Grande Arête du Raimeux depuis la Cabane des Gorges (Moutier) needs route

Une arête rocheuse spectaculaire dans le Jura, avec dalles, vires, passage de désescalade et paroi à pitons, dans un décor de pins qui rappelle les calanques. La boucle redescend par les plateformes, avec une vue superbe sur l'arête au coucher du soleil.

route 10.2 km 860.0 m D+ 4.5 h 1 days (claimed)

Grande Arête du Raimeux · Cabane du Raimeux · Moutier · Cabane des Gorges · Paroi des Pitons

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Sources

J’ai vécu il y a quelques temps une aventure absolument incroyable qui a débuté par ces quelques mots reçus sur messenge

fb · Daniel Borloz · 2024-12-20 · open original

J’ai vécu il y a quelques temps une aventure absolument incroyable qui a débuté par ces quelques mots reçus sur messenger de la part de Jean-Claude : « Salut Daniel, as-tu une journée pour aller faire la plus belle rando alpine du Jura ? Au plaisir, JC ». Une rando alpine, dans le Jura ça existe ? Oui et bien plus que vous ne le pensez ! La course du Jour est la Grande Arête du Raimeux, une sortie notée en T5+ sur le site du Club. Vous ne savez pas à quoi vous attendre ? Moi non plus ! Mais je la classerai sans hésiter dans une mes plus belles expériences de l’année. La liste du matériel technique que je dois prendre : un baudrier, un casque et de bonnes chaussures. Jean-Claude, mon guide s’occupe du reste. Certains prendraient peur, mais pour ma part je pars plutôt avec un mélange de curiosité et d’excitatio : J’ai une totale confiance en Jean-Claude. Il m’avait emmené sur Brenleire l’année précédente, alors même que mon genou n’était pas encore au mieux de sa forme. Son calme, son assurance, sa prévenance et sa gestion du risque m’ont permis ce jour-là de me dépasser sans crainte ! Notre sortie du jour débute à Moutier, plus précisément devant la Cabane des Gorges, qui est sûrement la cabane la plus accessible du club alpin suisse, car elle se trouve le long de la route cantonale. Il est 11h, lorsque nous nous mettons en route. Le soleil touche les sommets autour de nous. Oui c’est un départ tardif afin de pouvoir profiter au maximum des belles conditions du jour. Nous commençons par longer le bord de la route cantonale sur un petit kilomètre. Ce n’est pas le plus intéressant, mais on peut déjà voir les premières arêtes rocheuses autour de nous. C’est un environnement magnifique. Jean-Claude me montre la petite via ferrata aménagée sous la voie ferrée, qui permet de se rendre en toute sécurité au début de voies d’escalades. Un peu plus loin, je la vois : la Grande Arête. Vu d’ici, cela n’a pas encore l’air si impressionnant ou difficile, mais dans tous les cas je me réjouis. Nous arrivons à une petite place de parc où se trouve un énorme filet pare-pierre. Nous passons à coté et quittons la route pour prendre la sente qui grimpe. Une petite centaine de mètre plus loin, nous quittons le balisage et nous nous équipons avec le baudrier et le casque. De cette manière si par hasard je me retrouverai en difficulté, ça sera plus simple de me donner un coup de main. Une petite note supplémentaire sur le casque qui est absolument indispensable ici : Il y a énormément de petites pierres qui peuvent glisser sur les gigantesques dalles lisses qui composent cette première partie. Nous sommes au bord d’une énorme dalle inclinée, presque lisse, avec quelques pins pour ajouter une touche de vert au décor. C’est absolument fascinant ! On y voit deux vires, une première grande juste devant nous et qui semble évidente, mais en réalité il s’agit d’un leurre, car elle se perdra plus haut. Il est nécessaire de bifurquer sur la deuxième vire, bien qu’elle soit moins visible. Je béni Jean-Claude d’être là et de me faire profiter de ses connaissances de l’endroit. C’est un pur Bonheur de se laisser guider et de suivre ses indications claires pour progresser. Les premiers mètres me semble facile. Un peu plus haut, il me montre les traces laissées par les dinosaures, c’est tout aussi impressionnant qu’à Emosson, mais l’accès est largement moins aisé. Je reste néanmoins concentré sur la vire étroite. Je ne suis pas du tout rassuré. Il n’y a aucune prise pour les mains et la dalle à 40 degrés est hyper impressionnante. Nous devons rejoindre le couvert d’un pin, mon anxiété augmente sérieusement. A peine commencé et me voilà déjà le cœur au bord des lèvres. Je fini par le rejoindre à l’abri d’un pin. Je recommence à respirer. Il y a maintenant quelques arbres en contrebas qui pourraient arrêter une éventuelle glissade. La vire se transforme en une espèce de sente gravillonnée. Nous sommes proche de l’arête. Il n’y a plus qu’à grimper. Je retrouve l’esprit d’une randonnée quelques instants. Puis arrive une dalle de 2-3 mètres à grimper. Jean-Claude me montre par où passer. Je range mon appareil et me voilà entrain de grimper. Ce n’est pas compliqué, mais super impressionnant. Les prises que mon guide du jour appelle des boîtes aux lettres, sont effectivement énorme et permettent de parfaitement se sécuriser pour grimper. J’y prends même du plaisir. Voilà une nouvelle difficulté de passée. La montée est continue et c’est une succession de passages rocheux plus ou moins impressionnant. Les plus grosses difficultés de l’arête sont toujours évitables par la droite. Le paysage est juste merveilleux. Je n’ai pas l’impression d’être dans le Jura, mais avec les pins qu’il y a partout on se croirait presque dans les calanques, c’est magnifique. J’adore cet endroit. Il y a plusieurs passages où des variantes plus alpines et de la grimpe sont possibles, mais pour notre part, nous nous contenterons de la variante la plus simple à chaque fois, ce qui pour mon piètre niveau est bien suffisant ! Je ne compte pas les passages où les mains sont nécessaires, où le vide n’est pas loin et où le faux pas n’est pas permis. C’est une succession de petites difficultés à passer : Quelques pas d’escalades par ci, un contournement par une vire sur la droite, grimper sur un rocher, revenir sur l’arête et ça continue comme ça. J’adore, il n’y a pas d’autres choix que d’être dans le ici et maintenant. Nous avançons lentement, mais de manière constante. Je prends petit à petit confiance dans mes mouvements et surtout analyse bien comment et où mon guide pose ses pieds et ses mains pour que je puisse le suivre sans trop de difficultés. Je reste concentré, mais je ne peux m’empêcher de faire de nombreuses pauses photos, tellement l’endroit mérite d’être immortalisé. C’est absolument superbe. J’ai l’impression de faire en même temps une visite guidée car Jean-Claude m’explique au passage où se trouve les différents spots d’escalade pour pimenter encore un peu plus la sortie, les noms des différents ressauts rocheux, ou endroits spécifiques et quelques belles anecdotes. C’est absolument génial ! Et surtout, surtout, je me sens tellement privilégié de pouvoir profiter de tout ça, c’est tout simplement exceptionnel. J’ai une chance énorme. Mais au fond de moi, je n’oublie pas une chose, je sais qu’il y a une difficulté clé un peu plus haut qui n’est pas évitable avec un passage de désescalade et d’escalade peu après. J’espère être à la hauteur et pouvoir y arriver. Bien que j’ai l’impression d’avoir un certain contrôle, mon appréhension du vide est quand même là. Je reste donc hyper concentré sur chacun de mes pas. Voilà nous y sommes, c’est le passage de désescalade. 3 à 4 mètres à descendre le long d’une paroi, sans autre possibilités d’évitement. Cela ne paraît pas grand-chose, mais c’est largement suffisant pour moi. Heureusement il y a un spit afin que Jean-Claude puisse m’assurer avec la corde qu’il a sorti de son sac. J’avoue que cela me permet de faire baisser mon niveau de peur et de me concentrer sur mes quatres membres. Une fois équipé, je prends ma respiration et je me lance. Je suis les instructions de mon coach qui m’indique où poser mes pieds pour sentir les prises et surtout je me bats contre mes peurs intérieures. Je dois me faire confiance… Tout se passe parfaitement bien ! J’ai pu faire cette désescalade de manière contrôlée. Je respire à nouveau et suit tellement content d’être passé. C’est surtout une bataille psychologique contre soi-même qu’il faut gagner, pour oser se lancer. Je suis vraiment fier de moi, ce qui est plutôt rare. Après cet énième pic d’adrénaline, nous prenons une petite pause sandwich. Les plus grandes difficultés sont derrière nous, enfin presque. Il ne reste maintenant qu’un dernier gros détails à passer : La Paroi des Pitons. Une escalade le long d’une paroi de 7-8 mètres où il y a justement de vieux pitons qui sont là depuis bien une quarantaine d’année pour aider à la grimper. Encore un passage hyper impressionnant. Jean-Claude prend la tête et va fixer la corde sur un spit en haut de la paroi. Il grimpe comme un chamois. Je regarde bien comment il fait. Il me lance le mousqueton à attacher à mon baudrier pour m’assurer et me rassurer. Il y a du vide de tous les côtés. Je respire un bon coup et j’y vais : Une prise après l’autre. Je me surprends presque à me dire que c’est gérable. Mes pieds tiennent parfaitement sur les prises, mes mains s’accrochent aux pitons. J’avance lentement mais sûrement en assurant chacun de mes mouvements. Me voilà en haut. Je reprends ma respiration. En plus d’être vraiment reconnaissant à mon coach du jour par sa patience, sa bienveillance et ses conseils super utiles, j’ai aussi une pensée pour mon physio actuel qui me suit depuis une année et qui m’a élaboré un énorme programme de remise en forme générale. Grâce à lui j’ai pu aborder ces difficultés sans trembler de tout mon corps et de tous mes muscles. Ce qu’il y a de génial dans cette arête c’est qu’à chaque difficulté, lorsqu’on regarde vers le haut, on se demande toujours par où l’itinéraire peut bien passer, finalement au pied de la difficulté cela semble un peu plus évident et cela passe, non sans que l’adrénaline soit là, mais ça passe ! Voilà le plus dur est fait. Il reste encore du chemin, mais là nous passons tranquillement en version randonnée. Il est bien sûr possible de toujours faire des variantes d’escalade, mais nous suivons pour notre part maintenant une sente presque évidente. Nous avons rangé les casques et avançons. Notre environnement se fait de plus en plus vert. Il y a une suite de passages en forêt, entremêlés de rochers par endroits. Nous suivons la paroi, mais nous ne sommes plus sur le fil de l’arête. C’est une « simple » randonnée maintenant, même si les mains sont nécessaires à certains endroits. J’ai une petite baisse de régime, mais nous continuons à avancer d’un rythme régulier. Les rochers cèdent la place à de la forêt. Nous voilà arrivé au bout de l’arête à proprement parler. Le sentier est parfaitement visiblement. Un peu après nous rejoignons un chemin balisé. L’atmosphère a complétement changé. Nous prenons encore un peu d’altitude et nous arrivons à la cabane du Raimeux qui est ouverte à notre plus grand bonheur. Nous prenons une pause bien méritée. Je suis sur un nuage. Je suis tellement fier de ce que j’ai pu accomplir et je mesure la chance absolument énorme qui m’a été donnée de pouvoir vivre une telle expérience. Le minutage est un peu trop juste pour faire un tour jusqu’au sommet. Le soleil est déjà bas sur l’horizon. Nous amorçons donc la descente. Je ne le sais pas encore, mais mon guide a tout calculé pour m’offrir encore une belle expérience. Nous prenons par le chemin dit des plateformes pour rejoindre Moutier, cela nous permet de faire une belle boucle. Nous commençons par traverser quelques champs et fermes attenantes. Nous sommes à des années lumières de l’ambiance alpine de l’arête. Au point 906 nous quittons la route carrossable pour prendre un chemin qui longe une autre arête. C’est très agréable car la descente est régulière sur un chemin facile. Arrivé au point 845, nous arrivons à une première plateforme qui offre une vue imprenable sur l’arête, c’est tout simplement magnifique. Je ne m’attendais pas à ça ! Après une pause photo, nous continuons à descendre et arrivons à une deuxième plateforme, là encore la vue sur l’arête est superbe, c’est vraiment exceptionnel. Avec le coucher du soleil en prime, c’est magique. C’est visiblement aussi un endroit très prisé, car il y a du monde. Je profite de prendre un maximum de photos, l’endroit est tellement fascinant, d’autant plus qu’il est encore éclairé par les dernières lueurs du jours. Puis nous continuons notre chemin. Il reste encore un peu plus d’un kilomètre et demi. Cela me semble long. Je dois dire que je fatigue quand même un peu. C’était une sortie magnifique à tout point de vue. Nous voilà maintenant définitivement dans l’ombre. Nous rejoignons la voiture quand le soleil frappe encore le haut des rochers au-dessus de nous. C’est un timing absolument parfait. Il ne nous reste plus qu’à faire le chemin du retour en voiture et rentrer chez nous, heureux de cette incroyable journée ! J’ai été complétement retourné par cette sortie qui a dépassé toutes mes espérances. Cela me permet d’envisager d’en faire un peu plus, de me faire un peu plus confiance et surtout d’aller un peu plus loin. Et vous ? Qu’en pensez-vous ? Sinon pour la technique : Distance : env. 10.2 km Dénivelé : env 860m Durée : env 4h30 (selon suissemobile en été, comptez plus ! ) Difficulté : T5+ selon le CAS. Nous sommes ici vraiment à la frontière entre randonnée alpine et sortie d’alpinisme. Une orientation sans faille est nécessaire dans le terrain, il n’y a pas de balisage. Une absence de vertige et un pied sûr sont indispensables. De plus il y a un passage clé à désescalader de 3-4m (difficulté III), puis une paroi verticale de 7-8mètre avec quelques pitons à grimper, un assurage est très fortement conseillé. La chute n’est pas permise. Le lien vers le parcours : https://map.schweizmobil.ch/?lang=fr&photos=yes&logo=yes&detours=yes&season=summer&bgLayer=pk&resolution=1.68&E=2596949&N=1237915&trackId=1798805979&layers=Wanderlan PS: Oui pour une fois vous avez le droit à des photos de moi, j'avais un super photographe avec moi !

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Good months