Entre Noël et Nouvel-An, nous sommes partis pour une petite semaine de vacances à Champéry. Le premier jour nous avons fait une randonnée à ski en partant du Grand-Paradis pour nous rendre à la Berthe. La course classique du coin. La matinée a déjà bien commencé lorsque nous arrivons au Grand Paradis. Il n’y a pas un nuage dans le ciel, mais il fait froid de canard à l’ombre. Il y a du monde, c’est la raison pour laquelle nous sommes parqués au fond de l’espace nordique, le long de la Saufla. En fait, c’est un endroit qui nous arrange plutôt bien, car plutôt que de marcher jusqu’au départ, près de l’auberge, nous pouvons directement chausser les skis après avoir traversé le pont. C’est parfait pour nous échauffer tranquillement. Après être passé le long de l’auberge, notre piste longe la piste de ski pendant un petit moment par le chemin des Clous. Ce qui est sympa dans cet itinéraire c’est qu’il n’y a pas beaucoup de dénivelé au départ, on peut donc prendre doucement l’habitude. Je n’ai pas encore sorti l’appareil photo. Un peu après nous passons dans la forêt, j’aime bien cette belle ambiance. Il y a beaucoup de neige, un vrai bonheur. Nous longeons le Torrent de Barme, dominé par les Dents Blanches, c’est vraiment impressionnant. On se sent tellement petit face à ces géants. Un peu plus loin, nous rencontrons un photographe animalier en tenue de camouflage blanc qui va aller se poser pour observer les chamois qui se promènent sur le flanc gauche. Ils sont tout petit. Je n’ai pas le courage de sortir le téléobjectif pour essayer de les observer. Ils sont trop loin. Après avoir longé le torrent, nous arrivons au bout de ce petit vallon et le chemin grimpe sérieusement. Les deux cales sont nécessaires. Cela serpente furieusement. Au fur et à mesure que l’on prend de la hauteur, nous sommes gratifiés d’une superbe vue sur les Dents du Midi. Je trouve ce point de vue toujours tellement original : Depuis ici, on a vraiment l’impression que ces Dents du Midi auraient besoin d’un bon dentiste ou même directement d’un dentier, il n’y a plus que des morceaux ! Après ce premier bon effort, nous voilà sur le plateau de Barme : Une belle étendue plate, avec une épaisse couche de neige. C’est tout simplement magique. Le fait d’être encore plongé dans l’ombre donne une ambiance encore plus spéciale à cet endroit. Nous croisons deux personnes qui redescendent déjà de la Tête à Vincent. Il paraît que c’est bien praticable. Je peste un peu, car j’ai quelques soucis avec le support de mon appareil photo sur le sac, je suis obligé de le ranger et de le ressortir à chaque fois. Cela ne va pas me faciliter la tâche, mais cela a le mérite de limiter le nombre de photos que je fais. Arrivé à la Cantine de Barmaz, nous faisons une première pause pour reprendre quelques forces. Après tout il reste encore un long trajet ! Nous pouvons d’ailleurs voir la Berthe, baignée d’un magnifique soleil. Notre destination semble encore si loin ! Nous suivons une magnifique double trace qui suit la route de Berroix, avant de prendre à nouveau de l’altitude. Nous rejoignons le soleil. C’est incroyable, quel changement d’ambiance ! La douceur est immédiate et les sourires sont sur tous les visages. Je ne me lasse pas de me retourner pour profiter de la vue sur les Dents du Midi, qui me fascine toujours autant, même si mon regard est aussi attiré par les Dents Blanche et la Berthe au loin. Je salive d’avance de me retrouver sur l’arête de Berroi, car je sais que la vue panoramique sur les Fornets sera superbe. Nous continuons à prendre de la hauteur, tout en nous rapprochant de notre destination. Un ski après l’autre. Je traîne un peu à l’arrière. Oui je peine, mais je continue à avancer. C’est sûr que mes kilos en trop et mon sac aussi léger qu’un bloc de granit y sont sûrement pour quelque chose aussi, mais je nie la réalité et continue. Nous voilà sur l’arête, la vue est toujours aussi incroyable. J’ai envie de dépeauter et de m’élancer dans les parois nord qui m’appellent, mais nous ne sommes pas encore arrivés. Je me remets en route, toujours un peu en retrait des autres qui ont de l’avance. Une courte mais forte montée reste à faire pour rejoindre le point 1915, heureusement les traces sont excellentes et permettent de choisir des voies directes ou des zig-zags. Arrivé à ce point, les autres sont suffisamment gentils pour me permettre de faire cinq minutes de pause. J’en ai besoin. Je suis vraiment extenué. Je sais qu’il reste encore quelques efforts, mais le plus dur est fait. Je repars. Nous suivons presque le fil de l’arête. Il y a un petit passage un peu plus engagé où je suis content que cela ne soit pas glacé, c’est bien plus simple et agréable à passer. La Berthe se rapproche. Il ne reste qu’une dernière grimpette et nous voilà au sommet ! Il n’y a pas de vent, un peu d’herbe sur le côté ouest, c’est parfait pour prendre notre pause ! Quel plaisir et quel Bonheur d’être ici. Nous sommes tous très content d’y être arrivé. J’aime aussi énormément le panorama offert par cet endroit superbe. Mais le temps passe et nous devons redescendre. Nous nous préparons donc pour la descente. Et c’est parti ! Nous nous élançons dans la pente nord : la neige y est encore excellente. Une fois passé la cuvette, et que l’orientation change, la neige se transforme, on passe à une terrible croûte glacée et gelée. On passe du plaisir à la survie. Une fois passé le chalet près du point 1645, il faut descendre dans la pente est. Il y a deux possibilités : Suivre un chemin étroit et verglacé ou partir dans la pente complétement croûtée et gelée. Vu mon état de fatigue avancé je choisi la route verglacée. Il n’y a pas de plaisir ici, mais c’est un passage obligé. Après la première épingle à cheveux, la piste verglacée est tranchée par une ancienne coulée de neige. Là encore c’est possible de la contourner ou de passer au travers. Je décide de passer au travers. Je me fais une belle frayeur, car je n’ai pas l’impression de contrôler quoique ce soit avec en prime mon genou qui a décidé de protester. Une fois cet endroit passé, il reste encore un peu de route verglacée avant de retrouver le confort de la piste balisée qui ramène au Grand Paradis. J’avoue que je suis content de retrouver la piste. Avec la faible pente, le petit jeu est d’essayer de ne pas pousser. Je ne peux m’empêcher de m’arrêter pour reprendre quelques forces avec l’excuse de prendre une photo. Nous passons ensuite dans la forêt et rejoignons le chemin de montée. Il y a un panneau qui nous avertit que la piste est verglacée. En fait, il s’agit plutôt de glace vive, il n’y a pas moyen de s’arrêter. Le panneau est vraiment vital. La descente aurait pu s’arrêter là. Le tout dernier bout jusqu’à l’auberge est un champ de mine mélangeant caillou et verglas, mais avec Blandine nous décidons de prendre par le haut pour rejoindre directement la piste de ski de fond. C’est l’idée du siècle ! Nous retrouvons pour cette dernière partie une poudreuse de rêve, une vrai Bonheur ! C’est vraiment génial de terminer une randonnée par ce genre de petit plaisir totalement inattendu. Nous traversons les pistes de ski de fond en évitant les mushers avec leurs chiens et arrivons finalement à la voiture. Une sortie superbe, avec une neige quatre saisons à la descente. Qu’en avez-vous pensé ? Je me réjouis de lire vos retours. Sinon pour la technique : Distance : env. 15.7 km Dénivelé : env 970m Durée : env 6h45 (selon suissemobile en hiver à pied, donc bien plus court en ski de rando) Difficulté : PD-. Hormis la longueur, il n’y a pas de grosses difficultés techniques. Le parcours est parfaitement tracé. Il est toutefois nécessaire de toujours se renseigner sur les conditions de neige et le degré d’avalanche. Ce jour-là le risque était limité. Lien vers le parcours: https://map.schweizmobil.ch/?lang=fr&photos=yes&logo=yes&detours=yes&season=winter&bgLayer=pk&resolution=3.53&E=2552891&N=1111639&trackId=328359604&layers=Winterhiking%2CSlope%2CSkiTour
Grand-Paradis – La Berthe à ski de randonnée (Champéry) needs route
Une course classique de ski de randonnée au départ du Grand-Paradis, avec la forêt, le plateau de Barme et la belle arête de Berroi offrant une vue panoramique. Le sommet de La Berthe récompense l'effort par un panorama dégagé, et la descente se termine par une poudreuse appréciée.