Le jour après notre sortie au Pic Chaussy, me voilà seul pour découvrir un autre coin touristique que je ne connaissais pas encore : Le Grand Chamossaire en partant de Villars. Il est peu avant 9h lorsque je pars de Villars. Je dois dire que je suis sacrément impressionné par la foule au départ de la télécabine et je suis bien content de ne pas la prendre. Je demande à un des employés où commence l’itinéraire et il me dit qu’en temps normal je pourrais passer par l’escalier pour rejoindre le début de la piste, mais le matin pendant un petit moment c’est la grosse cohue et il me conseille de faire un peu de portage pour prendre la piste plus haut. Me voilà donc ski sur le dos, à contourner le départ de la télécabine pour rejoindre le départ de l’itinéraire qui est heureusement bien marqué. Je sens que cela risque d’être un peu folklorique, il y a plus de plaques vertes que de plaques blanches plus haut. Mais je vais me laisser surprendre, on verra bien ce que ça donne. Me voilà donc parti. Je commence donc par longer les poteaux de la télécabine. J’avoue qu’il y a plus folichon comme départ, mais ça me va, mon but premier est surtout de me dépenser un peu. Et surtout, cerise sur le cadeau, je suis seul. Il n’y a personne d’autre aux environs. Il fait beau et surtout assez chaud, mais ici le soleil n’a pas encore fait son apparition, la neige est donc une belle croûte gelée qui heureusement se monte plutôt bien. Une première petite route est à traverser, parfait pour expérimenter le côté tout-terrain du ski de rando. La montée reprend. La pente s’accentue. Heureusement il y a encore de la neige par ici, même s’il faut faire attention de ne pas laisser son ski traîner n’importe où. Et là je me retourne… Une magnifique vue sur les Dents du Midi. J’avoue que je ne m’y attendais pas du tout. Avec cette vision, je comprends l’attrait touristique de cette station qui offre un panorama incroyable sur les Dents du Midi. C’est juste magnifique surtout avec ce soleil du matin. Je me réjouis de grimper, je sais que cela n’en sera que plus beau ! Un peu plus haut, deuxième route à traverser près d’un réservoir d’eau : Le balisage de l’itinéraire continue à grimper sous le télésiège, mais là il n’y a plus de neige sur un petit bout. Je vois des traces qui s’enfonce un peu sur la droite en grimpant. Je les suis. C’est glacé, mais il reste suffisamment de neige et de verglas pour grimper. Je croise le chemin d’une belle fourmilière juste éclairée par le soleil. Elles ont bien choisi leur emplacement pour construire leur immense maison. La Nature est tellement fascinante. Je n’ai encore croisé personne, quel Bonheur et quel contraste avec en bas. Je n’en reviens toujours pas. Mon itinéraire bis rejoint la clairière sous les remontées un peu plus haut, heureusement avec un peu de neige. Je ne vais faire que la traverser. Je suis les traces de skis qui s’enfonce cette fois dans la partie gauche de la forêt. Seule solution pour progresser, le balisage se trouve dans une zone sans neige et au vu de la pente, ça serait très compliqué ! Je continue à progresser, de plus en plus lentement dans cette forêt, qui tiens vraiment du parcours d’obstacles : Il faut slalomer entre les troncs d’arbre, l’absence de neige, les petits ruisseaux, les plaques de glaces et surtout la pente qui par endroit est très proche de 30 degrés. Je vois qu’il y a moins de traces de skis, mais plus de traces de chaussures… je finis aussi par abandonner et je fais du portage sur une bonne dizaine de mètre pour rejoindre, ce qui semble être une route bien recouverte de neige, enfin ! En même temps, je retrouve le balisage. Je prends une bonne pause ici. J’avoue que j’hésite entre rire et râler : si cela continue comme ça, je n’arriverai jamais au bout ! Dans tous les cas j’ai maintenant expérimenté le ski tout terrain. Enfin c’est ce que je croyais… Je croise enfin un autre randonneur qui me dépasse d’un bon rythme. On papote quand même une petite minute, on a bien rigolé sur le parcours jusque là. Il m’a dit qu’il a suivi mes traces. Il repart de plus belle et je me remets aussi en route. Cela fait du bien d’avoir enfin de la neige et une trace. La vue sur les Dents-du-Midi est tellement prenante et encore plus belle ! La montée est plutôt douce. Il n’y a pas beaucoup de balisage, une trace part presque « droit en haut ». D’après la carte elle devrait rejoindre le parcours officiel plus haut. La personne qui m’a dépassée auparavant l’a prise et je peux voir qu’il galère dans la progression, cela semble glisser pas mal, car c’est plutôt raide. Je prends donc l’option de redescendre quelques mètres pour rejoindre le parcours balisé. Je traverse une belle prairie croûtée et je dois enjamber un petit ruisseau. J’arrive à le faire sans enlever les skis et sans mouiller les peaux ouf ! Je rejoins un joli sentier qui passe dans la forêt. C’est plutôt joli et super varié quelle chance. Je déchante vite, le sentier n’est qu’une succession de glace vive. J’arrive à passer à côté sur la première partie, mais la progression est de plus en plus compliquée. Si je me fie aux traces, je fais comme les autres, j’enlève mes skis et commence un peu de portage. C’est beaucoup plus simple. Peu après, je quitte la forêt pour rejoindre une très belle clairière que je vais suivre un moment. Le soleil m’a maintenant rejoint et la neige passe d’une neige durée et glacé à une neige beaucoup plus molle. J’avance à nouveau à une allure normale. Je suis le consensus de la majorité des traces pour faire mon chemin. Tout l’art du vote. J’arrive près du Chalet de la Barboleuse à 1727m. Ici encore je fais le choix de ne pas suivre le balisage mais prendre une trace un peu plus directe qui monte. Je tente de passer un ski en dehors des traces et je commence direct à botter, je crois que c’est une bonne raison pour ne pas quitter les traces. La pente s’incline. Je me retrouve maintenant sur ce qui doit être un sentier assez large l’été et qui traverse cette pente pour prendre de l’altitude. Je sens que je suis à la limite de l’adhérence avec mes peaux, car la déclivité est grande. Pour l’instant ça tiens. Je reste super vigilant dans ma progression. Je m’attends à déraper à chaque instant. Je repère d’ailleurs d’autres traces de skis au travers des marques laissées par les couteaux. J’ai l’impression d’avancer sur des œufs, mais ça tient toujours. Je monte de manière régulière et je vois que la crête n’est plus très loin. Comme à chaque fois je me réjouis de voir ce que je vais trouver de l’autre côté. La curiosité me pousse en avant. Voilà c’est fait ! Je peux enfin voir en face, avec une belle vue sur Leysin avec la Tour d’Aï et la Tour de Mayen depuis un angle dont je n’ai absolument pas l’habitude. Je suis à côté d’une piste de ski que je dois maintenant longer pour passer près du Roc d’Orsay. La neige à l’air excellente ici ! Je vois maintenant mon but, qui se dresse devant moi. Je sais que je peux y arriver. Je passe sous un téléski et continue la montée. Lentement mais sûrement. Je vois des traces qui partent « droit en haut ». Pour ma part, je préfère faire de beaux zig-zag, c’est tellement plus agréable ! Voilà, j’y suis ! Je l’ai fait, je suis arrivé au sommet ! La vue est tout simplement exceptionnelle. Je pense que je pourrais rester ici un bon moment à observer les montagnes alentour. La Plaine du Rhône est plongée dans la brume et c’est tant mieux. Les montagnes sont tellement belles. Certes j’ai retrouvé la foule de la station, mais ce n’est pas grave. Je suis content de l’avoir fait. J’y retrouve d’ailleurs le randonneur qui m’avait dépassé vers le réservoir et pris un autre chemin. Il m’a avoué que l’autre trace n’était pas une super idée, c’était très glissant. Maintenant que j’ai accompli ma mission, je vais découvrir le reste de la station de ski, non sans m’arrêter au Roc d’Orsay pour une bonne pause repas. En résumé une journée magnifique et un parcours extrêmement varié. On est vraiment dans un randonnée toutes conditions. Et vous y êtes-vous déjà en ski sans emprunter les remontées ? Je me réjouis de lire vos expériences. Je suis aussi curieux d’avoir vos avis sur les images. Merci à tout ce qui me suivent. Sinon pour la technique : Distance : env. 4.9 km (montée seulement) Dénivelé : env. 870 m Durée : env 3h (selon suissemobile en hiver à pied) Difficulté : F+. A cause du manque de neige, pas mal de gymkhana dans la première partie. Il y aussi un passage assez raide où les couteaux peuvent être nécessaire en fonction des conditions. Lien vers le parcours: https://map.schweizmobil.ch/?lang=fr&photos=yes&logo=yes&detours=yes&season=winter&bgLayer=pk&resolution=1&E=2570709&N=1128979&trackId=1614701810&layers=Winterhiking%2CSlope%2CSkiTour
Le Grand Chamossaire depuis Villars (ski de randonnée) needs route
Une montée variée au départ de Villars, avec une vue magnifique sur les Dents du Midi dès le début puis sur Leysin et la Plaine du Rhône depuis le sommet. Le parcours alterne forêt, clairières et crêtes, et offre une belle solitude malgré la proximité de la station.