Tracuit ou la Montée Infernale (à ski depuis les Plats de la Lé) needs route

Une grande randonnée à ski hivernale vers la cabane de Tracuit, avec des vues exceptionnelles sur le glacier de Zinal, le Zinalrothorn et le Weisshorn. Le coucher de soleil sur les sommets depuis la cabane offre un spectacle magique au bout d'un effort très exigeant.

route 11.5 km 1650.0 m D+ 6.83 h 1 days (claimed) Apr

Cabane de Tracuit · Plats de la Lé · Zinal · Navisence · Vichiesso · Arpitetta · Roc de la Vache · Turtmanngletscher · Besso · Pigne de la Lé · Zinalrothorn · Weisshorn · Bishorn

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Sources

Tracuit ou la Montée Infernale (Partie 1 sur 2).

fb · Daniel Borloz · 2025-04-14 · open original

Tracuit ou la Montée Infernale (Partie 1 sur 2). Voilà le titre qui m’a été suggéré par Blandine pour mon récit du jour et l’aventure que nous avons vécu ensemble il y a près de deux semaines. Elle m’a offert comme cadeau pour mon anniversaire un défi : monter durant l’hiver à la cabane de Tracuit pour y passer la nuit. Il est dimanche matin quand nous arrivons sur le parking au bout des Plats de la Lé vers Zinal. Il va faire chaud et probablement beau aussi pour notre aventure du jour. J’avoue que j’ai beaucoup de doutes sur ma capacité à y arriver. Je n’ai jamais fait une aussi grande randonnée à ski de ma vie et encore moins à cette altitude. J’ai moyennement bien dormi. Nous avons hésité, mais finalement nous avons embarqués nos piolets, vu qu’il y a un peu de portage sur la fin. Qui sait, cela nous sera peut-être utile ? Comme souvent cet hiver, j’ai fait une concession dans mon paquetage : J’ai fait l’impasse sur mon téléobjectif. Je me suis dit que le défi serait déjà suffisamment grand avec mon appareil photo et juste mon objectif standard. C’est plongé dans l’ombre que nous partons les skis aux pieds. Le ciel est pour l’instant bleu azur. Nous prenons la piste de ski de fond qui est encore complétement gelée. Je pense que la neige se transforme rapidement dans l’après-midi. La Navisence coule doucement avec de magnifiques reflets dorés sur notre droite. J’adore cette belle ambiance. Nous sommes partis tôt, car nous savons que nous n’irons pas rapidement. Ce qu’il y a de bien, c’est que ce long plat nous permet de chauffer tranquillement les muscles. La neige verglacée crisse sous nos skis. Plus loin, la piste est fermée. Il y a des restes de coulées. Je ne m’aventurerai pas de ce côté à partir de la fin de matinée ! Je peux déjà distinguer le Besso au loin. Une fois arrivé au bout des Plats nous traversons le pont et quittons la piste de ski de fonds. Nous prenons le chemin qui monte, entre autres, à la cabane du Petit Mountet, ainsi que vers la grotte glaciaire. La montée est constante et plutôt agréable. A la hauteur d’une cascade de glace nous devons travers une première coulée. Le chemin est bien tracé au travers. On peut même voir un poteau indicateur à moitié broyé par cette coulée. Bien qu’elle soit petite, je n’ai pas envie d’imaginer d’être pris dans quelque chose du genre et beaucoup d’autres destinations. Je ne peux m’empêcher d’être fasciné par ces montagnes qui m’entourent. Je me sens tellement dominé par tous ces sommets qui m’entourent. La Nature douce en bas et brute plus haut, loin du monde des hommes. Nous rattrapons le soleil, l’ambiance chance instantanément. Il fait tout de suite chaud. J’enlève les gants. En arrivant au Vichiesso, nous avons un petit répit dans la montée. Plus loin sur le chemin, le manque de neige se fait déjà sentir dans certains passages bien ensoleillé. Pour l’instant tout passe sans déchausser. Nous arrivons au pont qui enjambe la Navisence, alimentée par le glacier de Zinal. Il n’y a pas un grand débi. Le pont est en partie enneigé. Je préfère déchausser plutôt que de faire du skikhana. Au milieu de la traversée, je profite de ce superbe spectacle : avec le Pigne de la Lé d’un côté et le Besso de l’autre, le panorama est impressionnant avec ces hautes montagnes éblouissantes et parfaitement blanches. Les premiers nuages mouchètent le ciel. Quoi de mieux qu’une touche blanche dans ce bleu bien trop monotone à mon goût. A peine avons-nous traversé la rivière que deux options s’offrent à nous : Des traces à gauche et d’autres à droite. Nous tergiversons un peu, nous n’avons pas enregistré le même parcours. Après une courte discussion nous commençons par aller sur la gauche, mais très vite nous voyons que la trace redescend un peu. Mon côté flemmard prend le dessus : c’est impensable de redescendre d’un mètre, cela signifie augmenter le dénivelé. Je décide donc que nous prendrons sur la droite. Nous naviguons entre les jeunes sapins. En fait je remarque qu’il y a des traces un peu partout. Visiblement ici c’est un peu la règle du : « traverse comme tu peux ». Nous nous efforçons de suivre au mieux la carte. Deux personnes nous dépassent et sont tout aussi indécises sur le chemin à prendre. Nous prenons de l’altitude. A partir de 1950m, il y a un petit passage forestier toujours avec plusieurs choix. Nous tentons de prendre celui que l’on peut tout en bifurquant en direction du sud, car en continuant sur l’est nous partons plutôt en direction d’Arpitettaz ou du Blanc de Moming. Nous débarquons dans une petite clairière à plat que l’on traverse de manière folklorique. Nous pensons maintenant être sur l’autoroute qui mène à la cabane, la trace est plus fournie. Nous traversons le torrent de l’Arpitetta, qui a plus l’aspect d’un petit ruisseau tranquille en cette période. Ça remonte. Le manque de neige se fait cruellement sentir : C’est possible de grimper ici sans déchausser, mais impossible à la descente ! On sait ce qui nous attendra au retour … Nous rechaussons les skis pour gagner un peu d’altitude avant de les enlever à nouveau. Je les accroche sur le sac, car il y un peu de distance à faire à pied. Nous passons devant le chalet vers 2082m. Nous traversons une pente en devers remplie d’arbustes et de pierres. Il n’y a quasi pas de neige. Je décide de garder les skis sur le sac. Blandine va les remettre vers 2100m d’altitude et pour ma part, je continue encore un peu en portage. Je continue jusqu’à m’enfoncer de manière aléatoire jusqu’en haut du genou. Je sais, enfin du moins j’espère, qu’à partir de maintenant nous devrions avoir de la neige jusqu’en haut. Néanmoins ce manque de précipitation est quand même bien marquant. J’avoue que je suis déjà bien fatigué, bien que nous n’ayons fait qu’un tiers du dénivelé. Je ne sais pas comment je vais faire pour la suite. Effectivement il y a de la neige sur tous le parcours. Nous rencontrer les premiers groupes qui redescendent depuis le Bishorn. Nous n’oublions pas de les féliciter. La neige est toujours bien dure, mais je sens que ça va vite tourner. Même s’il y a quelques nuages, le soleil tape très fort. Il fait très chaud. Nous prenons une première pause. Plusieurs personnes nous dépassent. Je n’ai pas pris le temps de vous parler de la vue qui est absolument exceptionnelle. La vue en direction du glacier de Zinal avec tous les sommets alentours est juste superbe. Je suis aussi fasciné par le glacier de Moming devant nous et le Weisshorn sur notre gauche. Après cette halte nous repartons. La trace est bien faite, il y a un joli zig-zag qui permet de progresser à un rythme régulier. J’avance lentement. Nous arrivons au col à côté du Roc de la Vache ! Un peu plus de la moitié du dénivelé est derrière nous. La vue est impressionnante. Nous avons enfin le premier aperçu de la cabane perchée sur la falaise devant le Turtmanngletscher. Nous prenons une courte pause ici avec une descente. Blandine part en avant et me fait signe qu’on peut descendre sans enlever les peaux. Ma forme est déjà sacrément entamée. Je me demande comment je vais faire. Pour moi c’est un peu un point de non-retour. Du moment où je descends ici, je sais que remonter sera très compliqué. Oui j’étudie à chaque instant l’éventualité d’un demi-tour et ce que ça me coûterai en termes d’énergie. Je sais que ce que nous venons d’accomplir sera très difficile au moment de redescendre. Je pars donc du principe que pour l’instant ma meilleure option reste de continuer. Quand je me remets en route, Blandine a déjà faite toute la descente. Je me lance sans aucune confiance. La neige est exceptionnelle ici : Une magnifique pente nord avec une neige poudreuse à souhait. Mais je n’en profiterai pas un seul virage, nous descendant en traversée en dérapage plus ou moins contrôlé. Avec le nombre de passage il y a presque une piste qui s’est créée jusqu’au plat. Il faut maintenant faire des virages. J’avoue que depuis que j’ai testé deux fois le sport le plus dangereux du monde : Le ski de fond classique, j’arrive à gérer les virages presque sans encombre avec les skis de randos peau et chaussures ouvertes. Je laisse aller et je recommence à respirer après la fin du plat. Nous nous posons à nouveau quelques instants pour reprendre quelques forces. J’essaye de manger quelque chose, mais j’ai de la peine. Il nous reste environ 700m de dénivelé à faire. En terme technique, il n’y a pas de grosses difficultés. Nous repartons. Je progresse de plus en plus lentement. Je n’ai pas trop de stress, car entre le changement d’heure et notre départ tôt, il reste heureusement beaucoup de temps à disposition avant le repas du soir et encore plus avant le crépuscule. Bien que la montée commence de manière relativement tranquille. Mes pas sont incertains et ma fatigue augmente sérieusement. Je dois m’arrêter de plus en plus souvent. Arrivé vers des premiers rochers je m’effondre un moment pour essayer de récupérer un peu. Mais cela ne fonctionne pas beaucoup. Blandine essaye de me motiver tout ce qu’elle peut. En me disant de rester dans ses skis. Elle progresse très très lentement. Ski après ski. Mètre par mètre, nous avançons ensemble. Cela m’aide un moment. Mais je cale sérieusement. La neige est aussi devenue une ennemie : avec le soleil, et bien que la trace soit bonne, il m’arrive d’enfoncer complétement mon ski tellement c’est devenu meuble. J’essaye de me changer les idées en admirant le paysage absolument à couper le souffle. La vue porte jusqu’au Zinalrothorn. C’est époustouflant. Je suis complétement fasciné. Mais même les montagnes ne suffisent plus à me faire avancer. Je tente une bonne pause. Il nous reste 550 mètres de dénivelé. Blandine appelle la cabane pour signaler que nous n’arriverons probablement pas à temps pour le repas et ce bien qu’il nous reste encore beaucoup de temps à disposition. Tous les 10 pas, je m’arrête 30 secondes. J’arrive ainsi à refaire une centaine de mètres de dénivelé avant une nouvelle longue pause. Je commence à être inquiet. Car plus rien ne passe. Je n’arrive plus à avaler quoique ce soit de solide et je sens que même à l’arrêt, affalé sur les pierres, je perds de l’énergie. J’envisage tous les scénarios. J’en suis presque à pleurer, car d’un côté je pense y arriver, de l’autre la Rega est la solution de facilité et met tends les bras. Un coup de fil c’est si facile et résoudrait tous mes problèmes. Nous croisons deux sœurs. L’une tire l’autre avec corde. Je l’envie. Et nous discutons de mon état. Je me fais presque engueuler : Je dois manger ! Coûte que coûte ! Je vais donc avaler un tout petit bout d’une barre énergétique et nous repartons. Je ne sais pas comment je fais. Depuis le Roc de la Vache j’avance au mental. Là maintenant tous les 10 pas, je dois m’arrêter : Le souffle est ok, mais l’énergie manque cruellement. Bien que j’aie une nausée terrible, je me force à manger une miette de la barre que je garde dans ma polaire. Puis je repars. Blandine a senti qu’elle ne peut pas m’aider plus. Elle part en avant (nous gardons toujours un contact visuel). Elle ne le dit pas, mais elle est au moins aussi inquiète que moi et est prête à chercher du secours à la cabane le cas échéant. Elle m’avouera plus tard que j’avais le teint grisâtre. Moi je m’enferme dans ma bulle. J’essaie de continuer à avancer, lentement, lentement. Pas après pas. Je tente tous les 10-15 pas de manger un mini-bout de ma barre. J’ai de gros maux de ventre. Je continue. J’ai passé la barre des 3000 mètres. Je crois que j’avais besoin de passer cette barre psychologique pour me dire que j’ai fait le 85% du parcours et que je peux y arriver. Il est déjà 17h. Les ombres se font de plus en plus grande. Je sais qu’il me reste trois heures de lumières. Je sais que je peux y arriver ! Ma nausée et mon mal de ventre partent un peu. Je suis toujours au bout de mes forces, mais le mental me guide et me soutiens. J’arrive à prendre de l’altitude plus régulièrement. Je tente de boire de petites gorgées régulièrement et de continuer à grignoter ma barre. Blandine m’attend au niveau de la chaîne, en-dessous de la cabane. Elle est encore loin. Je suis 150 mètres plus bas, mais je la vois. Je suis content car notre écart ne deviens pas plus grand. Je me rapproche. Pas à pas. Je vois les premières traces de portages, mais il y a encore une balle trace en ski qui fait un aller-retour dans la pente qui est à plus de 35 degrés, j’ai suffisamment confiance dans mon matériel et en moi pour la prendre. La sortie guidée que nous avons fait deux semaines auparavant aura porté ses fruits. Après un virage, je rejoins à nouveau des traces de portages. Il y a une petite plateforme. Vu que j’ai quand même eu un peu peur sur la fin et que je n’ai plus, ni la force, ni l’énergie pour réagir en cas de problème. Je décide de déposer les skis ici. Je prends donc tout mon temps pour bien les fixer sur mon sac et surtout je sors mon piolet. Je suis très content de l’avoir avec moi. Je repars : Plantage du manche du piolet dans la neige meuble, j’avance de deux pas. Je sors le piolet et le replante plus haut. Je m’en sers comme d’une poignée. Même un escargot avancerait plus vite que moi, mais je n’ai aucune peur, car le piolet et les marches me procure un énorme sentiment de sécurité, c’est presque plaisant de progresser ainsi. Je finis enfin par rejoindre Blandine. Étonnement je suis plus rassuré qu’elle pour passer les quelques mètres d’escalade avec la chaîne. Il ne reste ensuite plus qu’à traverser la crête pour rejoindre la cabane. Ce petit passage peut paraître anodin, mais là aussi le piolet est utile, car il faut descendre sur quelques mètres sans glisser, au risque de se faire très mal. Le piolet permet, là encore, d’avoir un très bon assurage. Nous voilà à la cabane. Je m’effondre. Content et heureux d’y être arrivé. Tout le monde à la cabane est d’une bienveillance est d’une gentillesse exceptionnelle. Nous arrivons à 19h. Les gens finissent à peine leur plat. Je prends tout mon temps pour manger la soupe, car c’est toujours compliqué d’avaler quoique ce soit. Je reprends peu à peu des forces. Comme plat il y a des spaghettis carbonara. Je me force à manger, car ce n’est pas simple. J’essaye d’emmagasiner quelques calories. J’arrive en revanche à terminer le dessert. Le soleil est maintenant en train de se coucher doucement. J’ai réussi à récupérer un peu d’énergie. J’enfile ma doudoune et je vais rejoindre une partie des personnes qui sont là pour profiter de ces couleurs complétement dingues qui apparaissent. Le Zinalrothorn prendre d’abord une teinte jaune, puis vire à l’orange, au rouge, devient de plus en plus sombre pour tirer sur le rose et le violet, c’est tout simplement fascinant ! Nous avons de la chance car le ciel est couvert, mais il y a une ouverture heureusement juste vant que le soleil ne se couche sur l’horizon. C’est magique ! Je me sers du petit muret comme d’un trépied pour prendre des photos. Je suis vraiment content. Je ne m’attendais pas à un tel spectacle. Le moment que je préfère : Juste après le coucher du soleil, quand les teintes roses et violettes se mélangent sur les montagnes, c’est simplement extraodinaire. Les silhouettes sont mises en valeur par des couleurs douces et subtiles. Puis peu à peu tout s’éteint et la nuit s’en vient. Je rentre dans la cabane rejoindre Blandine nous discutons un moment avec d’autres personnes avant d’aller finalement nous coucher. J’avoue que je ne pensais jamais de ma Vie arriver à faire un aussi gros dénivelé à ski. Heureusement Blandine a cru en moi et m’a montré la voie. En termes d’effort et surtout de ressenti, j’ai dû me pousser à un niveau où je n’étais encore jamais allé. Pour moi Sierre-Zinal était simple en comparaison. Bien que j’aie maudit Blandine mille fois sur le trajet, et que je lui ai fait promettre que le prochain cadeau serait une nuit d’hôtel avec un SPA, je pense que c’est le plus beau cadeau qu’elle ait pu me faire, car j’ai dû me dépasser et aller chercher de nouvelles ressources au fond de moi, tout simplement. Dites-moi en commentaire ce que vous en pensez ! Je me réjouis de vous lire. Fin de la première partie. Sinon pour la technique : Distance : env. 11.5 km (montée et descente) Dénivelé : env. 1650m+ et 100m- Durée : env 6h50 (selon suissemobile en hiver à pied) Difficulté : PD+. La plus grande difficulté la longueur de l’itinéraire. En terme technique, il y a un passage en forêt un peu technique entre 1950m et 2000m. Du portage entre 2000m et 2150m d’altitude, à cause d’un manque de neige. Après le petit col à côté du Roc de la Vache, il y a une (courte) descente (on peut laisser les peaux). Peu avant d’arriver sous la cabane, il est nécessaire de déchausser les skis pour du portage. Les marches sont bien creusées, mais un piolet est vraiment (r)asssurant. Il y a un court passage d’escalade avec une chaîne à cet endroit également. Lien vers le parcours: https://map.schweizmobil.ch/?lang=fr&photos=yes&logo=yes&detours=yes&season=winter&bgLayer=pk&resolution=1&E=2615679&N=1105113&layers=Winterhiking%2CSlope%2CSkiTour&trackId=1773232086

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Good months