Je n'en ai pas beaucoup parlé, mais je me suis à nouveau lancé le défi de refaire Sierre-Zinal, sans savoir si j'allais y arriver... J'avoue que je me suis posé beaucoup de questions et j'avais énormément de doutes: D'y arriver et surtout d'y arriver au moins dans le temps que j'avais mis en 2024. Après un réveil en catastrophe et une première course de 2 kilomètres pour attraper le bus navette, me voilà sur la ligne de départ, tout devant, dans le bloc 6: Le bloc des touristes des touristes... Je suis concentré et plein de questionnements. Le compte à rebours commence. BANG. Je prends une grande inspiration et c'est parti. Les gens partent vite, je prends une toute petite foulée, j'ai envie d'avoir un certain nombrre de personnes devant moi sur la montée par Saint-Antoine: Le chemin de croix. Le sérieux commence, un pas après l'autre, j’avance. J'essaye d'être régulier, de ne pas me mettre dans la rouge. Dès les premières minutes je suis un peu rassuré: j'arrive à garder un respiration constante, je dépasse des gens qui sont déjà dans le rouge. Cela me rassure. J'essaye de garder de la régularité Un virage après l'autre, je prends de l'altitude. J'entends les gens qui sonnent la cloche de la chapelle au-dessus de moi. Je me souviens de mon état quand j'avais fait sonner cette cloche l'année passée: Le doute, le stress, la fatigue, la douleur, de la hargne, les émotions à fleur de peau, mais néanmoins déterminé à aller vers l'inconnu. Cette année, je suis beaucoup plus calme. Je suis dans ma bulle: concentré sur mes pas. Un pied après l'autre, des petits pas. Les sensations sont ok. Je dépasse beaucoup de personnes. Très vite je rejoins les derniers du bloc 5. Il y a en a qui sont déjà bien dans le mal alors que nous ne sommes même pas au premier ravitaillement. C'est dans la montée qu'on voit cette différence entre un coureur et un randonneur. Le dénivelé je connais, la course non. J'arrive assez rapidement au premier ravito. Les bénévoles sont tout sourire, au taquet et communiquent à tout le monde une super énergie. Je commence mon mix terriblement efficace, mais terriblement mauvais: un verre d'isostar, un verre de bouillon, du thé et de l'eau... et un carré de chocolat ou un morceau de bananes et c'est reparti. Je prends à tout hasard une barre énergétique avec moi. Je ne m'attarde pas. J'attaque la deuxième partie, où se trouve les montées les plus raides sur un beau sentier plein de racines. L'endroit est magnifique, même si le passage continu des participants créé un nuage permanent de poussière. J'essaye de trouver les bons lièvres pour m'amener plus haut dans un rythme qui me convient. Je continue à dépasser des gens et à me faire dépasser aussi, ça va de soit. Arrive enfin une section plus plate: Beaucoup se mettent à courir. Pour ma part, j'alterne, je trotte quelques pas, mais dès qu'il y à la moindre inclinaison je repasse en mode marche rapide. Une première personne s'étale non loin de moi, heureusement sans se faire vraiment mal, ouf ! Je passe le point de vue où les 5 4000 sont visibles. J'arrive à Ponchette, le pire est passé, même si le reste n'est pas à sous-estimer. Pour l'instant mes jambes tiennent le choc. Mes chaussures sont super agréables. Le tiers de l'effort est fait ! Une minute de pause et je repars. 200 mètres après le refuge, profitant d'une fontaine, je plonge ma casquette dans l'eau, ça fait du bien. Car oui il fait très chaud, même en étant parti tôt. J'alterne entre petit moment de trot et marche, je fais du mieux que je peux pour gérer mon énergie. Le sentier s'est transformé en chemin roulant et large, ce qui est agréable car les autres peuvent facilement me dépasser. Me voilà à Chandolin. Mes jambes ne souffrent toujours pas. Je fais un court arrêt et je repars. La moitié de l'effort est fait ! Le trajet jusqu'à Tignousa est un peu une montagne russe, ça descend et remonte dans une belle variété de terrain. J'arrive en vue du ravito. Claire, la fille de Blandine est là, m'accompagne sur le sprint et me communique sa belle énergie. Mon Pti Gars et Blandine sont aussi ici pour m'encourager, c’est génial ! Je prends une pause un peu plus longue. Jusqu'ici tout s'est bien déroulé et je me sens mieux que l'année précédente. Je reste positif. En prime je devrais faire un meilleur temps que l'année précédente (enfin si j'arrive au bout)! Après un bon moment, je repars, un peu à contrecoeur, je serais bien resté avec mon Pti Gars, Blandine et sa fille. Quelle idée quand même de faire ce trail ? Pris d'une nouvelle énergie, je continue à alterner entre trot et marche, même si je marche principalement. Il reste la montée jusqu'à l'hôtel Weisshorn. Il fait très chaud. J'essaye de garder toujours une certaine régularité. Entre les ravitaillements, il y a un passage qui indique: "A partir d'ici, en cas d'abandon retour par vos propres moyens". J'avoue que ce genre de panneau est un peu intimidant… je continue quand même. Le bruit s'intensifie, je passe le virage des gruériens, quel plaisir et quel bonheur de voir autant de personnes qui nous soutiennent. C'est d'une telle générosité et c'est tellement agréable. Plus que quelques pas, le Weisshorn approche. J'échange quelques phrases avec une autre participante qui a le moral dans les chaussettes, j'arrive à la rassurer en lui disant qu'après le Weisshorn il ne reste quasi plus de dénivelé positif et que le plus dur est fait. En effet plus du 2/3 de l'effort est fait ! Au ravito, je plonge ma casquette avec délectation sous l'eau, c'est tellement agréable. Au moment où je repars, un hélicoptère se pose non loin de là. Je continue. Je me souviens de l'année précédent où j'avais presque pleuré de voir encore du dénivelé positif ici. Cette année je suis prêt et tout se passe bien. Peu avant d'arrivé à la Nava, les premiers juniors me dépassent. Le premier n'est pas des plus sympathique. Il a fait quasi chuter deux personnes et ne s'est même pas retourné. Heureusement plus de peur que de mal. Mon énergie descends, mes pieds restent très sûr, ce qui est super positif. Un peu plus loin, je dépasse une autre participante qui me reconnaît, c’est difficile, car je vois qu’elle souffre. Nous échangeons quelques mots et je repars, concentré. Pour ma part, je sais qu'une fois le mini ravitaillement de Nava est passé, il ne reste plus que Barneuza et l'arrivée. Je n'ai pas encore eu besoin de me faire masser les jambes. Je n'ai pas de douleurs pour l'instant. Plus bas, une personne chute devant moi, je vais l'aider à se relever avant de repartir. Là encore, pas de casse, ouf ! Il y a quelques pierrier à passer, j'aime bien ça et avec mes chaussures, c'est un réel plaisir. J'en dépasse à nouveau quelques uns qui n'ont pas l'habitude de ce terrain. Barneuza est là! Je suis presque surpris, car je sais maintenant que d'une manière ou d'une autre je devrais y arriver et surtout dans un temps bien meilleur que l'année précédente. Mon énergie décline. Je vais rester attentif jusqu'au dernier pas. Je marche rapidement. Je préfère garder un peu d'énergie pour assurer mes pas. Il ne reste plus que deux bons kilomètres, je discute avec une autre personne qui est aussi au bout et qui a très soif. On avance ensemble un moment tout en se soutenant l'un autre. Sur le dernier kilomètre et demi, la descente est beaucoup plus raide: Après un chalet, il y a une pente herbeuse à dévaler... Je glisse et atterri sur les fesses, heureusement sans mal ! Hop c'est reparti: Reste la partie raide, qui se passe super bien, j'en devance certains qui ne sont pas à l'aise. Que c'est long. La dernière partie est si courte et complétement interminable à la fois. Il y a de plus en plus de spectateurs et de supporters le long du parcours. C'est toujours bluffant de recevoir autant d'encouragement ! J'entends l'effervescence de l'arrivée. Il ne reste maintenant plus que la partie goudronnée. Je vais y arriver. Je n'ai pas encore revu mon Pti Gars et Blandine qui devrait m'attendre quelque part. Enfin s'ils ont réussi à venir depuis St-Luc… J'avance. Je n'arrive plus à courir. Je marche. Les gens m'encourage encore plus fort. 400 mètres... 300 mètres, je n'ai pas le choix avec cette clameur électrique, je trotte à nouveau... 200 mètres. Je vois Blandine et Mon Pti Gars. J’ai un sourire. Il me rejoint et m'accompagne sur les 100 derniers mètres. Il a une telle énergie. Il me tire en avant. Quel immense privilège de pouvoir partager ce moment avec lui ! Voilà c'est FAIT, j'ai passé la ligne d'arrivée, c'est juste incroyable. Je suis tellement fier, pas d'y être arrivé, mais d'y être arrivé sans douleurs, sans crampes et surtout en n'étant pas aussi mort que l'année précédente. C'est ma plus grosse victoire. Je profite d'un massage à l'arrivée et surtout d'une bonne douche, le deuxième meilleur moment après avoir franchi la ligne d'arrivée ! Bon je vais vous avouer quelque chose: En me mettant devant l'ordinateur, je m'étais dit que j'allais simplement vous partager la vidéo en disant c'est fait... Mais finalement deux mots se sont transformés en deux phrases et puis en deux paragraphes. J’espère que vous ne m’en voudrez pas.
Sierre-Zinal (course, Saint-Antoine – Ponchette – Chandolin – Tignousa – Weisshorn – Nava – Barneuza – Zinal) needs route
Un défi personnel sur la course Sierre-Zinal, avec des paysages magnifiques, des sentiers de racines et de pierriers. L'auteur raconte une arrivée sans douleur, plus sereine que l'année précédente, portée par le soutien du public.