l’entier du parcours. C’est enfin parti ! A peine avons-nous dépasser la station d’arrivée du train, que le ciel se découvre et ça se dégage un peu. Nous en profitons pour admirer la beauté du paysage. Je fais un petit écart, car j’ai vu une belle paire de corne un peu au-dessus. Ils sont plusieurs, posé près du Schongütsch. Nous sommes seuls sur l’itinéraire. C’est un petit moment d’épiphanie pour moi, un bouquetin pose pour moi : profil gauche, profil droit, assis, debout, bref il fait sa star. Il doit avoir l’habitude, le bougre ! Bon je dois les laisser, car nous n’en sommes qu’au début et nous avons déjà du retard sur le planning. Le chemin est étroit et les pentes à traverser sont très inclinées. On est mis dans le bain dès le départ. Il faut faire attention d’autant plus que le sol est pour l’instant humide et donc glissant. Nous passons à Lättgässli où le chemin passe dans la pente nord, dans la caillasse. Il y a une chaîne qui est le bienvenu pour descendre les marches creusées dans le sol. La progression est facile, même s’il faut rester attentif. Nous avons une belle première vue sur l’Entlebuch et le Schrattenfluh, quelle belle région ! Deux jeunes nous dépassent, ça sera les deux seules personnes que nous rencontrerons dans cette région touristique de toute la journée. Après un pierrier nous retrouvons le chemin sur les pentes herbeuses. Nous arrivons au Chruterepass, où s’arrête le balisage. Nous prenons le sentier marqué qui passe sur la crête. L’engagement est tout de suite là. Il y a beaucoup d’air à droite et à gauche. Nous voilà sur le Brienzergrat. C’est étroit, glissant, mais absolument superbe. Par moment le soleil fait son apparition, c’est superbe. Les nuages et la brume, vont et viennent. Les conditions changent sans arrêt. Là devant nous sur la droite, baigné par une belle lumière, plusieurs bouquetins qui observent en se prélassant au soleil sur un rocher. C’est tellement beau de pouvoir les observer ! Je ne pensais pas en rencontrer après le Brienzer Rothorn, mais je ne me serais jamais autant trompé, nous sommes vraiment gâtés. Nous passons Briefehörnli. Les montées sont toujours très abruptes. Il faut faire attention à chaque pas. Les descentes un peu plus douces, mais terriblement traitres, le faux pas n’est pas permis. Nous arrivons au Wannepass, première échappatoire sur le parcours. Nous faisons un point, tous les voyants sont au vert. Nous continuons. Le triangle du Tannhorn est visible au loin, menaçant, plongé dans la pénombre. C’est souvent l’endroit que l’on considère comme le passage clé du parcours. Mais avant, nouvelle montée pour arriver à Balmi. Un vieux bouquetin solitaire nous regarde tranquillement passer. Nous reperdons un peu d’altitude. Je fais gaffe de ne pas glisser. Nous nous retrouvons au point 2094, où il s’agit de passer dans la paroi avant de retrouver l’arête. C’est le seul passage câblé et heureusement, car c’est vraiment extrêmement impressionnant. Le sentier passe sur le fil de l’arête : 50 cm de largeur et du vide des deux côtés. Le passage est heureusement plutôt court. Nous respirons ensuite un bon coup et remarquons devant nous quelques bouquetins posés sur le sentier qui nous regardent. C’est tellement rigolo. On sent qu’ils sont étonnés et curieux de savoir ce que nous faisons là. On se rapproche à pas très lent, tout en nous accrochant aux pierres, car oui forcément c’est dans un passage très raide où les mains sont nécessaires. Nous sommes maintenant à une bonne dizaine de mètres du groupe. On s’arrête et on se remet à souffler quand ils se décident à bouger, ouf ! Dans le cas contraire, nous aurions dû rebrousser chemin. Avec une agilité déconcertante, ils se déplacent dans la pente nord. Nous pouvons passer, non sans observer leur déplacement gracieux. Quel privilège incroyable ! Peu après nous voilà arrivé au Tannhorn. Nous avons de la chance, cela se découvre en même temps d’un côté. Nous avons fait le tiers du parcours et la moitié des difficultés. Nous profitons de faire une pause afin de reprendre quelques forces. La vue sur ce que nous avons fait et surtout sur ce qu’il reste à faire est tellement impressionnante et esthétique à la fois : une magnifique succession de triangles reliés par de superbes courbes. Avec les nuages et surtout la couleur dingue du Lac de Brienz, le tableau que la Nature nous offre est d’une beauté ineffable. Après cette courte respiration, nous nous relançons sur la sente. Les choses sérieuses commencent tout de suite avec une descente assez raide. J’ai une peur bleue de glisser, car je me souviens de ma chute et de ma glissade sur cet itinéraire il y a 2 ans. A peine plus loin, nous reprenons la montée avec une nouvelle section où les mains sont largement nécessaires. Le sol est très meuble et sur un court passage il n’y a pas de quoi s’accrocher : les pierres ne tiennent pas en place et les mottes d’herbes ne semblent pas non plus tenir. Pourtant la chute n’est pas permise. Nous finissons par franchir l’endroit non sans peine et sans trouille. C’est vraiment très engagé. Bien que les montagnes russes continuent, la difficulté nous laisse un court répit. Nous passons Ällgäuwhoren, un de plus de fait. En redescendant, nous arrivons à une nouvelle échappatoire. Nous faisons un point de situation : La météo tient bon, nos corps commencent sérieusement à fatiguer, nous avons du retard dans le planning, mais cela reste gérable. Nous décidons de continuer. Je tente de donner un coup d’accélérateur. C’est reparti en montée vers Schnierenhireli. C’est toujours cette même succession de montées et de descentes, plus ou moins engagées. La concentration est toujours de mise. La fatigue se fait de plus en plus présente. Heureusement le terrain est maintenant quand même un peu plus simple, même s’il faut remonter vers Gummhoren. La traversée du Riedergrat se fait sans souci. Nous voilà arrivé Blasenhubel et retrouvons un balisage officiel. Dernière échappatoire possible et donc dernier point de situation : La météo est ok. Nos corps tiennent le choc, mais la volonté n’y est plus. Nous avions réservé un restaurant vers 20hm impossible d’y arriver à l’heure. En continuant jusqu’au bout, il nous reste environ 10 kilomètres, 400 mètres à monter et environ 1000 mètres à descendre. La deuxième option, c’est de descendre ici et rejoindre Oberried, ce qui ne nous fait que 5 kilomètres, et 1400 mètres en descente, nous économiserons donc environ 1h à 1h30 de randonnée. Même si je suis un peu frustré, je me range à la seule décision raisonnable : Nous partons sur Oberried. La première partie de la descente est très laborieuse, car le terrain est très escarpé et un peu humide. J’avance extrêmement lentement et nous perdons à nouveau pas mal de temps. Je glisse une fois, deux fois. Mon anxiété augmente. Je recommence à respirer, lorsque nous arrivons plus bas où nous pouvons reprendre un rythme plus normal. Toutefois chaque mètre parcouru devient plus difficile. Nos jambes ne répondent plus aussi bien à nos ordres. Nos pieds souffrent et surtout la chaleur nous rattrape, car oui nous allons rejoindre la station de train qui se trouve à 588 mètres d’altitude. Le chemin est néanmoins très joli et traverse une belle variété de végétation, mais nous avons de la peine à en profiter, car notre volonté est dirigée vers notre but à atteindre. Je n’ai d’ailleurs plus le courage de sortir mon appareil photo. Nous avançons de plus en plus lentement, la douleur se fait de plus en plus ressentir, le dénivelé accumulé pèse sur le physique et le moral. Notre esprit s’allège enfin quand nous arrivons sur les deux dernières centaines de mètres goudronnés qui nous mènent à la gare. Le train sera là d’ici 40 minutes. Nous tentons de faire du stop, mais sans succès. Nous allons nous effondrer sur le quai de la gare ou trois touristes asiatiques occupe le seul banc, sans même prendre la peine de se serrer pour nous laisser au moins une place. Le train arrive, nous profitons de cette petite vingtaine de minute assis avant de récupérer la voiture. En attendant j’averti le restaurant. Ils sont ok et nous pourrons en profiter avant la fin du service, ouf ! Nous arrivons sale et crasseux au restaurant plutôt chic et nous y prendrons un repas divin et bien mérité. Quelle journée ! C’est une randonnée très intense. Magnifique à tout point de vue, mais engagée et l’esprit revient aussi fatigué que le corps. Prévoyez de la marge, le terrain est difficile. Prenez à boire en suffisance. Il n’y a aucun point d’eau et pas d’ombre sur le parcours. Oui encore un long récit, bravo à ceux qui l’ont lu jusqu’au bout. Je me réjouis de lire vos retours. Sinon pour la technique : Distance : env 17km Dénivelé : 1160m en positif et 2820m en négatif Durée : env 8h20 (selon suissemobile en été) Difficulté : T5. Il y a plusieurs passages très vertigineux et engagé où le faux pas n’est pas permis et où les mains sont nécessaires. Il est indispensable d’avoir le pied sûr et une absence de vertige. Certaines parties du sentier sont très glissant. Le chemin n’est plus officiellement balisé, il y a très peu d’échappatoires possible et pas d’eau sur l’ensemble du chemin. Le lien vers le parcours : https://map.schweizmobil.ch/?lang=fr&photos=yes&logo=yes&detours=yes&season=summer&bgLayer=pk&resolution=5.12&E=2642575&N=1179139&trackId=846091606&layers=Wanderland

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Good months