Il y a maintenant quelques semaines, j’ai fait une nouvelle sortie « after work » avec Christelle. J’ai décidé de l’emmener sur un sommet dont je n’avais pas encore eu l’occasion d’aller visiter cette année : Cheval Blanc dans mes magnifiques Préalpes ! Nous partons depuis le parking à côté du lieu-dit Schänis dans la valléée du Petit-Mont. Cet endroit est le départ de plusieurs magnifiques randonnées. Il est déjà relativement tard quand nous nous mettons en route. Je suis conscient qu’il y a une probabilité non négligeable que nous n’arrivions pas au sommet avant que le soleil ne soit couché ou encore qu’il se cache derrière une petite couche nuageuse, mais il faut savoir parfois prendre certains risques. On verra bien ! Ce qui est incroyable, c’est que dès le départ, quand nous attaquons les contreforts de cette impressionnante pyramide du massif de la Hochmatt, la vue sur les sommets en face est grandiose. J’aime cette dramaturgie en fin de journée : Ce mélange d’ombres et de lumières qui donnent une vue épique. Les Gastlosen, la Wandflue, la Dent de Ruth et la Dent de Savigny forment une ligne si esthétique et contrastent avec le vert des prairies et de la forêt. Une fois que nous avons traversé la première prairie, nous passons par une petite zone forestière et arrivons rapidement au chalet près du point 1551. Nous voyons plusieurs chamois qui paissent dans la prairie au-dessus. Je n’ai pas la motivation de sortir mon gros objectif pour essayer de les prendre en photo. Je préfère me concentrer sur notre objectif. Nous prenons la direction « In den Löchern », littéralement « dans les trous ». C’est un chemin magnifique qui va nous faire passer par une belle zone ludique de lapiaz. Le sentier devient très vite plus sauvage. Il nous fait tourner par un des éperons de l’espèce de fer à cheval dont le Cheval Blanc est le point sommital. Les choses sérieuses commencent : la pente s’incline et nos cœurs s’accélèrent au fur et à mesure que nous grimpons. Nous remontons maintenant un couloir dans une végétation très dense. On peut souvent y apercevoir des chamois, mais pas ce soir. Ce n’est pas grave. La civilisation se rappelle à moi l’espace d’une bonne dizaine de minute au travers d’un appel téléphonique auquel il fallait que je réponde absolument. J’étais presque surpris d’avoir du réseau à cet endroit. Après ce petit intermède, qui m’a en outre permis de reprendre mon souffle, nous repartons de plus belle dans la pente. Nous faisons attention de ne pas glisser, car la terre est bien détrempée par endroit. Nous arrivons finalement sur un premier plateau, avec cette fameuse zone de lapiaz absolument superbe qu’il faut maintenant traverser. La brume s’est déposée ici à la manière d’un voile, c’est magnifique et mystique à la fois. Le balisage est bien visible : presque une ligne droite avec quelques courbes par ci-par là. J’adore cette traversée où il faut jongler tel un funambule en se balançant d’une pierre à l’autre. Lorsque nous nous retournons les Gastlosen se redécouvrent doucement. Cette petite brume apporte une belle touche supplémentaire. Après ce passage, nous recommençons à grimper par la crête sur le deuxième éperon de l’espèce de fer à cheval. Le terrain est un peu plus minéral, c’est agréable. Nous progressons bien, même si nous prenons notre temps pour ne pas prendre de risque. Je suis confiant sur notre objectif du jour, même si je vois qu’il y a quelques nuages à l’horizon qui raccourcirons sûrement le temps de lumière à disposition. C’est presque d’un coup que nous quittons ce monde plus minéral pour nous retrouver sur une immense prairie qui remonte doucement vers le haut plateau de Hochmatt. En été il y a souvent des moutons par ici. On peut aussi y voir facilement quelques marmottes. Le plus important : Cheval Blanc est encore éclairé par le soleil. Nous arriverons donc normalement à temps au sommet. Au vu de l’heure, nous faisons l’impasse sur Hochmatt et sa belle croix, car il se trouve déjà dans l’ombre. Nous accélérons les deux le pas, car nous avons envie de profiter de ce magnifique moment. Ma curiosité dévorante prend toujours le dessus quand il y a une crête. J’ai toujours tellement hâte de savoir quel chef d’œuvre de la Nature je vais découvrir derrière. Bon dans ce cas précis je sais ce qui m’attends, mais pas les conditions qui sont toujours différentes. C’est donc avec une excitation sans cesse renouvelée que je rejoins le chemin et découvre l’incroyable tableau du jour. Je dirais que c’est encore mieux que ce que j’ai espéré… Les montagnes sont magnifiques, il y a quelques poches de brumes qui donne une belle ambiance. Le ciel est assez dégagé en face de moi. Les couleurs sont superbes. Je prends une photo et je vais rejoindre Christelle qui arrive bientôt au sommet. Il s’agit maintenant de remonter la petite croupe herbeuse pour la rejoindre. Le chemin est impressionnant, car il y a une belle sensation de vide, même si la difficulté reste contenue. Dès que l’on rejoint le soleil, quel changement ! Tout prend vie. La magie opère. Nous voilà au sommet et comme à chaque fois, je suis ébahi par le panorama à 360 degrés qui s’offre à nous. Le regard porte loin, c’est comme un film vivant qui évolue à chaque instant. Il y a un vent plutôt frais au sommet. Nous n’allons pas y rester longtemps. De toute manière le soleil est déjà bientôt couché. Nous profitons de ces instants au maximum. La brume remonte lentement et recouvre le bas de la vallée avant d’aller grignoter les sommets. J’aime ces moments et ces conditions qui change de minutes en minutes. Pendant ce temps, le soleil continue sa course inexorable vers la ligne d’horizon couverte de nuages. Les ombres s’étirent de plus en plus, les couleurs passe du jaune au rouge, puis s’éteignent. Voilà la lumière se retire petit à petit. Voilà c’est décidé, nous attaquons la descente par la crête avant qu’il ne fasse vraiment nuit. Vu qu’il y a pas mal d’humidité je fais attention à chacun de mes pas pour ne pas glisser. Dans la première partie, la pente est plutôt forte. A chaque pas nous perdons de l’altitude et à chaque pas, la luminosité baisse. Nous allumons les frontales. Plus bas, la brume nous enveloppe, la visibilité diminue à une petite dizaine de mètres. Heureusement le sentier est bien marqué. Cela nous évite de trop dévier. Il faut néanmoins rester bien concentré. Le brouillard fini heureusement par se dissiper. La nuit est bien installée. Nous arrivons vers la falaise où se trouve un petit passage câblé. La chaîne n’est pas forcément nécessaire, mais elle rassure quand le sol est humide et glissant comme aujourd’hui. Il nous reste ensuite à surfer un peu dans la boue du chemin pour rejoindre le chalet au point 1551. La dernière partie se passe plutôt bien et nous finissons par retrouver la voiture, heureux de n’avoir pas subi un bain de boue forcé, même si cela ne s’est pas joué à grand-chose… En résumé encore une sortie incroyable et une vue dingue. J’espère que les images vous plairont. Dans tous les cas je me réjouis d’avoir vos retours ! Sinon pour la technique : Distance : env. 7 km Dénivelé : env 815m Durée : env 3h50 (selon suissemobile en été, comptez plus) Difficulté : T3. L’itinéraire ne présente pas de gros défis techniques, il est toutefois important d’avoir un pied sûr pour traverser les lapiaz et une certaine résistance au vertige, car il le vide n’est pas très loin par endroit. Le lien vers le parcours : https://map.schweizmobil.ch/?lang=fr&photos=yes&logo=yes&detours=yes&season=summer&bgLayer=pk&resolution=1&E=2584688&N=1158337&fbclid=IwY2xjawF83-ZleHRuA2FlbQIxMAABHQ5CNXsiriRYWuf_TydWprgIUWQrWUj_-5VTM5Ic6Hix8cnt6y8pK0OoYw_aem_h_mDeNAfIrxkymhail0H9A&layers=Wanderland&trackId=169736243
Cheval Blanc depuis Schänis (vallée du Petit-Mont) needs route
Une sortie « after work » en fin de journée avec des lapiaz ludiques, une crête sauvage et une lumière changeante. Le sommet offre un panorama à 360 degrés et un coucher de soleil sur les Préalpes, avec la mer de brouillard qui monte depuis la vallée.