Les semaines passent et ne se ressemblent pas. Lors d’un week-end de libre entre deux sorties alpines, nous avons pris le temps de réaliser un autre rêve qui était sur ma liste depuis bien bien longtemps (et dont je ne me croyais pas forcément capable): Faire le Barrhorn à 3610m. C’est accompagné de Blandine et d’une de ses amies, Manu, que nous entamons ce nouveau défi. Nous partons depuis le parking de Vorder Sänntum, au fin fond du Turtmanntal (ou vallon de Tourtemagne pour les francophones). L’accès est sauvage et tellement beau. C’est parfait pour se mettre dans l’ambiance. Nous nous préparons rapidement et nous voilà parti. Je fais une concession en faisant l’impasse sur le téléobjectif d’un kilo et demi. Plusieurs options s’offrent à nous, mais nous décidons de partir par Spicherli et suivons le chemin qui longe les gorges. J’adore l’ambiance qui règne ici, c’est magnifique. Il y a rapidement un petit passage câblé à passer, rien de méchant, mais nous sommes dans l’atmosphère dès le départ. Le chemin est sauvage et magnifique. Nous passons sur les gorges en traversant une grosse pierre. C’est vraiment beau et impressionnant à la fois. Nous retrouvons un chemin carrossable de l’autre côté. On peut maintenant clairement voir le barrage et surtout le Turtmanngletscher dans le fond, c’est un contraste époustouflant. De l’autre côté du torrent, il y a un troupeau de moutons : Je pense que nous avons fait le bon choix d’itinéraire. Nous sommes maintenant sur un faux plat qui nous mène jusqu’au barrage : Premier arrêt. Je suis saisi par le panorama. On voit la Turtmannhütte sur notre gauche : elle semble si loin et si proche à la fois ! Devant nous l’incroyable massif du Stierbärg et du Bishorn et les Diablons sur la droite. Je ne m’attendais pas à quelque chose d’aussi beau et impressionnant ici. Lorsque je me retourne, je vois aussi toute le vert vallon de Tourtemagne et les hauts sommets au loin de l’autre côté de la vallée du Rhône. La météo semble d’ailleurs bien moins agréable qu’ici. Après une courte pause photo, c’est reparti. Nous longeons le lac artificiel, avant de traverser deux petits torrents plus loin. Des gabions ont été déposé pour faciliter le franchissement. On rigole bien et heureusement personne ne finit mouillé, tant mieux ! Nous passons sous les contreforts de la cabane de Tourtemagne. C’est un mélange de vert et de minéral, la végétation diminue à mesure que nous prenons de l’altitude. Il y a plusieurs options de sentiers, toutes mènent au même point plus ou moins rapidement. Nous choisissons le chemin panoramique, qui semble être la plus parcourue. Le chemin est parfaitement marqué et ne pose pas de difficultés. Environ 300 mètres plus haut, nous arrivons à la Turtmannhütte. Il y a du monde. Certains montent d’autres descendent du Barrhorn. C’est un mélange bigarré comme souvent dans les cabanes. Vu qu’il n’est pas loin de midi, nous profitons de nous arrêter pour manger notre sandwich. Je ne résiste pas à goûter à la spécialité du lieu : la Forêt Noire ! Sisi je vous jure, ils font une excellente forêt noire là-bas en haut. C’est délicieux ! Je ne m’attendais pas à un tel panorama depuis cette cabane, c’est toute simplement merveilleux. La vue sur les hautes montagnes environnantes est exceptionnelle. Le glacier de Tourtemagne est fascinant et tellement impressionnant ; de même que le massif du Bishorn qui nous surplombe complétement. Au pied d’un immense cairn, je vois un edelweiss. Ces fleurs me fascinent toujours par leur envoutante beauté ! Ce n’est pas tout ça, mais il est temps de nous remettre en route. Les chemins deviennent plus caillouteux. Nous nous retrouvons maintenant dans le couloir Gässi : Dans la première partie il s’agit de remonter une sente dans un pierrier qui n’est pas des plus stables. Sur la deuxième partie, le pierrier, fait place à de la roche et à un câble qui nous fait revenir sur une arête au sommet du couloir. Ce n’est pas compliqué, mais toujours impressionnant. Manu n’est pas hyper rassurée, mais y va et se débrouille comme une cheffe ! Nous voilà arrivé sur un nouveau niveau, devant nous le sentier, bien visible, serpentent sur ce qui devait être une moraine et maintenant un immense pierrer. Au loin, au-dessus, le Brunegghorn qui trône majestuesement. C’est notre premier aperçu du sommet du Barrhorn, une espèce de cône d’éboulis encore loin au-dessus de nous. Ce n’est, il faut l’avouer, pas le sommet le plus esthétique du monde. Sur notre droite le Bishorn paraît toujours aussi imposant. Je continue d’un pas tranquille et régulier afin que l’on puisse tous s’acclimater à l’altitude. La montée est plutôt agréable, car très régulière. Peu avant d’arriver vers les 3000m, nous arrivons dans une nouvelle zone rocheuse. C’est tellement plus agréable à grimper. Nous croisons un couple avec leurs enfants qui redescendent. Ils sont petits, mais ont tenu bon jusqu’au sommet. On est tous super impressionné. Après avoir franchi la partie rocheuse, nous retrouvons les éboulis. Je ralentis le pas, car je commence à bien sentir l’altitude et le souffle qui se fait plus court. Vers 3100m, nous bifurquons sur la gauche sur un sentier qui est marqué pour la Barrhorn 3k Skyrace. Le terrain est beaucoup plus escarpé. Il faut bien faire attention à ses pas. La neige fait son apparition, il reste un petit névé que nous évitons avec une autre trace. Au-dessus de nous je vois deux personnes qui descendent, j’ai l’impression qu’ils tentent de prendre un raccourci par les éboulis. L’un d’eux chute et glisse sur quelques mètres dans le pierrier ! C’est impressionnant, ce n’est pas passé loin du gros accident car de petites barres rocheuses se trouvent sous lui. Parfois il vaut mieux suivre le chemin, plus que d’essayer de gagner 2 minutes avec un « raccourci ». La sente, tiens plus de la trace dans le pierrier. On glisse facilement. Heureusement un peu plus haut, le chemin est à nouveau plus stable. Arrivés à 3300m, le souffle devient vraiment plus court. Je commence à fatiguer. J’avance au mental, mais je dois faire plus de pauses et surtout mon rythme s’est affreusement ralenti. Blandine et Manu continuent avec régularité et ne semblent que peu souffrir. Nous en profitons pour ajouter des couches un vent violent et froid s’est soulevé. La barrière des 3400 mètres est franchie. Je sais que je vais y arriver, mais je vais devoir prendre mon temps. Au-dessus de moi, je vois le petit col avant la montée finale au sommet. Pas après pas, j’avance. Nous passons au travers d’un champs de neige qui m’achève, car je m’enfonce profondément presque à chaque pas, c’est épuisant. Le petit col est franchi ! Plus qu’une centaine de mètres. Nous devons traverser un dernier névé qui ne pose pas de problèmes. La montée finale est courte et raide à la fois. Un dernier virage et nous voilà arrivé, la croix est juste devant nous ! Wouah quelle récompense ! L’endroit est absolument merveilleux. Je ne m’attendais pas à un tel panorama. C’est tout simplement exceptionnel. On sent bien qu’on est à la frontière avec la Haute Montagne, sans toutefois y être complétement. C’est très étrange et agréable à la fois comme sensation, d’être ici, à cette altitude, sans matériel particulier ! C’est vraiment dans les plus belles vues que j’ai vue depuis longtemps ! Nous avons le sommet rien que pour nous, rare privilège. Nous n’y restons pas longtemps, car il fait froid et il nous reste un long chemin avant d’arriver à notre point de départ. Nous avons décidé de reprendre le même chemin pour rejoindre le point 3100, car nous en connaissons l’état. Je ne sais pas si le sentier officiel ne passe pas par des névés compliqués. La descente est quand même bien plus facile. Nous avançons d’un bon pas. Vers 3250m nous croisons deux vététistes, un père et son fils qui portent leur VTT sur leur dos : Ils sont tout simplement impressionnant d’avoir grimpé jusqu’ici avec leur vélo, c’est dingue !!! On verra si nous les croiserons à la descente. Vers 3200m, nous décidons de prendre une autre sente, moins glissante. Elle nous amène près d’une paroi rocheuse qui nous oblige à penser autrement le chemin de descente pour éviter un gros névé qui n’est pas traversable sans danger. Pour ma part, je préfère rester sur le fil de l’arête, il me semble voir des traces des passages plus bas. Mes deux comparses du jour, choisissent un autre itinéraire un peu plus long par la roche, mais nous finissons tous par arriver au même point. Peu après nous nous retrouvons à la bifurcation à l’altitude 3100m. Je les laisse aller en avant. Je prends mon temps, je profite du paysage et surtout mes pieds protestent sérieusement de la longueur de la balade. Maintenant que le soleil est un peu plus bas sur l’horizon les couleurs deviennent merveilleuses. Le Brunegghorn ressort d’une mer de nuage, c’est extraordinaire. Blandine essaye de repérer le nouveau passage pour le Brunegghorn. En effet elle a tenté ce sommet avec un ami la semaine précédente. Ils sont passé par l’itinéraire décrit dans le topo, mais qui n’est plus vraiment praticable. Il existe un nouveau chemin bien plus « simple ». Nous continuons notre descente : Lentement mais sûrement. Arrivé près d’un énorme cairn, nous croisons deux personnes installées pour la nuit. C’est assez tactique, ils pourront se lever tôt pour être seul au sommet. La descente par le couloir Gässi se passe plutôt bien. Pendant que j’assure mes pas et guide Manu qui n’est pas très rassurée, Blandine totalement à l’aise dans ce terrain rigole derrière. Voilà c’est passé. La cabane est en vue. Nous faisons un rapide arrêt pour prendre quelque chose à boire. Nous en avons tous besoin. L’heure tourne et nous repartons. Le plus gros est fait, mais le reste du chemin nous prendra quand même encore un peu de temps. La vue sur les bassins en contrebas est magnifique. Les couleurs autour de nous deviennent dorées. Arrivé près du barrage, le plus gros du dénivelé est derrière nous ! La vue sur le vallon est absolument superbe. Quelle chance. En nous retournons nous voyons la cabane encore éclairée par un rayon de soleil, l’ensemble est majestueux. Nous voilà sur la route gravillonnée sous le barrage. Les bergers font rentrer tous les moutons dans l’enclos pour la nuit. Un jeune patou qui fait bien son travail, nous abois tant que nous longeons la clôture. Nous reprenons le chemin qui passe par les gorges, c’est tellement joli. La fin est rapide et nous voilà en presque moins de temps qu’il n’en faut à notre point de départ ! Quelle sacrée randonnée. Nous ne pensions pas forcément y arriver, mais tout s’est super bien passé ! Je vais vous avouer quelque chose, avec les différents comptes-rendus que j’ai vu et eu l’occasion de voir, je ne m’attendais pas à une aussi belle expérience et des paysages aussi époustouflants. Je me réjouis d’y revenir, c’est vraiment un endroit merveilleux !!! Et vous ? Qu’en pensez-vous ? D’ailleurs en passant, si une fois vous voulez une image dans votre salon ou ailleurs, n’hésitez pas à me contacter. Sinon pour la technique : Distance : env 18.5 km Dénivelé : env 1900m Durée : env. 9h (selon suissemobile en été) Difficulté : T4. Il faut faire attention dans le passage du couloir Gassi. Il y a un passage chaîné. Au-dessus de 3090m, on se déplace dans la caillasse parfois instable. Un pied sûr est nécessaire. Le lien vers le parcours : https://map.schweizmobil.ch/?lang=fr&photos=yes&logo=yes&detours=yes&season=summer&bgLayer=pk&resolution=1&E=2622276&N=1110741&layers=Wanderland&trackId=1822262378
Barrhorn par le couloir Gässi depuis Vorder Sänntum needs route
Une ascension du Barrhorn à 3610 m avec une traversée spectaculaire des gorges, du barrage et du couloir Gässi. Le panorama depuis le sommet et la Turtmannhütte, avec le Bishorn et le glacier de Turtmann, est exceptionnel.