Il y a déjà quelques semaines, j’ai eu la chance de gagner deux cartes journalières pour le domaine skiable d’Arosa – Lenzerheide. Nous avons donc profité avec Blandine d’y passer un week-end prolongé en faisant au moins une sortie en ski de randonnée : L’idée du jour était de trouver un challenge intéressant et autre que longer une piste de ski. J’ai déniché un plan A super intéressant : Aller faire le Tschengla en partant depuis Tschiertschen. C’était une super idée, mais je n’avais pas réalisé qu’il nous aurait fallu une bonne heure de route pour nous y rendre, les joies des reliefs... Je n’ai réalisé cela que le jour précédent la sortie. Nous nous sommes donc replongés sur la carte. En arrivant sur Arosa, j’ai remarqué avant d’arriver un magnifique sommet où il avait l’air d’y avoir pas mal de traces de skis, ça sera notre plan B : Le Mattjisch Horn en partant de Langwies. La sortie coche toutes les cases avec toutefois une incertitude : On ne se souvient plus vraiment jusqu’à quelle altitude il manque de neige, vu que c’est une face sud. Le jour J, en chemin, on a dû se rendre à l’évidence : Il risque d’y avoir trop de portage sur la première partie ! Nous nous arrêtons donc sur le bord de la route et ressortons les topos et autres descriptifs du CAS. Je me souviens que lors de notre passage vers Langwies, j’ai vu beaucoup de voitures parquées à un endroit un peu à l’écart où il paraissait y avoir de la neige. J’étudie la carte une énième fois et nous finissons par jeter notre dévolu sur le Stelli qui culmine à 2622m ! L’orientation paraît optimale et surtout la première partie du parcours se déroule en forêt et donc bien enneigé. En théorie ça devrait bien se passer. Mon inquiétude : Vais-je réussir à avaler autant de dénivelé ? Moi qui n’ai jamais dépassé les 1000 mètres ! Nous voilà donc parqué et il y a de la neige ! En fait nous allons emprunter une piste de luge et de randonnée hivernale parfaitement préparée qui mène jusqu’à une auberge de Montagne le Heimeli située à 1829m. C’est parti ! La pente est très douce et régulière. C’est parfait, cela permet de démarrer tranquillement. La neige est même étonnement bonne. On se croirait presque sur une piste préparée, mais sans personne. Il ne fait ni trop chaud, ni froid, c’est parfait pour avancer et prendre de l’altitude. La forêt est magnifique. Il y a un ruisseau en contrebas que nous longeons. En traversant un pont nous avec un magnifique point de vue. Plus loin le chemin longe une falaise, c’est superbe. Il y a vraiment une belle ambiance. C’est fou comme l’orientation est importante, plus haute, dans la face sud, il n’y a pas de neige. Ici en bas, abrité du soleil, les conditions restent parfaites ! Nous sortons de la forêt. D’autres sommets se dévoilent à nous, c’est tellement beau. Le ciel est voilé par endroit et les rayons du soleil jouent avec le relief, j’adore ! Nous quittons l’abri des arbres, la vue se dégage. Que cela soit devant ou derrière nous. Nous arrivons à un ancien village où nous prenons une petite pause. En face de nous le bâtiment de la poste, un chalet absolument magnifique qui date de 1863. C’est incroyablement beau. Nous n’avons pas rencontré beaucoup de monde. Nous nous remettons en route avec le soleil qui nous réchauffe et surtout une superbe vue sur le Schüpfenflua qui nous domine. C’est fou de se dire qu’à vol d’oiseau Davos se trouve juste derrière cette montagne. La géographie alpine me fascine toujours ! Après un joli faux-plat, cela recommence enfin à grimper. Nous arrivons à l’auberge Heimeli qui marque la fin du chemin préparé. Nous sommes vraiment contents d’avoir pris cette option, car cet itinéraire nous auras permis de prendre 500 mètres de dénivelés sans quitter nos skis et sans difficultés. Sur la suite il y passablement de traces. C’est parfait pour ne pas trop de poser de question sur l’itinéraire. Nous vérifions quand même régulièrement notre position sur la carte pour ne pas se tromper. Nous passons par un petit pont et continuer grimper. La neige semble parfaite. Je pense que l’endroit ne dois pas recevoir beaucoup de lumière. On devrait bien s’amuser à la descente ! Vers Stafelboda, nous bifurquons sur la gauche pour rejoindre le hameau suivant : Inder Haut à 2027. Il aurait été possible de continuer tout droit puis prendre le Strelapass qui rejoins les hauts de Davos, ou encore longer le Hauter Tälli qui semble si sauvage et rejoindre Weissfluhjoch. C’est dingue toutes ces connexions possibles. Arrivés vers les chalets, nous faisons une pause pique-nique sur un banc. J’en profite pour sortir mon téléobjectif et prendre quelques photos. Il nous reste encore 600 mètres de dénivelés. Jusqu’ici tout s’est relativement bien passé. Le soleil s’est voilé. Un jour blanc à fait son apparition et il devient compliqué de distinguer le relief, heureusement nous montons. Normalement ça devrait se découvrir, du moins je l’espère fortement, sinon la descente sera compliquée. Nous repartons. Il y a tellement de possibilités de sommets ici, c’est magnifique. Vers le point 2150 environ, nous prenons la trace qui nous mène en direction du Stelli. Nous aurions aussi pu bifurquer ici en direction de Zenjiflua et rejoindre le domaine de Davos – Klosters par ce qui semble être une magnifique descente sur la carte. Nous croisons un groupe de randonneurs en raquettes. Il en faut du courage pour monter jusqu’ici en raquettes ! Au moindre changement de relief, la neige change complétement. On passe d’une bonne poudreuse légère, à une neige cartonnée et dure en passant par de la neige de printemps lourde. C’est fou ces changements permanents. Plus haut nous rencontrons un groupe qui redescend du sommet. J’échange quelques mots avec eux : Ils ont un peu galéré à la descente car c’est très croûté et ont dû composer avec le jour blanc. On verra, avec un peu de chance d’ici à ce qu’on arrive la neige va se détendre un peu. Vers 2300m, je commence à sérieusement fatiguer. Le mental prends le relais du physique. Blandine est devant et avance avec régularité et détermination. Nous avons la chance d’avoir une belle trace qui permet une montée régulière. Le soleil refait son apparition et les reliefs apparaissent à nouveau, quel Bonheur et surtout quel panorama : Des sommets à perte de vue, c’est incroyablement beau et cela change tellement des paysages dont j’ai l’habitude. Tout est un peu moins brut qu’en Valais et quand même plus vallonné que dans mes Préalpes, c’est superbe. Un ski après l’autre, j’avance. Je sens que je dois prendre des pauses plus fréquentes. C’est vraiment compliqué pour moi. Heureusement que chaque mètre me rapproche du sommet. Plus que 200 mètres. Nous sommes maintenant dans un large couloir plus pentu. Je me prends à rêver de m’arrêter ici, mais je dois continuer. J’étudie une énième fois la carte, la pente sera plus facile plus loin. Allez plus que 120 mètres. Une belle ouverture me permet d’avoir une superbe vue sur Arosa. Nous avons déjà bien grimpé. Je me réconforte et m’encourage comme je peux. Chaque pas est plus difficile que le précédent. J’ai de la peine à récupérer mon souffle, mais je continue. Je sais que le but est proche. Arrivé à un replat, je respire, je vais y arriver. Il ne reste plus qu’une vingtaine de mètres qui sont plutôt impressionnant : Il faut remonter sur l’arête jusqu’au sommet. Ce n’est pas large, mais c’est gérable. Voilà j’y suis ENFIN ! Quel plaisir et quel bonheur. Je commence par me poser un moment pour reprendre mes esprits. Quelle aventure pour arriver jusqu’ici ! Nous avons le sommet pour nous ! Quel privilège et surtout quelle vue. C’est un panorama à 360 degrés à couper le souffle ! En plus le soleil éclaire la scène, quelle chance inouïe. Nous restons un bon moment au sommet à reprendre des forces, nous reposer, nous préparer pour la descente et pour ma part à prendre quelques clichés. Il faut faire attention, car la pointe n’est pas large du tout et un faux pas n’est pas permis. Une fois presque prêt, le vent se lève et nous pousse à finir de nous préparer pour entamer rapidement la descente. C’est parti ! Nous passons d’abord dans la pente est, dans une neige excellente. Plus bas nous reprenons l’itinéraire de montée. C’est très croûté. Sur cette partie-là, ça ne sera pas du beau ski, mais plutôt du ski-survie. J’essaye de partir un peu sur la droite, la neige est subitement excellente sur une centaine de mètres, puis la croûte revient. Il y a un part de loterie aléatoire dans cette descente, on passe d’une neige top à quelque chose d’horrible sans signes annonciateur. Heureusement à chaque virage nous perdons de l’altitude et tout se passe assez bien. Blandine rigole beaucoup, moi un peu moins, mais dans l’ensemble ce sont des conditions sacrément acceptables. Nous voilà arrivé au hameau, là on se fait plaisir, la neige est exceptionnelle. Plus bas, nous retrouvons la neige de printemps croûtée. Nous nous arrêtons au restaurant pour reprendre quelques forces. L’intérieur est rustique et magnifique ! Nous repartons. Le passage sur le chemin préparé est vraiment sympa. C’est large et permet de skier presque comme sur une piste. C’est parfait pour terminer la journée. Nous arrivons à la voiture, éreinté mais heureux d’avoir réussi un tel sommet et surtout dans les super conditions que nous avons eues. La région mérite vraiment le détour. Son seul défaut ? C’est très loin. Et vous ? Qu’en pensez-vous ? Y êtes-vous déjà venu l’hiver ? Je me réjouis de lire vos commentaires. Sinon pour la technique : Distance : env. 17.5 km (montée et descente) Dénivelé : env. 1280 m Durée : env 8h6 (selon suissemobile en hiver à pied) Difficulté : PD-. L’accès au sommet se fait par un chemin de crête. Hormis la longueur, il n’y a pas de grosses difficultés techniques. Lien vers le parcours: https://map.schweizmobil.ch/?lang=fr&photos=yes&logo=yes&detours=yes&season=winter&bgLayer=pk&resolution=4.52&E=2776780&N=1188690&layers=Slope%2CSnowshoe%2CSkiTour&trackId=1120611220
Stelli (2622 m) depuis Langwies par le Heimeli needs route
Une montée en ski de randonnée très variée, qui part d'une piste de luge préparée et traverse forêts, anciens hameaux et crêtes. Le sommet offre un panorama à 360 degrés, avec une arête finale impressionnante mais gérable.