Ski de randonnée guidé : Grimentz – Bendolla – Lac de Lona – Diablons – Moiry needs route

Une journée de ski de randonnée guidée dans le jour blanc, avec des pentes variées, une neige poudreuse et un sommet atteint au milieu des nuages. Le guide, qui connaît chaque pierre du terrain, rend l'aventure sûre et mémorable malgré la visibilité réduite.

route 17.0 km 750.0 m D+ 7.83 h 1 days (claimed) Apr

Diablons · Lac de Lona · Becs de Bossons · Col de Lona · Sasseneire · Lac de Moiry · Grimentz · Bendolla

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Sources

Aujourd’hui je vais vous raconter une incroyable expérience que j’ai vécue il y a quelques semaines : Ma première course

fb · Daniel Borloz · 2025-04-10 · open original

Aujourd’hui je vais vous raconter une incroyable expérience que j’ai vécue il y a quelques semaines : Ma première course à ski de randonnée avec un guide ! Cette journée en cinquante nuances de blancs, commence très tôt à Lausanne, d’où nous partons avec Blandine. Après un premier arrêt à la Conversion pour covoiturer avec un couple d’amis à elle, nous voilà en route pour Fully, où nous faisons un nouvel arrêt pour prendre notre guide du jour, Sylvain. C’est donc bien serré que nous arrivons à Grimentz peu après l’ouverture des remontées. Une longue journée pleine de surprise nous attend. Nous avons donné carte blanche au guide. Quoi de mieux que de laisser un pro passionné faire ? Pour l’instant il y a une brume très tenance, mais nous avons tous bon espoir qu’elle se dissipe une fois que nous serons plus haut. En regardant la webcam de Tracuit, ça semble dégagé à 3200m en tout cas ! Une fois équipé, nous prenons la télécabine jusqu’à Bendolla le temps d’un café pour finir de nous réveiller. Après ce petit interlude, nous prenons un télésiège puis une assiette qui nous mène sous le col de Lona qui indique la fin de la partie mécanisée de notre périple. Quel chance le soleil a fait son apparition, c’est absolument idyllique ! Nous sommes tous super motivé et pour ma part, ainsi que d’une autre personne du groupe, un peu anxieux. Le guide nous fait attacher les couteaux directement au sac afin de les avoir à portée en cas de difficulté. Cette une évidence à laquelle je n’aurais pas pensé et effectivement un super conseil. C’est vraiment génial de pouvoir profiter son expérience dès le départ ! C’est au travers de ce genre de détails que parfois tout tient. C’est parti ! nous suivons une belle trace qui contourne les Becs de Bossons. La pente est forte. Heureusement la trace est bonne et ça passe bien. Ce n’est pas gelé. Nous nous dirigeons vers le col des Becs de Bosson. Au moment où je sors mon appareil, la brume refait son apparition. Arrivé au passage du col, je profite déjà belles nuances de blancs. Je vais remiser l’appareil dans le sac, car décidément le voile semble tenace. Je n’ai pas non plus envie de faire traîner le groupe. Nous partons en direction de la cabane. Nous sommes contents qu’il ait un peu reneigé ces derniers jours, car vu l’orientation de la pente, la neige fond très vite par ici. Il est déjà temps de nous préparer pour notre première descente. Sylvain nous explique comment nous comporter : Toujours s’arrêter au-dessus du guide, on reste dans un couloir assez étroit autour de la trace du guide et si possible on suit les mêmes courbes que lui, ce qui permet de maximiser la neige vierge pour tout le monde ! Il n’y a pas de traces quel plaisir. En prime la neige est vraiment bonne ! Nous passons rapidement devant la cabane et continuons notre descente. Le guide s’arrête. Un passage très raide est devant nous. Il nous donne tous les détails : descendre en dérapant régulièrement avant de traverser. Je passe en troisième. J’avoue que là je ne suis plus dans ma zone de confort, mais bien au-delà de ma zone rouge. Ce n’est pas long, à peine une vingtaine de mètres, mais on devine un rocher et le vide dessous. La pente est dans les 45 degrés. La brume ajoute un peu d’inconnu et mon imagination fait le reste. J’ai le trouillomètre au maximum. Je suis les autres la mort dans l’âme. Oui je n’ai pas suffisamment confiance en moi et dans mon matériel. J’ai les genoux qui flageolent et je me demande vraiment ce que je fais ici. C’est un passage vraiment hyper flippant. Je ne suis pas le seul proche de la panique une autre personne du groupe est en PLS. C’est difficile pour elle, car elle a encore moins confiance en elle que moi. Après quelques mètres de glissade, il faut traverser sous un rocher et aller dans la combe suivante, ce qui se passe plutôt bien. Là la pente est un peu plus raisonnable et il faut amorcer un premier virage. J’ai besoin de deux minutes avant de pouvoir m’élancer, tellement mes jambes ont tremblé sur le passage précédent. Tout se passe bien. Ma peur est passée. J’espère au fond de moi qu’il n’y aura pas d’autres passage du genre, car c’était vraiment très compliqué d’un point de vue purement mental. Je sais bien qu’il ne s’agit que d’un test de notre guide pour juger de notre niveau et ainsi imaginer les possibles variantes d’itinéraires du jour. Nous reprenons notre descente jusqu’à un replat un peu plus bas. Nous déchaussons. Sylvain va regarder si le jour blanc est moins fort du côté, mais cela ne semble pas être le cas. Il faut maintenant faire un peu de portage pour passer une petite colline. Il ouvre la marche, nous suivons ses traces. Avec mon poids déraisonnable, pour rester dans le politiquement correcte, il m’arrive de m’enfoncer jusqu’en haut de la cuisse à plusieurs endroits. Le seul moyen d’en sortir : se mettre à genoux et avancer comme ça sur quelques pas en rampant. Ça fini par passer. J’arrive foutu sur le haut de la colline. J’ai bien dû faire quatre fois plus d’efforts que les autres. Deux fois plus, car je pèse deux fois plus lourd et que je m’enfonce deux fois plus que les autres. Heureusement qu’il ne s’agit que d’un « petit » portage. Je n’ai pas encore réalisé toutes les subtilités des remarques de guides dites avec un grand sourire : « A une petite distance », « Oh c’est dans cinq minutes », « un passage un peu plus pentu ». Ce qui est cependant exceptionnel c’est que nous avons beau être dans le jour blanc en ne voyant pas grand-chose et en ayant qu’une très vague notion d’où nous nous trouvons, notre guide lui sait exactement où nous nous sommes, connaît chaque pierre, chaque combe et variation du terrain. C’est un tel plaisir de suivre dans la confiance, le tout dans les sourires et la décontraction. Je réalise le bonheur absolu d’être guidé ! Une nouvelle et belle descente dans un pente faible nous attends. Il n’y a aucune trace, c’est juste magique ! Je profite d’un petit arrêt pour prendre ma troisième photo de la journée. Il y a, l’espace d’un instant, un peu de visibilité sur une centaine de mètre entre deux nuages. J’ai l’impression d’être sur un autre monde. Nous continuons la descente jusqu’au Lac de Lona. Nous en profitons pour boire, prendre un petit en-cas et surtout remettre les peaux. Là encore un petit truc de guide : Ne pas quitter ses skis, cela permet souvent d’écourter un peu la pause ou alors l’un après l’autre. Il y a encore énormément de neige ici, c’est vraiment impressionnant. Nous remontons. Le guide avance avec assurance et fait une trace dans les règles de l’art: Jamais trop raide. Il slalome entre les rochers et les différentes pentes pour une montée aussi constante que possible. C’est génial. J’apprends en outre qu’il faut éviter d’utiliser les cales afin d’allonger le pas et améliorer notre mouvement pour économiser un peu d’énergie. Par endroit il est difficile de distinguer la pente. Tout ce que je sais, c’est que nous sommes absolument seul. Il n’y a d’ailleurs aucune autre trace que les nôtres ici. C’est génial. Nous avançons lentement mais sûrement. D’un coup je le vois disparaître. Il doit y avoir une petite descente. En fait c’était une petite corniche formée par le vent. Heureusement nous pouvons l’éviter. On continue avec lenteur et assurance. Nous sommes sortis d’une première couche de brume et la suivant n’est pas loin au-dessus de nous. Nous sommes quelques parts entre le Sasseneire et les Diablons. Nous avons une nouvelle pente à passer en devers. La trace ne tient pas. A chaque pas que je fais, mon ski glisse et je dois me rattraper. J’avance la peur au ventre. Le passage est court. J’essaye de relativiser, car sais que dans les faits il n’y a pas de gros risques, mais cette glace cachée sous la neige fraîche est vraiment compliquée à gérer. Ici encore nous sommes deux à souffrir sur ce passage. Je suis vraiment heureux d’arriver au bout. Je respire à nouveau. Ce genre de défi me bouffe une énergie énorme. Je vois par où nous allons passer. Il y a un col en face de nous, avec une pente entre 30 et 35 degrés. Il y a déjà une belle trace. C’est le moment idéal pour pratiquer les conversions en profitant des conseils techniques pour les réaliser au mieux sans perdre d’énergie. J’ai encore de gros progrès à faire, j’avoue ! La pente est plutôt forte sur la fin. Sylvain me fait mettre les couteaux sur la dernière part, ce qui est une excellente chose, car cela me permet de faire les dernières conversions avec une assurance toute relative. La vue depuis le col est… tout simplement blanche. Le sommet des Diablons n’est pas loin, « c’est juste à côté ». Encore un piège de guide dans lequel nous sommes tous tombé avec plaisir. La neige est différente, nous sommes maintenant orientés sud. Il y a un mélange de glace et de neige un peu plus molle. J’ai laissé les couteaux sur conseil du guide. Bien que cela soit un peu plus pénible d’avancer. J’ai l’avantage de ne pas craindre de glisser. J’avance vraiment lentement, car bien que nous n’ayons pas fait de dénivelé conséquent. Je suis vraiment crevé. Le réveil matinal, les quelques passages compliqués et surtout l’altitude, qui n’aide pas, mais alors pas du tout y sont sûrement pour quelque chose. Je respire comme un bœuf et je ralenti à chaque pas. A chaque virage, je me dis que je vais arriver au sommet, mais non toujours pas. J’ai maintenant bien intégré qu’il faut toujours multiplier par deux ou trois toutes les estimations en termes de distance, temps ou dénivelé qu’un guide va communiquer avec un grand sourire. Et voilà nous sommes au sommet !!! Quelle vue, c’est dingue, nous avons le droit à trente autres nuances de blancs. Même si l’on sent que le soleil n’est pas loin, il n’arrive pas à percer. On en profite pour faire une bonne pause pique-nique. Il faut plutôt chaud, nous sommes à plus de 3000 mètres et je n’ai pas froid c’est assez fou. Après avoir repris quelques forces et vu l’heure avancée, nous n’allons pas explorer plus en avant, mais nous allons amorcer cette fois-ci une belle descente. Les premiers virages se font en toute prudence, une magnifique et longue pente dans les trente degrés se dessine sous nos pieds. Je béni le guide devant, ça sera notre repère, car le jour blanc fait qu’il n’est pas possible de deviner quoique ce soit. Il faut de beaux virages. Je le suis, c’est une belle moquette bien revenue, juste parfaite à skier. Un vrai plaisir. Nous nous arrêtons souvent, une personne du groupe est à bout de force et les nerfs lâchent. C’est vrai que ce n’est pas simple, mais j’avoue que pour ma part, bien qu’étant fatigué, j’arrive à prendre du plaisir ici. Nous arrivons entre deux couches de nuages. On devrait avoir une vue sur le Lac de Moiry, mais nous avons simplement d’autres nuances de blancs. La neige change et devient poudreuse pas endroit. C’est vraiment top ! Nous n’avons toujours rencontré personne d’autre. Petit à petit nous perdons de l’altitude. Par endroit la visibilité est largement inférieure à 50 mètres. Il faut vraiment bien suivre notre guide, sa silhouette s’estompe rapidement. Il paraît que nous sommes juste à côté du Lac. Nous sommes obligés de le croire sur parole. Effectivement plus bas, nous le verrons durant quelques secondes ! Nous arrivons au barrage. Nous prenons l’ancienne route qui part droit devant dans la pente est. C’est impressionnant mais tout à fait faisable. La neige est bonne. La visibilité devient moins mauvaise. Nous voyons le fond de la vallée. Une personne est au bout du rouleau, nous avançons tranquillement et prenons tout notre temps. J’essaye de lui changer les idées et de lui remonter le moral, car honnêtement je suis aussi au bout du rouleau aussi, mais simplement j’arrive à plus ou moins le cacher et surtout le plus important : Je garde le sourire. Plus bas, nous avons un petit tunnel à franchir. Il faut déposer les skis c’est de la glace vive. En revanche cet endroit offre une vue pleine de magie. Je ressors enfin mon appareil qui dort dans mon sac. Nous sommes sur la route que l’on emprunte en voiture l’été, ce sont des sensations étranges. La descente est extrêmement douce. C’est parfait pour une fin de course. Arrivé à un virage en épingle à cheveux, nous remontons un peu sur la gauche pour rejoindre la piste de ski. Il n’y a plus personne le domaine est fermé. Sylvain veut nous faire passer par la forêt dans une belle pente. Je préfère les trente mètres de portage sur un chemin pour rejoindre la piste plus haut sans devoir faire de ski-khana. Plus que quelques virages sur la piste. Et nous voilà déjà à la fin de cette journée absolument incroyable à tous les niveaux. Nous terminons par une boisson bien méritée dans un bar en face des remontées. Je ne m’attendais pas à ça. Je vais mettre plusieurs jours à digérer cette journée extraordinaire. Vous me direz peut-être, dommage pour la météo ! Je ne vous répondrais absolument pas, car j’ai passé des moments forts en montagne qui resterons gravés en moi avec des personnes incroyables. La Nature s’est présentée à nous sous un autre jour qui aussi apporté son lot de magie. J’ai pris un énorme plaisir tout au long de la journée dans les rires et les pleurs. Si une fois vous avez l’occasion de faire un tour guidé, n’hésitez pas une seule seconde cela en vaut la peine ! C’est une chance extraordinaire à ne pas manquer ! Dites-moi en commentaire ce que vous en pensez ! Je me réjouis de vous lire. Sinon pour la technique : Distance : env. 17 km (montée et descente) Dénivelé : env. 750m en montée et 2000m en descente. Durée : env 7h50 (selon suissemobile en hiver à pied) Difficulté : PD+. Cet itinéraire comporte quelques difficultés : Un passage dans une très forte pente qui est évitable. Plusieurs traversées en devers dans de bonnes pentes. Une montée dans une pente à plus de 30 degrés. La descente passe aussi dans une pente à plus de 30 degrés sous le sommet. Pas de partage du parcours pour une fois.

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Good months