Après mes vacances, me voilà prêt à commencer à prendre de l’avance sur mon retard … Quelques jours après notre belle escapade à Zermatt, c’est-à-dire il y a déjà un mois, me voilà parti pour un afterwork à la Dent de Morcles pour continuer ma préparation. J’arrive en fin d’après-midi sur le Parking des Martinaux. C’est déjà toute une aventure pour arriver par-là : Entre les innombrables virages jusqu’à Morcles et les vaches qu’il faut presque pousser avec la voiture dans la dernière partie. La météo est correcte, mais il ne fait pas chaud. Il a même neigé à plus basse altitude ces derniers jours. On verra ce que ça donne. Le but du jour : Prendre du plaisir et continuer à faire du dénivelé en altitude. Je me mets donc rapidement en route. Je monte de la manière la plus constante possible le début car ça grimpe sec. La vue sur la Dent est tout simplement saisissante : Il y a un contraste incroyable entre le vert foncé des prairies, le massif visible au-dessus et le ciel où passent quelques nuages. C’est vraiment une vision magnifique. Je suis très content de mon choix : j’avais hésité à me rendre de l’autre côté de la vallée du Rhône qui est actuellement plongée dans les nuages ! Je n’ai pas encore rencontré grand monde, quelle chance ! Je prends de l’altitude. J’arrive plus vite que je ne le pense sur la route gravillonnée sous la cabane de la Tourche. C’est parfait, je profite du faux plat et de la vue saisissante : plongé dans les nuages, les montagnes sont de temps en temps traversées d’un rayon de soleil. J’aime cette ambiance un peu mystique et torturée. La vue sur le massif de la Dent de Morcles est toujours aussi impressionnante. J’arrive en vue des fondations des barraquements militaires qui se trouvait encore ici il y a quelques années. Je croise trois trailers qui descendent, ça sera mon seul contact humain de cette fin de journée ! Je sais qu’à partir d’ici, j’attaque la deuxième partie de la montée. Une fois les restes des constructions contournée, je suis le sentier qui grimpe dans la prairie herbeuse, il ne faut pas prendre la direction de Démècre, mais prendre l’embranchement qui grimpe et qui n’est pas balisé. Le chemin traverse un premier lit de de torrent à sec. La roche se rapproche. Les éboulis sont de plus en plus présents. Vers 2400 mètres, le vert disparaît et fait place à un beau monde minéral. Arrivé sur une première épaule rocheuse, la vue se dégage sur le massif impressionnant de la Dent. Dès que je suis dans ce monde, j’ai vraiment l’impression d’être quelque part près du Grand Canyon. Les couleurs de la roche sont extraordinaires. Je me sens complétement dominé par les pics au-dessus de moi. Au loin je vois déjà la porte du fameux abri militaire A97. J’avance toujours à bonne allure. Je suis vraiment sous la paroi rocheuse. La lumière est magnifique. J’adore cette ambiance de fin de journée. Me voilà à l’ancien abri militaire qui a été construit en 1906 et qui a servi jusqu’en 1944. C’est le seul abri qui a survécu au temps. Il y en avait 12 autres parsemé sur ce massif ! Après une petite exploration, je referme soigneusement la porte et me dirige près du promontoire rocheux non loin de là. J’adore ce point de vue : Que l’on regarde en face les hauts sommets ou que l’on se tourne en direction de la Dent, le panorama est exceptionnel ! D’un côté c’est le sentiment d’espace qui domine et de l’autre, on se sent écrasé par la présence de la montagne. Je suis content d’avoir pris une petite veste avec moi, il y a un vent très froid. L’heure tourne, je repars. La sente longe la paroi du massif presque à plat, c’est parfait pour reprendre un peu d’énergie. Le chemin passe dans un immense pierrier qui plonge jusqu’au Rhône, la vue est impressionnante et surtout le chemin se remet à grimper sérieusement. La sonte grimpe dans un environnement 100% minéral. Le chemin n’est jamais trop étroit, mais il faut néanmoins faire attention à chacun de ses pas, car le terrain n’est pas toujours stable. Le plus gros risque ici : Les chutes de pierres déclenchées par les animaux ou les humains. Heureusement il n’y a personne ! Le chemin zigue et zague de partout. Ce n’est pas forcément compliqué, mais super impressionnant. Je continuer à grimper. Je passe la bifurcation qui mène à Fenestral. Je suis plutôt content de mes sensations : je vois que je me sens beaucoup moins stressé et mieux sur mes appuis par rapport à l’année précédente. Je me rapproche inexorablement du sommet. La neige fait son apparition par petites touches. Heureusement qu’il n’y en a pas beaucoup ! Je redouble néanmoins d’attention pour éviter tout faux pas et glisser. J’arrive au passage clé, un gros bloc en travers d’une brèche qu’il faut traverser. SI l’on est très souple et pas trop gros, on peut passer sous le bloc. Si comme moi, vous avez une souplesse de granit et un certain gabarit, le passage par-dessus le bloc s’impose. Ce n’est pas compliqué, mais il faut se faire confiance. J’arrive en vue des dernières difficultés avec le couloir du Nant Rouge. Tout est enneigé. Même s’il n’y a que quelques centimètres, la difficulté augmente sérieusement pour ces derniers mètres. Je prends le temps de faire de belles marches à chaque pas, car je sais que le plus compliqué sera de redescendre. Me voilà arrivé au sommet ! Quelle sensation extraordinaire d’être ici, seul avec ces conditions incroyables ! Le soleil est visible au travers de la croix, c’est une ambiance à couper le souffle ! J’ai une chance folle, car la Nature me gratifie d’un rare spectacle : un spectre de Brocken. C’est tellement fascinant ! Les nuages s’en vont et reviennent sans arrêt, le paysage bouge et se transforme à chaque seconde c’est hypnotisant. J’aime ces moments d’une simple complexité, de mélanges de sensations. Il n’y a pas de vent au sommet et la température est étonnement agréable. Je reste ici un moment, mais j’ai envie d’avoir passé les plus grosses difficultés avant qu’il n’y ait plus de lumière. Je décide de ne pas attendre le coucher du soleil pour entamer le chemin du retour. J’appréhende les premiers mètres du couloir avec la neige. J’avance avec une prudence extrême. Je ne veux absolument pas glisser. Je prends le temps d’avancer un pied après l’autre. Une fois ce premier passage passé, je recommence à respirer. La désescalade du bloc un peu plus bas ne pose pas de gros souci. Je reste hyper concentré. La pente est raide et il y a toujours ces traces de neiges. Je reste très prudent dans ma progression. Une fois que j’ai rejoint la bifurcation avec Fenestral, la sente devient plus évidente et mon anxiété diminue un peu. La lumière diminue. Il n’y aura pas eu de vrai coucher de soleil, l’horizon étant bouché. C’est comme si la Nature m’a donné un coup de pouce, en me signalant que j’ai bien fait de partir car il n’y a rien eu de spécial. Je continue avec prudence et lenteur, mais sans peur comme à mon dernier passage. C’est vraiment génial d’avoir une confiance quelque peu retrouvée dans ses jambes. Sur la fin de cette première partie j’allume la frontale. Le crépuscule est là. J’arrive rapidement à l’abri A97 et là je respire à nouveau complétement, je sais que les grosses difficultés sont maintenant toutes derrières. Non pas que le reste soit simple, mais le niveau est clairement beaucoup plus simple. J’avance tranquillement et fini par rejoindre ma voiture sans avoir rencontré âme qui vive. La nuit est tombée depuis bien longtemps. J’avais oublié la beauté de cet endroit toujours aussi incroyable et varié. C’est une magnifique randonnée. Saurez-vous trouver la photo que je préfère ? Je vous donne un indice ce n’est pas celle que vous croyez ! Et si bien sûr vous avez envie une fois d’avoir une belle vue du coin dans votre salon, n’hésitez pas à me contacter. Sinon pour la technique : Distance : env 11.7 km Dénivelé : env 1400m Durée : env. 6h40 (selon suissemobile en été) Difficulté : T5 le montée dans les pierrier sous le couloir du Nant Rouge n’est pas à sous-estimer, un peu de vide et surtout un risque constant de chutes de pierre. Juste avant le couloir un petit passage d’escalade est nécessaire (ou alors se faufiler dans un trou). Ce jour-là le haut du couloir était enneigé, ce qui augmente encore la difficulté. Le lien vers le parcours : https://schweizmobil.ch/fr/tour/1826268890?layers=trackLayer%2Cwanderland&E=2570994&N=1117871&resolution=1.94&bgLayer=pk&detours=yes&shooting=yes&logos=yes&photos=yes&season=summer
Dent de Morcles depuis le parking des Martinaux needs route
Une montée solitaire et spectaculaire dans un univers minéral, avec des couleurs de roche impressionnantes et une vue grandiose. Le sommet offre un panorama exceptionnel et un spectre de Brocken observé dans les nuages.